29 février 2008
Il y a quelques années les adeptes de la technique du télémark étaient considérés un peu comme des extraterrestres. Maintenant, ils passent plutôt inaperçus sur les pentes de ski. «Le télémark est une culture de montagne et ça devient de plus en plus populaire», explique Marc Archambault, un adepte de cette discipline depuis une douzaine d’années.

Qu’est-ce que le télémark? C’est une technique de virage et de glisse qui doit sa spécificité à la liberté des talons sur le ski. Elle a été popularisée au milieu du XIXe siècle par le Norvégien Sondre Norheim, qui n’aimait pas la longue randonnée pédestre séparant sa maison du village alors qu’une belle pente enneigée faisait le lien entre les deux. Mettant ses talents de menuisier à profit, il a bricolé des skis qui lui permettaient de tourner en descente. Et comme l’invention a été faite dans la province de Telemark, c’est ce qui a donné le nom à la nouvelle technique.
« La discipline gagne de plus en plus de popularité depuis le début des années 90, ajoute Archambault. Il s’est formé des groupes de skieurs de télémark qui ont ensuite organisé des événements dans différents centres de ski. Ici, au Massif de Petite-Rivière-Saint-François, le rendez-vous se passe à la fin de janvier et est devenu très populaire avec la participation des manufacturiers et des enseignements sur les techniques de cette discipline. Plusieurs découvrent le télémark et l’adoptent par la suite. »
Archambault est intarissable quand il parle de ce sport. « L’équipement a bien changé depuis ces années. Nous avons maintenant des bottes hautes, pratiquement de la même hauteur que celles de ski alpin, les skis sont maintenant paraboliques et les fixations sont bien adaptées. Ici au Massif, et dans bien d’autres stations, il y a toujours des moniteurs qui ont la certification pour enseigner la technique.
Une saison qui dure
« Ce qui est intéressant avec le télémark, c’est que tu peux non seulement skier sur les pistes du ski alpin, mais tu peux aller aussi dans les sous-bois et traverser d’une piste à l’autre. La saison peut durer très longtemps, même quand les stations sont fermées. Au mois de mai, il reste toujours de la neige dans les bois et on s’y rend grâce à nos “peaux de phoque” qui nous permettent de monter dans les pentes. »
L’expression «peaux de phoque» provient des premiers temps du télémark quand les skieurs utilisaient de véritables peaux de phoque amovibles sous leurs skis parce que le poil ras empêchait les skis de glisser en montant (on les retire pour la descente). Aujourd’hui, les «peaux de phoque» sont constituées d’une mince couche de poils synthétiques.
« J’ai découvert le télémark quand mon fils de deux ans apprenait à skier, il y a une douzaine d’années, raconte le photographe pigiste. Je n’avais pas de plaisir à le suivre en ski alpin et c’est à ce moment que j’ai décidé d’apprendre la technique du télémark. Ainsi, je pouvais être avec lui et nous apprenions ensemble. Depuis, j’ai toujours fait du ski de télémark. Je trouve que c’est tellement plus naturel et c’est plus facile pour les genoux. Dans mon cas, comme photographe, c’est génial. Je n’ai pas besoin d’ôter mes skis pour m’installer avec mes appareils. Et je peux “couper” vers d’autres pistes pour les besoins de la cause. »
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