Préparation et équipement prévu

par Michel Lebel

Tout d'abord avec le vélo fait durant l'été 2020 je me suis gardé une bonne base de forme. Avec le concours de John Malois, de l'Académie cycliste du Québec (ACQ), une programme d'entraînement en ski prévoit de faire entre 300 et 400 kmi avant l'événement, parfois des longues sorties et d'autres fois de courtes, avec des intervalles. Le hic, dans mon cas, est que j'ai un âge avancé (61 ans) et que la machine ne suit pas toujours les babines !

C'est donc avec une bonne dose d'onguent analgésique Tiger Balm que je fais mes entraînements. Mes enfants me disent que je suis trop vieux pour faire des affaires de même. Pour cette aventure je vais utiliser des skis de moindre performance et apporter pas mal de cire car la cire ça ne tient pas 50 km. Ça prend aussi un sac à dos bien organisé. Le mien, un Osprey, à 5 compartiments. Un pour la bouffe, un pour les petits soins, un autre pour la bouffe, un pour les affaires spéciales et le gros c'est pour la doudoune et pour l'eau et les breuvages en grande quantités afin de faire le poids de 5 kg.

Skis : il existe sur le marché en gros 2 types de skis. Les skis que l'on doit cirer et les skis dits SKIN qui ne nécessitent pas de cire. Lorsque la température extérieure est en bas de -3°C il faut selon moi privilégier les skis avec cire qui sont plus performants et procurent en général une meilleure glisse et à mon avis plus de stabilité dans les descentes. Les skis SKIN ont gagné énormément de popularité et de crédibilité ces dernières années et sont probablement idéals lors des températures chaudes avoisinant au dessus de -3°C. Les SKINS se caractérisent par une bande rugueuse sous le ski. Je ferai mon choix selon la température.

Bâtons: Vous verrez que je n'utilise pas de larges dragonnes entourant chaque main. Ce n'est pas que je n'ai pas essayé. La raison est que dans le Marathon il y'a parfois des descentes triples losanges et que certains dont moi ont développé une technique - dite BONO : référence : TDLG (Traversée de la Gaspésie en ski de fond) consistant à prendre les 2 bâtons dans la main gauche et en les appuyant sur la neige près de la cheville gauche pour se ralentir. Donc pour se faire, quand on constate une descente de ce type imminente, il faut pouvoir rapidement transférer les bâtons.

Les cires: Ca va autour de la taille, dans de petites pochettes prévues à cet effet.

Le cellulaire : pour mesurer la distance de 50 km je vais utiliser STRAVA, mais un cellulaire ça gèle aussi, ou bien les batteries se déchargent. J'aurai donc une batterie de rechange. L'organisation a cependant prévu quelque chose si ca ne marche pas. Comme on sera deux, on espère que ça fonctionnera pour au moins un des deux.

Les vêtements : tout en double, tuques, gants, bas et mitaines.

Multi-couches : évidemment un polypropylène, suivi d'une couche de vêtement technique, puis un lainage et un coupe-vent. Je n'ai jamais compris pourquoi il est si difficile de trouver un coupe-vent avec une poche à la hauteur du cœur. Les fabricants devraient penser qu'avec un sac-à-dos attaché, ce n'est pas possible d'ouvrir les poches du bas.

Les lunettes : la pire affaire ! Quand il fait un peu humide, les lunettes ça s'embue et on ne voit plus rien. Donc soit que je désembue au fur à mesure ou bien que j'enlève mes lunettes et je ne vois pas les pancartes. Bien excédé de ça, je suis allé voir la compagnie JULBO qui fait des lunettes de ski pour les coureurs et je leur ai dit que je n'ai jamais vu Alex Harvey arrêter sur le bord du parcours pour désembuer ses lunettes. La réponse toute indiquée a été qu'à son âge il n'a pas besoin de lunettes de vue. Grand bien me fasse, je vais recevoir de nouvelles lunettes de vue adaptées une semaine avant l'événement et on verra bien (le mot du jour) !

Bottes : pas compliqué. Le confort prime. Aujourd'hui les bottes sans lacets sont selon moi supérieures car c'est bien moins long à enlever et à remettre si par ma mégarde vous devez replacer un bandage d'orteil en cours de route.

Frontale: Black Diamond. Prévoir de la charger avant de partir ! Habituellement les skis connaissent le chemin mais c'est bien pratique pour éviter un chevreuil. Et si, par crainte de la mairesse de Longueuil, tous les cervidés ont décidé de déménager à Saint-Bruno, il va y en avoir un paquet !

Couverture de survie : nécessaire pour rester au chaud advenant un accident.

Les mains : pour éviter les engelures aux doigts je vais utiliser des gants avec un pouce et 2 grands doigts, les doigts restent alors en contact et restent chauds. Et avoir évidemment des chauffe-mains, sorte d'enveloppe qu'on ouvre pour produire de la chaleur jusqu'à 10 heures (selon le fabricant) et qu'on met dans ses gants/mitaines.

Les pieds : ça ça marche toujours. Il faut bander tous les orteils, pour prévenir les ampoules. Et des chauffe-orteils !

Frottements: y'en a de plus en plus avec l'âge. Le secret : de la vaseline partout !

Boire : bouteille (dite technique) de breuvage dans un emballage spécial qu'utilisent apparemment les alpinistes, mais c'est pas vrai que ça ne gèle pas, ca gèle pareil, après un certain nombre d'heures. Et pire, des fois, ça peut ne pas être gelé mais c'est le couvercle qui l'est; imaginez la frustration de voir son liquide dans la bouteille mais de ne pas pouvoir l'ouvrir. Ca arrive! Pas cette fois-ci, j'espère.

Masque : mais oui ça pourrait arriver qu'on doive enter quelque part! Pas de photos, vous êtes bien tannés d'en voir!

Mercredi: Mon Marathon canadien de ski de fond virtuel, en ces temps de pandémie, par Michel Lebel
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Lundi : Il y’a toujours des imprévus et c’est ça la beauté du sport !, par Michel Lebel
Épilogue :Coucher dehors pour se mériter le titre de Coureur des bois OR, par Diane Conte

en écho : Trois travailleurs de la santé complètent le Marathon canadien de ski virtuel, Le Courrier du Sud, 15 février


Dans nos archives :
Michel fait référence ci-haut à Alex Harvey.
Alex n’a (encore) jamais participé au Marathon canadien de ski mais
son père Pierre l’a fait au moins 4 fois, dont en 2008, 160 km d’une traite.


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