11 février 2005

Le Canadien errant
Le Canadien errant du ski de fond, tel devrait être le surnom de Chris Jeffries. Membre de l'équipe nationale senior depuis maintenant cinq ans, le fondeur de 27 ans a visité le Canada d'un océan à l'autre plus d'une fois.
Daniel Aucoin
Fils d'un haut gradé militaire, Chris Jeffries est né à Calgary. Il est ensuite passé, entre autres, par Toronto, Ottawa, Kingston, Peterborough, Petawawa et St-Basile-le-Grand. Il a complété ses études secondaires à Edmonton. Pour le ski de fond, il a mis ses études universitaires en veilleuse à l'Université Lakehead de Thunder Bay. Aussi pour le ski de fond, il loge souvent dans un petit appartement de Canmore, en Alberta, mais son adresse permanente se trouve à Chelsea, à quelques pas des sentiers du parc de la Gatineau, où ses parents vivent une retraite stable... pendant que leur fils parcoure le monde.
Le plus cocasse là-dedans, c'est que Jeffries nous parle de stabilité.
« Grâce au programme Équipe-Québec et à l'augmentation des brevets de Sport Canada, on peut maintenant vivre du ski de fond et même préparer notre avenir, explique-t-il. Il y a quelques années, le but était être vite en skis, mais l'objectif premier était d'abord et avant tout de survivre. »
« Mon travail est maintenant le ski de fond et j'espère bien conserver mon « emploi » jusqu'aux Jeux d'hiver de 2010, à Vancouver, où je serai à mon meilleur. »
Malgré sés 21 années d'expérience en ski de fond, Jeffries a encore la patience de regarder cinq ans devant lui. C'est qu'il a beau avoir dominé la Coupe Nor-Am cet hiver, il est encore loin des meilleurs en Coupe du monde.
« Il faut comprendre qu'en ski de fond, cinq ans, c'est au coin de la rue. Il faut aussi se mettre dans le contexte canadien où, dans les catégories d'âge, on n'a presque jamais l'occasion d'affronter les meilleurs au monde. On ne peut donc pas espérer être un des meilleurs de la planète des nos premières années chez les seniors.
« C'est pour cette raison que je reviens sur l'aspect financier. Le fait de pouvoir vivre convenablement nous permettra, à des gars comme George Grey (un coéquipier de 25 ans) et moi, d'assurer une stabilité dans l'équipe nationale, tout en nous faisant pousser par les plus jeunes. À l'heure actuelle, je ne crois pas qu'il soit réaliste de gagner des médailles individuelles, mais une au relais, j'y crois. »
Une Coupe du monde à l'eau
Malheureusement, en raison de douleurs à un pied, l'athlète du Club Nakkertok de Cantley, en Outaouais, ratera la Coupe du monde de Reit im Winkl (Allemagne) en fin de semaine. Il se prépare donc pour les Championnats du monde, qui débuteront la semaine prochaine, à Obertsdorf (aussi en Allemagne).
« La bonne nouvelle, c'est que je n'ai pas de fracture. Je suis déjà sur place et serai traité par un médecin canadien au cours de prochains jours. J'espère être prêt pour le 15 km libre (pas de patin) de jeudi. Sinon, je prendrai part à la course à relais du 24 février, ce qui me donnerait une semaine de repos supplémentaire. »
Après les Championnats du monde, la saison de Coupe du monde sera complétée, en mars, avec les épreuves scandinaves en Finlande, en Norvège et en Suède.
Et après le ski de fond, Jeffries pourra jouer plus souvent au golf, un sport pour lequel il a peu de temps, mais un talent naturel indéniable. En 2001, lors d'un tournoi servant à lever des fonds pour l'équipe nationale, il a déjà réussi un exploit pour le moins spécial : une ronde de 83 en 37 minutes et 54 secondes !
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