4 novembre 2008

Un rêve, pas une nécessité

Albert Ladouceur

Le projet d'un nouvel amphithéâtre reposant en d'autres mains, des gens qui profitent d'une oreille attentive, Marcel Aubut relance l'idée des Jeux olympiques. Un autre grand projet dans la foulée de la résurrection d'une ville qui a secoué sa morosité. Mais Québec a-t-elle vraiment besoin d'accueillir les Jeux olympiques ?

Voilà un mégaprojet à très long terme qui se matérialiserait possiblement en 2022. Il est assuré que le budget d'opération de cette olympiade sera astronomique, beaucoup plus que les 1,63 milliard de Vancouver 2010, dont 74 % proviennent de fonds privés, selon le comité organisateur. Il s'avère actuellement impossible de figurer ce qu'il en coûterait à Québec.

Donc, il faut embarquer à l'aveuglette dans l'aventure et foncer vers l'inconnu. Avant même de dépenser un dollar pour la présentation des J. O., il faudra investir des millions de dollars pour convaincre le COC d'accepter la candidature de Québec et le CIO de l'approuver. Cette fois-ci, Québec devra tenir son bout advenant un premier refus et ne pas répéter l'erreur de 2006, lorsque la capitale a laissé le champ libre à Vancouver.

Il s'agit d'un très gros projet de société qui mobilise les forces de la communauté. Il reste charismatique pour une ville d'accueillir l'un des trois plus gros événements sportifs de la planète. Tout d'abord, il faut tout mettre en oeuvre pour triompher lors de la mise en candidature. Une fois la victoire obtenue, les grands travaux de construction débutent.

Rares les villes qui misent sur toutes les infrastructures pour présenter les disciplines sportives des J. O. L'un des principaux objectifs de la présentation des Jeux olympiques consiste justement à se doter d'équipements sportifs majeurs.

Québec en profiterait pour récolter des millions du privé, du provincial et du fédéral et se transformer ainsi en vaste chantier. La tenue des Jeux exige également des installations pour accommoder les athlètes et les visiteurs. Sans oublier les dépenses gargantuesques de la sécurité.

Pas une nécessité
Mais voilà ! Québec a-t-elle besoin de toutes ces installations sportives qui, une fois les Jeux terminés, risquent de devenir des éléphants blancs? Une fois les athlètes repartis, je ne crois pas que les sites de biathlon, de skeleton et de luge serviront.

Les J. O. ne me semblent pas une nécessité pour Québec. Il est nettement préférable de concentrer ses efforts à la construction d'un amphithéâtre majeur, la priorité. Un tel édifice permettrait, outre le hockey junior et professionnel, d'y tenir des compétitions de patinage artistique, de patinage de vitesse courte piste, de curling. C'est un besoin criant pour la capitale.

Québec mise sur les montagnes pour accueillir la Coupe du monde de ski acrobatique et de surf des neiges, ce qui n'est toutefois pas le cas avec le ski alpin chez les hommes. Ce ne sont pas les espaces enneigés qui manquent également pour des épreuves de ski de fond. À la rigueur, il serait possible de construire un tremplin pour le saut à skis.

Il faudrait mettre de la pression pour rénover et moderniser l'anneau de glace Gaétan-Boucher à Sainte-Foy. Si on se dit prêt à dépenser des millions pour une candidature olympique, on peut se regrouper pour retaper une infrastructure déjà existante, mais en décrépitude.

Québec a réussi de grandes et belles choses dans le sport depuis le départ des Nordiques. Plutôt que de s'accrocher au rêve d'une olympiade d'une quinzaine de jours qui se terminera par un déficit, je juge préférable de travailler à obtenir des championnats mondiaux, des épreuves de la Coupe du monde dans diverses disciplines, bref, d'attirer à Québec de grands événements sportifs d'un hiver à l'autre. Les gens de Québec ont fait la démonstration qu'ils savent organiser de grandes choses.

Imaginez le nombre de compétitions internationales que Québec pourrait accueillir d'ici 2022, l'année des J. O., et rien ne nous assure qu'ils se tiendraient chez nous.


4 novembre 2008


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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