Diane Conte et Michel Lebel

C'est Diane qui a concocté le parcours, elle n'a négligé aucune côte, il y en avait pas mal !

par Michel Lebel

Le cadran sonne, il est 5h45. Il est important d'être à l'heure car ça ne doit pas être simple de s'habiller en ski de fond dans un igloo, par surcroit quand il fait -10°C dehors. À ce propos je vais laisser Diane vous raconter ultérieurement sa nuit passée en igloo.


Alors que Jean-Pierre repart dès l'aube faire ses 10 tours du parc régional Michel Chartrand (5 km le tour), dès notre arrivée Diane se précipite au chaud dans la voiture. Nous repartons pour le Mont Saint-Bruno.

À la plainte de nos membres inférieurs, nous nous disons qu'on va les faire bien tranquillement ces 50 km restant pour compléter le Marathon.

Durant notre parcours, nous ne passons pas inaperçus, il faut expliquer ce que nous faisons, et ça rallonge le temps, et même si on partait à 8h30 comme lundi il faut s'assurer de terminer avant 17h00, heure où le parc ferme.

J'ai mis de côté les lunettes Julbo, toutes neuves, pour ne mettre que les super vieilles lunettes maganées de ski alpin, et sans prescription (mes enfants diraient qu'elle doivent être vraiment vieilles). Sans lunettes de vue je ne me perdrai pas, après les 4 tours d'hier les skis connaissent le chemin par cœur. La raison est qu'il tombe une petite neige et descendre avec la neige dans les yeux c'est fort désagréable.

Et c'est aussi que c'est Diane qui a concocté le parcours de 12.5 km, et elle n'a négligé aucune côte, pour vous dire qu'il y en avait pas mal !

C'est lors de la 2e boucle que j'ai senti que je n'avais plus de carburant, en raison de l'accumulation de la fatigue. Heureusement il y avait le ravitaillement, et je vais vous confesser que des fois j'ai des tentations pour les bonbons de sucres sûrs et les jelly-beans. Eh bien j'en avais apportés, juste pour me gâter un peu. Eh bien ça a marché, une nutritionniste qui passait par là m'a conseillé d'en prendre pas mal (des glucides), ça m'a requinqué et puis j'ai pu repartir frais. Allez comprendre la mécanique humaine!


Quelques ampoules plus tard (mais oui encore), et avec le concours de quelques amis qui ont fini le parcours avec nous, nous nous présentons à la ligne d'arrivée, la fin de notre Marathon à 17h00 tapant.

Aussitôt un ami nous libère du poids de nos sacs à dos - quel bonheur! - et nous nous rendons à la résidence de Diane et Jean-Pierre, qui a aussi réussi ses 10 tours de parc, et c'est armés de nos masques que nous célébrons bien rapidement le succès de notre marathon par un podium improvisé.


Même si en ski on ne lambine pas trop, avec tout le barda, on a maintenu une moyenne de 8 km/h et en intensité, donc sans barda ça peut ponter à 12 km/h. Eh bien dans le dernier tour on a croisé un fondeur qui a fait le Marathon 30 fois, imaginez qu'il a skié avec Pierre Harvey (le père Alex, aussi un Olympien), c'est donc dire qu'il a fait un bout avec nous sur les brakes !



Plus confiant qu’hier matin car je sais que je peux passer à travers ces 50 km supplémentaires

par Jean-Pierre Doray

Je n’ai pas très bien dormi lundi soir et tout de suite au lever je vais voir si Diane a réussi à passer à travers sa nuit dans l’igloo. Quel soulagement les enfants et moi quand on a vu Diane sortir de son igloo avec son beau sourire !

De mon côté, je suis plus confiant qu’hier matin car je sais que je peux passer à travers ces 50 km supplémentaires aujourd'hui. J’ai le même plan, faire les 2/3 du trajet en avant-midi, et partir tôt avant qu’il y ait trop monde à dépasser sur les pistes. Je redoutais la petite neige (moins de 1 cm) qui tombait et qui faisait que mes skis ne glissaient pas aussi bien qu’hier.

Au lieu de 7,2 km/h la veille, j’ai dû me contenter de 6,7km/h. Mais possiblement parce que le soleil n’était pas au rendez-vous il y avaient moins de skieurs. Mes derniers km ont été difficiles, quelques douleurs musculaires m’empêchaient de bien bouger. Mais ma finale a été très agréable, mes enfants étaient tous là au fil d’arrivée pour m’accueillir.


Jean-Pierre Doray

Ça a été un beau moment pour moi, et aussi notre petite cérémonie de remise des médailles or, argent et bronze faite chez nous, pour nous 3 travailleurs de la santé qui avaient décidé de prendre une pause de travail de 48 heures.

Mercredi: Mon Marathon canadien de ski de fond virtuel, en ces temps de pandémie, par Michel Lebel
Jeudi : L’occasion "en OR" de décrocher la médaille d’OR, par Diane Conte
Vendredi : Préparation et équipement prévu, par Michel Lebel
Samedi : Préparation pour skier 100 km et coucher à la belle étoile, par Diane Conte
Samedi : Je suis la 3e personne du groupe !, par Jean-Pierre Doray
Dimanche : Prêts pour le grand jour !, par Michel Lebel
Lundi : Il y’a toujours des imprévus et c’est ça la beauté du sport !, par Michel Lebel
Épilogue :Coucher dehors pour se mériter le titre de Coureur des bois OR, par Diane Conte

en écho : Trois travailleurs de la santé complètent le Marathon canadien de ski virtuel, Le Courrier du Sud, 15 février


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