21 février 2014

La structureuse, pour mettre les skis de fond en musique

ROSA KHOUTOR (Russie) - Comme un disque vinyl dont on trace les microsillons pour que la musique s'y imprime, la structureuse est un outil qui trace sur la surface de contact des skis de fond un dessin permettant aux athlètes de jongler au mieux avec les différents type de neige.

"On utilise la structureuse, soit pour la conservation de l'eau pour la semelle si la neige est froide, soit pour l'évacuer s'il y en a beaucoup", explique Johann Gauthier, en charge de la manoeuvre pour les équipes de France de ski nordique.

"Passer les skis à la structureuse prend une trentaine de minutes. La durée de vie des structures et des skis est courte. On doit passer les skis à la structureuse toutes les 3 semaines. En général, on les passe 6 à 8 fois en tout et après les skis ne sont plus utilisables", ajoute-t-il.

Physiquement, la structureuse ressemble à une sorte de meule, avec une pierre sur laquelle des diamants forment les dessins. L'objet coûte cher, 120.000 euros, prix auquel il faut ajouter l'utilisation de deux meules par an (1000 euros x 2) et une quinzaine de diamants à 400 euros pièces par an. L'équipe de France est propriétaire de la sienne depuis 2007, et c'est un soulagement.

Avant, il n'était pas rare de voir les techniciens obligés de traverser l'Europe en pleine nuit, entre le lieu de compétition où ils se trouvaient et l'Italie, où se trouvait la structureuse que les Bleus utilisaient en location. Désormais, la structureuse accompagne les équipes de France, d'autant plus que depuis janvier, les équipes de nordique disposent d'un camion technique high-tech qui peut se déplacer sur les épreuves (il n'a toutefois pas pu venir à Sotchi, le déplacement étant trop compliqué).

L'idée de base de la structureuse est de transformer la neige en eau, d'une épaisseur infime (quelques microns) pour que les skis glissent. "Les skis glissent sur l'eau, pas sur la neige", rappelle Gauthier.

Chaque athlète dispose d'une vingtaine de paires de skis, selon que le fond de neige soit compact, humide ou non, froid ou non. Pour la sélection des skis, c'est la taille des grains de neige qui est analysée. Le technicien a appris à s'en servir de manière empirique. "Il n'existe pas de schéma de dessin. Avec l'expérience, on arrive à mieux faire correspondre certains dessins avec tel ou tel type de neige, selon qu'elle soit humide, sèche, fine", explique-t-il. Une fois le dessin tracé, les skis passent ensuite au fartage, où là encore, avec 300 sortes différentes de produits, la bonne alchimie est à trouver. Ensuite, en bon chef d'orchestre, les fondeurs, biathlètes et "combinés" n'ont plus qu'à jouer leur partition.


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