Vincent Defrasne
Si un biathlète est un sportif de haut niveau avant toutes choses, bien souvent la désignation de «militaire» ou de «douanier» vient compléter son statut.
Cette qualification peut à première vue sembler étonnante, mais elle n’en estpas moins capitale... pourquoi ? comment décrire cette association entre une discipline sportive et l’Armée de Terre ?
Nombreux biathlètes font partie de l’Equipe de France Militaire de Ski (EFMS): c’est le cas de Vincent Defrasne, Raphaël Poirée, Yann Debayle, Simon Fourcade, Sandrine Bailly, Florence Baverel-Robert, Christelle Gros, Delphine Peretto et Julie Carraz.
Un peu d’histoire...
Le 1er groupe officiel est crée en 1903 à l’initiative du ministre de la guerre, dans le but de créer un bataillon élite de chasseurs alpins et de favoriser une «propagande par l’exemple et la parole dans l’élément civil». En 1914 la première unité opérationnelle de 45 hommes est crée sous le nom de la section des skieurs du 1597ème BIA.
Etre affecté à l’école Normale de Ski constitue en ce temps une situation privilégiée : les «élèves apprennent à se débrouiller en terrain varié et inconnu», les hommes vivent une passion et y gagnent en condition physique.
Petit à petit chaque bataillon possède son équipe et des compétitions non officielles sont organisées régulièrement, des rencontres au niveau nationales vont voir le jour. Ce sont finalement les JO de Chamonix de 1924 qui vont donner la reconnaissance officielle attendue par ce nouveau sport.
Le ski militaire alpin ou de fond va vivre un grand essor : les patrouilles françaises deviennent des habituées des compétitions internationales .
En 1947, les athlètes sont définitivement regroupés dans une équipe unique divisée en sous équipes suivant la discipline pratiquée; celle-ci trouve son point d’ancrage à Chamonix au sein de l’Ecole Militaire de Haute Montagne (EMHM).
Aujourd’hui ?
Placée sous l’autorité sportive du commissariat aux sports militaires, l’EFMS ( Equipe de France Militaire de Ski ) est composée d’une vingtaine de compétiteurs, tous sportifs de haut niveau de la fédération française de ski (FFS). Ils sont engagés volontaires de l’armée de terre (EVAT) et volontaires de l’armée de terre (VDAT).
Tout en s’inscrivant dans la tradition du ski militaire français, l’EFMS contribue au rayonnement de l’armée de terre aux travers des différents résultats obtenus sur les circuits de coupe du monde, championnats du monde et lors des jeux olympiques dans les trois disciplines du biathlon, du ski de fond et du ski alpin (Slalom Géant).
Pour résumer : L’EFMS illustre la forte volonté des Armées de participer à l’effort national au profit du sport de haut niveau.
Portrait du «biathlète militaire»
Comment s’effectue le choix de partenariat avec l’Armée ?
Ce choix est fait par l’athlète qui doit signer un engagement au sein de l’armée de terre. Généralement c’est l’athlète qui fait la première démarche en sollicitant l’EFMS, mais l’armée peut elle aussi être intéressée par un coureur particulier et elle lui propose alors un contrat.
- Quelles conditions faut il réunir pour entrer à l’EFMS ?
Pour y entrer, il faut être retenu par le comité de sélection de l’EFMS composé de son directeur, d’entraineurs et de responsables du sport militaire.
- Quelle est la différence avec le statut de douanier ?
Les deux statuts sont relativement proches.
- Quelles sont les obligations d’un biathlète militaire ? Représenter sportivement l’EFMS dans les compétitions civiles au plus haut niveau, mais aussi lors des Championnats du monde Militaires de Ski.
Il doit également la représenter lors de cérémonies données à son égard; ainsi que lors de diverses cérémonies militaires ( défilés, prises d’armes...).
Le sportif militaire est en quelque sorte un emblème : à lui de faire connaître ce visage sportif de l’Armée de Terre par le biais de sa couverture médiatique.
La politique sportive est une composante majeure de la défense : en effet, l’entraînement sportif est une nécessité incontournable de la profession; mais plus encore, l’association de sportifs de haut niveau à l’image de l’Armée est un moyen d’établir le lien «armées-société».
L’EFMS : «Un esprit d’équipe dans un sport individuel»
page mise en ligne par SVP

Consultez
notre ENCYCLOPÉDIE sportive