27 janvier 2009


photo : Jean-François Desgagnés

MATANE— Spectacle hallucinant au lever du jour, hier, sur le fleuve Saint-Laurent, alors que notre bateau, le CTMA Vacancier, et d’autres navires étaient prisonniers des glaces, à la hauteur de Matane.

Au moment d’écrire ces lignes, en soirée, nous étions toujours bel et bien enclavés dans cette mer blanche, à quelques centaines de mètres du quai de Matane.

Initialement, le bateau devait se rendre beaucoup plus loin, à Sainte-Anne-desMonts, afin d’aller skier dans les montagnes Chic-Chocs, un paradis terrestre. Les organisateurs de la Traversée de la Gaspésie en ski de fond avaient même obtenu une permission spéciale pour se rendre jusqu’au sommet du mont Albert, habituellement fermé en hiver.

Si la journée de ski est tombée à l’eau, nous avons vécu un moment unique au milieu du Saint-Laurent. Dès 6 h, les passagers se sont précipités sur les ponts pour photographier ces gros blocs de glace dans toute leur splendeur.

L’espace d’un instant, on se serait cru en Antarctique. Au loin, le traversier CamilleMarcoux, qui assure la liaison Baie-Comeau-Matane, restait de marbre lui aussi.

Durant toute la journée et la soirée, le brise-glace Terry Fox, de la Garde côtière, a travaillé fort pour creuser des sillages qui devaient nous permettre d’accoster à Matane.

Des souvenirs
Invité spécial de la Traversée, l’explorateur Jean Lemire, qui a passé plus d’un an en Antarctique à bord du Sedna IV, a vécu le jour de la marmotte, hier.

« J’ai vraiment l’impression de replonger dans ma dernière expédition. L’hivernage en Antarctique a été le summum de l’aventure dans le sens où l’on a attendu cette glace. Quand elle s’est installée, ce fut un moment de bonheur. De revoir ça, c’est fantastique » , a-t-il dit au Journal.

Il a passé une partie de la nuit à observer les glaces. « Je souhaitais que ce moment arrive ! Je me suis levé toutes les heures pour aller sur le pont et regarder la situation. Je trouve formidable que les gens vivent ça. Il n’y a aucune crainte » , a-t-il signalé.

Passer le temps
Le moral des skieurs a tenu bon. Musique, conférences et autres animations ont contribué à passer le temps.

« Les glaces, on connaît ça !, affirme Michel Arsenault, des îles de la Madeleine. Je trouve plaisant de voir les yeux des gens qui ne sont pas habitués à ça. Tout le monde se souviendra de cette expérience. »

« On est au chaud, avec des amis, de la musique, de la nourriture et de la boisson » , se console Claude Turbide, de Gaspé.


Au lever du soleil, hier, les gens se sont rassemblés à l'extérieur du bateau pour admirer les glaces
photo : Katia Bussière

«Une expérience terriblement agréable »

MATANE— Malgré le peu d’heures de sommeil, le capitaine du bateau, Bernard Langford, gardait le moral, hier.

Katia Bussière

Très occupé à la timonerie, il a néanmoins pris quelques instants pour accorder une entrevue au Journal, tout en gardant les yeux rivés sur ses écrans.

« Ce qui se passe ici n’est pas exceptionnel. J’ai déjà vu pire », souligne celui qui compte une quinzaine d’années d’expérience au sein du groupe madelinot CTMA.

« Les glaces se ramassent à la hauteur de Matane, avec des vents dominants du nordouest et de l’ouest. Il a venté beaucoup ces derniers jours. On est en plein dans les grosses conditions hivernales », exprime-t-il.

L’organisatrice de la Traversée de la Gaspésie, Claudine Roy, de son côté, souriait à pleines dents. « C’est la vie ! Et c’est une expérience terriblement agréable. Ça donne une idée de ce que des explorateurs comme Bernard Voyer et Jean Lemire ont pu vivre », souligne-t-elle.

Seule ombre au tableau, une fête était organisée à Sainte-Anne-des-Monts, là où le bateau devait accoster à 6 h, hier matin. « Les fermières avaient préparé 1000 galettes spécialement pour nous », dit Mme Roy.

À moins d’être toujours prisonniers des glaces, nous devrions nous rendre à Chandler, dans la baie des Chaleurs, aujourd’hui, pour skier dans ce coin de la Gaspésie.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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