Au sprint, ce que vous n'avez pas vu à la télé

Mathieu Laberge, le rédacteur en chef de Sportcom, en est à ses troisièmes Jeux olympiques. Il raconte aux amis ce qu'on ne peut pas voir à la télé.

« À la suite de cette soirée haute en couleurs, j’avais du matériel pour écrire au moins six textes. Comme dans tout, il faut faire des choix et c’est ce que j’ai dû faire. J’ai terminé mon texte vers 2h30 du matin. Ensuite un autobus jusqu’au centre des médias de Gorki, 30 minutes d’attente, un autobus jusqu’au MPC, 30 minutes d’attente et retour à l’hôtel. Record : au lit à 5h30!

Avis aux amis qui trippent sur le ski de fond, être aux Jeux c’est parfait pour parler rapidement aux athlètes, mais pour vivre pleinement l’ambiance des courses, c’est vraiment mal foutu. La zone mixte (où les athlètes passent après leur compétition pour parler aux journalistes) est cachée entre la tente VIP du CIO et des conteneurs transformés en bureaux. Nous avons des places réservées dans les estrades, sauf que dès que la course se termine nous devons rusher parmi les spectateurs qui quittent le stade pour arriver à temps dans la zone mixte et être sûr de parler aux athlètes. On ne peut pas prendre de chance de rater les athlètes, alors on regarde les courses sur les télés dans la zone mixte.

Au sprint individuel, Alex et Dasha auraient espéré mieux que de s’arrêter en ronde des quarts. Pas de bullshit en entrevue, ils disent ce qu’ils pensent et donnent l’heure juste. Et on sent aussi qu’ils sont contents de nous voir.

Chandra Crawford a peiné en qualifications. Son style n’était pas fluide, elle qui est pourtant meilleure en style libre, ce qui était le cas de l’épreuve de mardi. Elle n’est même pas passée proche de se qualifier. Elle a fait quatre années de plus pour avoir la chance de skier un sprint style libre aux Jeux, elle qui avait remporté l’or à cette épreuve à Turin huit ans plus tôt. Elle nous a expliqué, en français, et avec un accent ô combien charmant, que tous ces efforts en valaient la peine et qu’elle meurt d’envie de travailler à plein temps pour Rapides et Radieuses, l’organisation qu’elle a fondée. Vous êtes class mademoiselle Chandra.

Peu de temps après la ronde des quarts, l’Américaine et grande favorite Kikkan Randall était éliminée. Randall exclue du podium, c’est comme si Bilodeau ou Kingsbury n’avaient pas remporté de médaille. À la sortie de la zone mixte, elle tentait de retenir ses larmes. Son amie canadienne Perianne Jones l’a prise dans ses bras, comme pour lui dire : « ce n’est pas grave. C’est correct de pleurer, de lâcher un gros morceau. » Kikkan a fini par se laisser aller.

C’est juste du sport. On n’appelle pas ça des « Jeux » olympiques pour rien. Certains ont tendance à l’oublier. »


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