1er avril 2008

Marseille joue la carte olympique

C’est officieux, Marseille a déposé son dossier de candidature auprès du CIO pour l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver en 2018.

Jean-Luc Chovelon

On savait que la Cité Phocéenne était friande de grandes organisations. Quelques matchs de football avec le Championnat d’Europe des Nations en 1984 et la Coupe du Monde en 1998, six matchs de la Coupe du Monde de rugby l’an dernier, une candidature malheureuse pour accueillir la 32ème Coupe de l’America… Il ne restait que les Jeux Olympiques pour nourrir le rêve marseillais.

L’indiscrétion, car la nouvelle n’a pas encore été officialisée par la Mairie de Marseille, provient du Comité International Olympique lui-même, sans doute pour apaiser les vives tensions qui persistent depuis bientôt trois ans, depuis la décision de ce même CIO de désigner Londres pour organiser les Jeux Olympiques d’été en 2012.

Un virage pris par le CIO
Car depuis le 6 juillet 2005, date d’élection de la capitale anglaise pour organiser la XXXème Olympiade, les relations entre Jacques Rogge, président du CIO, et les instances politiques et administratives françaises, n’ont eu de cesse de se détériorer. La candidature d’une grande ville française a donc été « provoquée » par le CIO afin de renouer des relations qu’on pourrait qualifier de « diplomatiques », en vue de pousser Paris à se représenter pour les JO de… 2024.

L’autre grand défi que suscite cette candidature est technologique, ce qui ne serait pas pour déplaire à l’instance olympique internationale, soucieuse d’ouvrir la liste des candidatures pour les épreuves hivernales à des villes qui n’ont pas nécessairement les conditions météorologiques adéquates. À l’heure où la technologie permet de fabriquer de la neige et de la glace artificielles et, surtout, de la gérer et de l’entretenir à peu près sur tous les endroits du globe et en toutes saisons (l’exemple des pistes de ski aux Emirats Arabes Unis en est la meilleure illustration), le virage pris par le CIO serait une belle occasion de dépoussiérer un peu son image et d’agrandir ses horizons.

Pour l’heure, la ville de Marseille a rejoint l’association « La montagne pour 2018 » réunissant les candidatures de trois autres villes françaises, Annecy, Gap et Grenoble.

Estampillée cent pour cent Canebière
Si la candidature phocéenne est, pour l’heure, autonome (voir le détail des infrastructures ci-dessous), elle pourrait évoluer par la suite en se combinant avec les projets de ces autres villes.

Mais aujourd’hui, la candidature marseillaise est estampillée cent pour cent Canebière.

Désignée en 2011, la ville organisatrice des Jeux Olympiques d’hiver de 2018 aurait, donc, selon la volonté du CIO, de fortes chances d’être Marseille. Après Chamonix en 1924, Grenoble en 1968 et Albertville en 1992, Marseille deviendra-t-elle la quatrième ville française à accueillir les épreuves hivernales des JO ? Réponse dans trois ans, même si d’ici là, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts.

Le détail des installation
Doter Marseille d’installations olympiques hivernales est, pour l’essentiel, un énorme défi technologique. Même si une patinoire olympique devrait bientôt ouvrir ses portes (où se dérouleront les épreuves de hockey, de patinage artistique et de patinage de vitesse), beaucoup d’infrastructures restent à créer. En tout état de cause, la patinoire qui doit être livrée en 2009, trouverait là une belle rampe de lancement.

Mais la grande question demeure le site pour les épreuves reines des J.O., à savoir celles de ski alpin. Même si l’expérience de couvrir de neige la Colline de la Garde a été réalisée avec succès lors de l’hiver dernier, la faible altitude du relief (154 mètres) interdit toute déclinaison olympique. Mieux, la Montagne Sainte-Victoire dans la campagne aixoise serait mieux adaptée avec son point culminant à 1011 mètres… mais pas suffisant.

Le dossier marseillais a donc retenu pour le déroulement des épreuves de ski alpin, ski acrobatique et saut à ski, le site d’Ancelle dans les Hautes-Alpes, au sud du Haut-Champsaur. Choix de cœur puisque la station est l’endroit de villégiature préféré des Marseillais durant les vacances d’hiver.

Néanmoins, le centre névralgique des Jeux marseillais serait situé à Luminy, où la Cité Universitaire n’aurait à subir que peu d’aménagements pour être transformer en village olympique.

La piste de bobsleigh (et de skeleton) et celle de luge devraient se situer sur les contreforts du Massif du Puget, pistes entièrement démontables par ailleurs, afin d’être revendues après les J.O.

La piste de short-track sera construite au cœur même de la Cité Universitaire. Les épreuves de ski de fond et de biathlon (mais pas celles de combiné nordique, celles-ci devant obligatoirement se dérouler près du tremplin de saut à ski) devraient avoir lieu dans les rues de la Cité Phocéenne.

Originalité, les pistes emprunteraient une partie du réseau du récent tramway, offrant un espace dégagée et idoine sur 11 kilomètres de réseau. L’idée d’organiser des courses urbaines de ski de fond n’est pas nouvelle depuis qu’existe la « Royal Palace Sprint », épreuve de ski de fond au cœur de Stockholm, mais pas sur de la neige articificielle. Un véritable pari technologique.

Le curling prendra place au Parc Borély, à l’endroit même où se tient le Mondial de pétanque de « La Marseillaise » avec, évidemment, quelques aménagements.

Tous ces sites ne sont encore qu’au stade de projets, bien évidemment.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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