7 janvier 2005


Martine Albert est revenue à ses amours, le biathlon.
photo : Les Clegg, Biathlon Canada

Martine Albert retrouve son monde

Loin des feux de la rampe, Martine Albert a connu une belle carrière en Coupe du monde de biathlon. De 1994 à 2002, elle a participé à un total de 66 courses et récolté une dizaine de résultats parmi les 30 meilleures. Malheureusement, elle n'a jamais été en mesure de mettre la main sur la récompense qu'elle cherchait tant: une participation à des Jeux olympiques.

En 1998, après avoir elle-même aidé le Canada à qualifier une équipe de relais pour les Jeux olympiques, elle avait dû se contenter du rôle de substitut de l'équipe des Jeux de Nagano, sans s'y rendre de surcroît. Puis en 2002, sans véritable équipe, elle avait raté son deuxième critère du Comité olympique canadien par quelques secondes pour une qualification individuelle en vue des Jeux de Salt Lake City.

Perdue dans ses pensées, elle avait alors tout abandonné.

« Je l'avoue: quand j'ai arrêté, j'étais fatiguée mentalement, mais j'étais aussi une athlète frustrée d'avoir raté les Jeux olympiques deux fois. »

Native de Rimouski et devenue une fille de Valcartier par obligation, Albert prend alors le chemin de Montréal pour entreprendre une vie « normale » en travaillant à temps complet dans le monde des communications tout en suivant des cours de massothérapie et en gardant la forme.

Mais au bout de deux ans, au printemps de 2004, rien ne va plus. Elle rentre à Rimouski pour faire le vide. Question de passer le temps, elle accepte un contrat de production télévisuelle avec la télé locale et se découvre enfin une nouvelle passion.

À la fin de son contrat, elle repart pour Québec où elle suivra un cours privé de production télévisuelle et où elle retrouvera le monde qu'elle ignorait totalement depuis deux ans, celui du biathlon.

« Je me suis mise à entraîner des jeunes filles motivées et à côtoyer les juniors qui ont plein de potentiel, dit Albert, un sourire dans la voix. Puis Daniel Lefebvre (entraîneur au Centre Myriam-Bédard) m'a indiqué qu'il n'y aurait que trois filles de calibre international aux sélections nationales. Que les suivantes seraient trop jeunes et trop inexpérimentées pour la saison 2004-2005.»

« J'ai repris l'entraînement, la tête en paix, tout en poursuivant mes cours de production télévisuelle. Comme mon corps réagissait bien, j'ai poursuivi jusqu'aux sélections de l'équipe nationale (en décembre dernier) et je me suis taillé une place au sein de l'équipe de Coupe du monde », raconte-t-elle d'Oberhof, en Allemagne.

« Et tantôt, j'ai revu des amies des autres pays avec qui je n'avais eu aucun contact depuis deux ans. C'était tellement agréable. J'ai retrouvé mon monde, ma famille, mais sans cette pression de fou que je m'imposais. »

Individuellement, Albert ne croit pas pouvoir rencontrer les critères du COC en vue des Jeux olympiques de Turin. Elle donnera cependant tout ce qu'elle a dans le ventre quand viendra le temps des courses à relais, dans un mois. Même si elle sait que ses coéquipières Marie-Pierre Parent, Sandra Keith et Zina Kocher ne sont pas de calibre à faire des top 10 ou même des top 20 individuellement.

« Les entraîneurs de Biathlon Canada ont analysé la situation et conclu que si nous, les quatre filles, unissions bien nos efforts, un résultat parmi les 12 premières équipes de relais en Coupe du monde ou aux Championnats du monde serait possible. Un résultat qui permettrait au Canada de participer aux Jeux de Turin en équipes. »

Albert, qui avait complété ses cours et travaux d'automne avec de bons commentaires, reprendra ses études au printemps. Pour l'instant, elle vole sur un nuage... avec les autres membres de sa famille.

En fin de semaine, à Oberhof, elle complétera une équipe canadienne réduite à quatre membres avec Marie-Pierre ainsi qu'avec deux autres vieux comparses: Steve Cyr et Jean Paquet.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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