21 mars 2007

À la conquête du monde

Stéphane Cadorette

Tout juste de retour des championnats mondiaux juniors de ski de fond en Italie, Alex Harvey réalise pleinement que sa carrière vient de prendre son envol sur une base solide et concrète.

« Avant ces championnats, lorsqu'on parlait de moi, c'était en possibilités. On disait : "Lui, un jour, il ira loin". Je suis fier d'avoir montré en Italie que je suis capable d'atteindre le potentiel qu'on me prédisait.

« Ce que j'ai accompli là-bas, ce ne sont plus des spéculations, mais des faits », a dit, hier, le jeune athlète de 18 ans, au cours d'un entretien au Mont-Sainte-Anne, où se déroulent les championnats canadiens.

Le fils de Pierre Harvey a en effet atteint une pointe historique dans son cheminement lorsqu'il a décroché la troisième place aux 10 km style libre à Tarvisio. Deux jours plus tard, il a répété l'exploit avec la quatrième position à la poursuite de 20 km. N'eût été une chute, il filait tout droit vers l'or.

« Durant cette course, deux ou trois secondes avant de tomber au début de la dernière montée, je me disais que j'allais gagner. C'était ma meilleure course. Je n'ai jamais été dans le rouge. Je visais juste des top 10 et je m'étais dit qu'une place autour des cinq premiers serait incroyable », a dit Harvey.

Motivé comme jamais
De tels résultats à l'échelle mondiale injectent donc tout le carburant dont Alex Harvey a besoin pour se maintenir au plus haut niveau. À sa dernière saison junior l'hiver prochain, tous les espoirs sont permis.

« Ça me motive énormément. J'ai connu la sensation de gagner une médaille à ce niveau. Cet été, quand je m'entraînerai, je saurai vraiment pourquoi j'y mets autant d'heures. Je pourrai me visualiser avec d'autres médailles », lance le skieur.

Bien enraciné ici
Selon Alex Harvey, nul besoin de chercher bien loin les raisons de sa récente éclosion. En plus de son talent et de l'ardeur qu'il met à l'entraînement, le fait que davantage de fonds aient été investis dans le ski de fond au pays change la donne pour plusieurs skieurs.

« Les centres d'entraînement ont été décentralisés. Avant, il fallait absolument aller à Kenmore pour percer. Maintenant, il y a aussi Thunder Bay, en Ontario, et Québec (Centre national d'entraînement Pierre-Harvey). Ça nous permet de rester chez nous, de garder le même cercle d'amis.

« Tu as beau être le meilleur du Québec, tu n'iras nulle part si tu n'as pas toute ta motivation. En ce moment, je ne serais pas prêt à m'établir dans l'Ouest en permanence », dit celui qui participera sans doute aux Jeux olympiques de 2010 à Vancouver, mais qui devrait surtout faire un tabac à ceux de 2014.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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