31 janvier 2009

Le ski de fond se fait discrètement une place dans les stations

Pistes en pleine nature, matériel confortable et pas cher : les glisseurs aiment!

David Genillard

« Ici, le ski de fond et la raquette prennent gentiment le pas sur le ski alpin. » Daniel Kraehenbühl, président de l’Association pour les pistes de fond des Tenasses-Les Pléiades, peut avoir le sourire. Cette saison, les fondeurs ont répondu présent dans le domaine de la Riviera.

Aux quatre coins du canton, on constate le même regain d’intérêt pour ce sport. Pour certains, les conditions hivernales exceptionnelles du moment ne sont pas étrangères à ce succès retrouvé : « La neige est arrivée tôt, rappelle Laurent Donzé, président de Romandie ski de fond (RSF). Les gens sont venus très vite en station et ont eu le temps de se faire envie. »

Mais l’argument météorologique n’explique pas tout, confirme-t-on au club nordique des Mosses : depuis deux ou trois ans, la fréquentation connaît une hausse spectaculaire. Chiffres à l’appui, Franz Sidler, secrétaire général de RSF, corrobore: le nombre de cartes saisonnières vendues aux fondeurs a connu une hausse de plus de 38% ces quatre dernières années, passant de 13 000 vignettes (tous types confondus), en 2004-2005 à 18 000 la saison dernière (lire ci-dessous). « Et l’hiver 2008-2009 s’annonce encore meilleur que le précédent !»

À l’origine de ce retour en grâce, entre autres, un matériel toujours plus performant : « À l’époque, on voyait partir les fondeurs en training, avec de grosses chaussettes en laine qui montaient jusqu’au genou. Ça ne donnait pas forcément très envie de s’y mettre », se souvient Cédric Dubosson, gérant du magasin Morgins-Sports.

Un tiers du prix du matériel alpin
« Les vêtements de ski font désormais partie des articles de mode. Le fond n’a pas échappé à ce phénomène, poursuit Laurent Donzé, à RSF. De leur côté, les fixations et les chaussures se perfectionnent petit à petit. »

Le coût de l’équipement pousse d’ailleurs certains à s’y mettre : « Un équipement de qualité correcte coûte entre 300 et 400 francs, détaille André Hefti, propriétaire du magasin de sport du même nom, à Leysin. En ski alpin, il faut compter dans les 1000 francs. »

L’explosion du Nordic walking et des raquettes n’a, par ailleurs, pas été sans conséquence : « Le fond allie le plaisir de la marche à celui de la glisse, explique Laurent Donzé. On voit beaucoup de randonneurs s’essayer au ski de fond et s’y remettre régulièrement par la suite. Cette discipline a un petit goût de reviens-y. »

Des pistes proches de la nature et encore peu fréquentées, des cartes saisonnières vendues à des prix abordables, le ski de fond a largement de quoi séduire son monde. Les professionnels du tourisme l’ont compris et les stations étoffent leur offre. Aux Mosses, les adeptes de ce sport pourront profiter, dès la saison prochaine, de vestiaires, de douches et d’un local de fartage flambant neufs. « Un peu partout, le balisage se perfectionne. Cela contribue à attirer du monde sur les pistes », conclut Daniel Kraehenbühl.

Un sport bon marché mais pas gratuit
Skier dans de bonnes conditions a un prix : « 1500 francs par kilomètre de piste par année », estime Rémy Fischer, responsable du club nordique des Mosses. Pour financer l’entretien des domaines, la manne communale ne suffit pas forcément.

Les fondeurs doivent donc acquérir une vignette avant d’accéder aux pistes. Il en coûte 100 francs pour la carte saisonnière nationale, 60 pour les abonnements régionaux (Jura suisse ou Alpes vaudoises) et 8 (prix conseillé) pour une carte journalière locale. Les sésames sont délivrés par les Offices du tourisme des stations ou par Romandie ski de fond.

Si la plupart jouent le jeu, les stations se heurtent encore à quelques rares réticences : « On trouve toujours des gens pour faire remarquer qu’ils paient des impôts et qu’ils peuvent donc skier gratuitement », déplore Laurent Schüpbach, responsable des pistes au Brassus. À Gryon notamment, des panneaux rappellent aux amateurs de glisse l’existence de ces cartes d’accès.

À noter que Les Diablerets font figure d’exception, l’entretien des pistes de fond étant entièrement à charge de la commune : « Cela a permis d’améliorer la cohabitation entre randonneurs et skieurs. Avant, ces derniers estimaient qu’ils avaient payé et avaient le droit d’être les seuls à profiter des pistes », explique le municipal Philippe Pichard.

Info et plans des pistes sur www.skidefond.ch


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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