19 janvier 2009

Méfiez-vous du facteur éolien...

Depuis quelques jours, au pays, un vent de sympathie souffle en faveur du réchauffement de la planète ! C’est la faute du facteur… Le facteur de refroidissement éolien, bien sûr ! Et les nouvelles qu’il apporte n’ont généralement rien de très chaleureux…

Dr Ronald Denis

Le refroidissement éolien est calculé en combinant la température de l’air avec la force du vent. Ce calcul permet d’établir la température ressentie par temps froid et venteux. Par exemple, une température de – 25 °C combinée avec un vent de 20 km/h correspond à un coefficient de refroidissement éolien de – 37 °C. Dans ces conditions, vous serez exposé à un froid équivalant à – 37 °C.

Toutefois, dans les mêmes conditions, votre voiture ne sera exposée qu’à un froid de – 25 °C… Le facteur de refroidissement éolien ne s’applique effectivement qu’aux êtres vivants.

La température de notre corps
La température de notre corps se maintient, en situation normale, à 37,2 °C. Lorsqu’il n’y a pas de déplacement d’air, la chaleur que dégage notre corps réchauffe la couche d’air à la surface de notre peau. Si le vent chasse sans cesse cette couche d’air chaud, nous ressentons une température plus basse que la température réelle de l’air ambiant. Notre corps doit alors lutter pour compenser la perte de chaleur afin de maintenir sa température à son niveau normal.

La lutte contre le froid
Le froid s’installe et menace de faire baisser la température de votre corps au-dessous les 37,2 °C dont il a besoin pour être bien. Des mécanismes lui permettent alors de réagir aussitôt pour se protéger. Les vaisseaux sanguins de votre peau, de vos bras et de vos jambes se contractent pour restreindre l’apport sanguin vers vos mains, vos pieds, votre nez et vos lobes d’oreilles afin de maintenir la température de vos organes vitaux, un phénomène appelé vasoconstriction. Ce mécanisme est absent au niveau de la tête, afin d’éviter que le cerveau soit privé d’oxygène. La température de votre corps continue de s’abaisser ? Votre corps décide alors de produire lui-même de la chaleur et brûle du glycogène, un carburant stocké dans les muscles. Ce mécanisme thermorégulateur provoque la contraction involontaire des muscles pour les faire bouger afin qu’ils produisent de la chaleur. C’est ce qu’on appelle le frisson puis, par la suite, le grelottement. C’est le temps de vous mettre à l’abri si vous ne voulez pas vivre les différents scénarios possibles pour la suite…

La peau exposée à un froid intense peut geler après 6 à 10 minutes. Généralement, ce sont vos extrémités qui seront d’abord menacées : oreilles, nez, joues, menton, doigts et orteils. Les engelures peuvent causer des lésions comparables à celles de brûlures d’intensité légère à grave. Les zones atteintes deviennent insensibles et présentent un aspect de couleur blanche. Les engelures importantes peuvent résulter en une perte de sensation à long terme, voire permanente. Dans les cas les plus graves, la gangrène s’installera et l’amputation deviendra nécessaire…

L’hypothermie s’installe sournoisement. Elle survient lorsque la température du corps descend au dessous des 35 °C. Si l’exposition au froid perdure, la sensation de froid intense et les frissons persistants sont suivis de sensations d’euphorie et d’ivresse, puis de désorientation et de confusion. À 27 °C, le coma s’installe, puis lorsque la température corporelle voisine les 22 °C, la mort, généralement par arrêt cardiaque, survient. Un mauvais sort qui guette froidement les sans-abri, pour lesquels le facteur n’a jamais de bonnes nouvelles…


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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