11 février 2008


De g. à dr. Daniel Banville, Michel LeBlanc, Pierre Harvey et François Guy Thivierge

Pierre Harvey & Co skient
les 160 kilomètres du Marathon
d’un seul trait

Un exploit jamais jusqu’à présent accompli. Le champion Canadien de ski de fond Pierre Harvey et trois amis de Québec ont skié les 160 kilomètres du Marathon Canadien de Ski, entre Gatineau, Montebello et Lachute, d’un seul trait ce week-end.

En plus d’Harvey, l’équipe était composée de Michel LeBlanc entraîneur de vélo de montagne et habitué du Marathon (Coureur de Bois Or 14 fois), François Guy Thivierge, homme de montagne qui prépare une ascension prochaine de l’Everest et Daniel Banville, triathlète IronMan. Tous Coureurs de Bois Or (1).


Jean Néron et Roger Denis
photo : Michel LeBlanc

Support logistique bien préparé
Le joyeux quatuor s’est engagé sur la piste à 20h samedi soir et a skié pendant 21 heures jusqu’à Lachute sans arrêt autre que pour les besoins habituels, changer de vêtements, se ravitailler, farter et se reposer pour de très courtes périodes. « On avait convaincu deux amis, Jean Néron de Québec et Roger Denis de Montréal, de fournir le support logistique dans deux véhicules dont l’un était équipé d’une génératrice pour les micro-ondes et les repas » nous racontait Michel LeBlanc. Chaque skieur avait établi son menu et ses besoins personnels et pouvait communiquer ce qu’il voulait par radio à quelques kilomètres de chacun des points de ravitaillement.

Pour bien se retrouver, une autre marathonienne, Élyse Landry, de Gatineau, avait préparé une série de cartes très précises et les participants disposaient de deux appareils GPS pour se guider au besoin.

« Sans notre équipe de support, nous n’aurions pu faire ça » affirmait Michel LeBlanc pour qui la piste du Marathon n’a plus de secret – de jour du moins.

Pas une piste ordinaire
Skier de nuit à la frontale sur la piste du Marathon n’a rien de facile. Il ne s’agit pas ici du Parc d’Oka. La piste n’est accessible qu’une fois par année, pour le Marathon. Il s’agit d’une piste sauvage parfois improvisée et qui emprunte divers circuits, traverse plusieurs fermes, longe des routes pour reprendre dans un champ, partage certaines sections avec des pistes de motoneige et peut varier un peu d’une année à l’autre selon les coupes de bois, l’état des cours d’eau à traverser et le développement local.

En plus il a neigé durant la nuit, rien pour faciliter les choses. « Nous avons essayé de suivre les traces du BR et des skieurs qui étaient passés avant nous durant la journée » nous racontait Pierre Harvey, gagnant de trois épreuves de Coupe du Monde en ski de fond. « Ce fut plus difficile à un certain moment de la nuit où la neige fraîche cachait les traces » ajoutait-il.


Michel LeBlanc, Daniel Banville, Roger Denis, François Guy Thivierge, Pierre Harvey et Jean Néron

Une aventure non-sanctionnée
Cette aventure s’est faite assez discrètement puisque les organisateurs du Marathon Canadien de Ski n’étaient pas très chauds à cette idée qui avait déjà été proposée. Si des athlètes aussi performants ont pris 21 heures pour compléter le trajet, imaginez les complications qu’apporteraient des athlètes de calibre moindre et les dangers de skier toute la nuit au froid possiblement extrême sur une piste sauvage comme celle là !

Comme le summit push pour l’Everest
« Le ski de fond comme ça est une parfaite préparation pour mon ascension de l’Everest » ajoutait Thivierge. « La poussée pour le sommet se fait en soirée pour arriver au levé du soleil et puis redescendre ».

Thivierge lui-même avait tablé l’idée farfelue il y a trois ans. C’est par contre Michel LeBlanc qui a mit le projet de l’avant avec Pierre Harvey un peu avant Noël cette année lorsque François Guy était en expédition au Kilimanjaro.

La préparation a exigé plusieurs sorties longues de sept ou huit heures et aussi des soirées à skier à la frontale.


Daniel Banville, François Guy Thivierge, Michel LeBlanc et Pierre Harvey

Pas de repos pour les week-end warriors
Hier soir à 19h au banquet du Marathon à Lachute les quatre nous semblaient encore en pleine forme. « On est pas mal fatigué » me disait Harvey. « Nous sommes partis de Québec vers 7h samedi matin pour nous rendre à Gatineau. Nous avons skié toute la nuit et toute la journée alors… » Mais là, vous ne retournez pas à Québec tout de suite j’espère, lui demande-ai-je ? « Ben oui, me répondit Pierre; on travaille tous demain matin !!! » Pas question de prendre un petit break, évidemment, pour ces athlètes de l’impossible.

(1) Pour obtenir la médaille Coureur de Bois Or un skieur doit parcourir en deux jours les 160 kilomètres du Marathon et coucher à la belle étoile le samedi soir dans un campement spécial au nord de Montebello. Les skieurs doivent être autonomes sauf pour les feux de camp et le foin (pour dormir) qui sont fournis par l’organisation.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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