Norman Delisle
L'olympienne Myriam Bédard devra subir son procès pour un présumé «enlèvement en contravention avec une ordonnance de garde», a statué aujourd'hui le juge Pierre Verdon, de la Cour supérieure. C'est une accusation basée sur l'article 282 du Code criminel.
La date du procès sera fixée le 11 juin prochain. Il se déroulera vraisemblablement l'automne prochain. Mme Bédard a choisi de subir un procès devant jury.
Lors de l'enquête préliminaire de l'accusée, qui s'est déroulée lundi au Palais de justice de Québec, le juge Verdon a émis une ordonnance de non publication, qui interdit à la presse de citer le nom de l'enfant impliqué, mais permet néanmoins de rapporter les témoignages entendus.
Une ordonnance rendue en février 2004 confiait la garde de l'enfant à sa mère Myriam Bédard, mais permettait que l'enfant ait de nombreux contacts avec son père, Jean Paquet, un entraîneur sportif.
Témoignant en premier lundi lors de l'enquête préliminaire, M. Paquet, père de l'enfant, a raconté avoir eu beaucoup de difficulté à compter de l'automne dernier à communiquer avec sa fille.
Parlant avec beaucoup d'émotion, M. Paquet a dit avoir tenté avec plus ou moins de succès d'entrer en contact par téléphone avec sa fille ou avec Mme Bédard. Cette dernière, accompagnée de son nouveau conjoint Nima Mazhari, avait amené l'enfant aux États-Unis. Au cours de ce périple, M. Mazhari entendait mener campagne contre le «terrorisme bureaucratique» dont il se disait victime au Canada.
M. Paquet a raconté avoir finalement alerté en novembre 2006 la police au sujet de l'affaire. Il avait réussi à parler à sa fille à quelques reprises par le biais du téléphone cellulaire utilisé par Mme Bédard, mais ces brèves conversations -généralement une ou deux minutes à chaque fois- ne l'avaient pas rassuré. Il n'avait notamment pas réussi à savoir quand l'enfant reviendrait à Montréal.
Mme Bédard n'a pas non plus répondu aux deux courriels que M. Paquet lui avait fait parvenir les 8 et 17 novembre 2006, et dont le texte trahissait ses inquiétudes. «Je dois savoir ce qui se passe avec ma fille qui ne va pas à l'école. Tu peux aller où tu veux mais n'emporte pas (l'enfant) dans ton sillon nébuleux», écrivait le père.
M. Paquet, un entraîneur sportif de 43 ans, a rappelé que sa fille, née de son union avec Myriam Bédard, avait été amenée aux États-Unis en octobre 2006, alors qu'elle était inscrite à une école privée de la banlieue de Montréal.
L'autre témoin dans l'affaire a été Nima Mazhari, conjoint de Mme Bédard. Il a raconté avoir quitté Montréal le 2 octobre 2006 en compagnie de Myriam Bédard et de l'enfant. Il pensait passer de trois à cinq semaines aux États-Unis. Le groupe est demeuré dans la région de Washington, où Mme Bédard a pris des dispositions pour que sa fille continue à suivre presque quotidiennement ses cours de piano, pendant que M. Mazhari cherchait des appuis pour la cause qu'il défendait.
Ce n'est que le 14 décembre que le couple avait décidé de revenir au pays mais entre-temps, ils ont été avisés qu'un mandat avait été émis contre Mme Bédard. Ce mandat a finalement été exécuté le 22 décembre avec l'arrestation de Mme Bédard aux États-Unis.
Dans sa décision rendue sur le banc, le juge Verdon a établi qu'à cette étape-ci, la poursuite avait établi suffisamment d'éléments pour la tenue du procès. «Mme Bédard a pris sur elle de poser des gestes qui ont eu pour effet de priver M. Paquet de ses droits consentis dans l'ordonnance de février 2004. Il y a matière à renvoi à procès», a dit le juge Verdon.
Mme Bédard n'a pas témoigné à cette étape des procédures.
C'est Me Julie Lemieux qui agissait à titre de procureur dans le dossier tandis que Mme Bédard était défendue par Me John Pepper fils.
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