9 mars 2012

OSLO, Norvège | Aux abords du sentier mythique de Holmenkollen, demain, Alex Harvey pourrait percevoir des encouragements en québécois.

Pierre-Nicolas Lemyre se promet d’assister à la course prestigieuse avec sa conjointe et leurs trois enfants de 6 ans, 5 ans et 14 mois. Pour avoir fréquenté le Centre national Pierre-Harvey et tenté en vain de se qualifier pour les Jeux olympiques de 1998, ce Montréalais d’origine connaît plus que le ski de fond. Il explore aussi les émotions de certains des plus grands athlètes de la Norvège, maintenant qu’il dirige et enseigne au département de psychologie à l’université du Sport d’Oslo.
« Quand les enfants sont couchés, le soir, je prends mes skis et je peux m’entraîner dans la même piste qui sert pour la Coupe du monde », nous dit cet homme de 40 ans pour exprimer son bonheur de vivre dans le pays berceau du ski de fond.
Une référence
Son premier contact avec la Norvège remonte à 1996. À l’invitation d’un ami skieur, il s’est joint à un club de compétition à Alta, une petite ville située à plus de cinq heures de route au-delà du cercle polaire. Après son échec afin de se qualifier avec le Canada pour les Jeux de Nagano, il est revenu en Amérique du Nord pour compléter une maîtrise en psychologie sportive, tantôt à l’Université St. Lawrence, dans l’état de New York, tantôt en Arizona.
Derrière une championne
La poursuite d’un doctorat à Oslo devait ensuite fixer son avenir lorsqu’il a plus tard décroché un poste pour y enseigner. Depuis, Pierre-Nicolas Lemyre est devenu un acteur dans le système sportif de cette puissance mondiale en sports d’hiver. D’abord associé avec l’équipe nationale de hockey sur glace, son approche a ensuite été sollicitée par celle du biathlon.
« Ce qui est plaisant ici, c’est que tout le monde s’intéresse au sport de haut niveau », partage le Québécois, souvent appelé à commenter les résultats des meilleurs athlètes du pays à la télévision nationale.
Aux Jeux olympiques de Vancouver, il a travaillé notamment auprès de Tora Berger, à qui il a permis de se défaire de son étiquette d’éternelle quatrième. La médaille d’or de Berger à l’épreuve individuelle à ces Jeux était la 100e du pays dans l’histoire olympique, un symbole qui a valu à Lemyre d’être invité lui aussi à la réception donnée par le roi Harald à leur retour au pays.
« C’est ce qui a fait mon entrée dans le sport d’élite », dit-il aujourd’hui.
Tricoté serré !
Cette semaine, le Québécois revient de Ruhpolding, en Allemagne, où Berger a conservé son titre de championne du monde du 15 kilomètres. Un solide lien de confiance s’est développé entre le Québécois et l’une des plus grandes vedettes du pays.
« L’un des loisirs de Tora est le tricot. Nos trois enfants font beaucoup de jaloux parce qu’elle leur a tricoté des chandails », s’amuse fièrement le papa.
Besoin d'aide
Le statut de champion du monde augmente la popularité. La dernière année a donc convaincu Alex Harvey de s’adjoindre les services d’un responsable de son agenda. Denis Villeneuve, pharmacien de profession et ami de son père Pierre, a accepté d’accompagner le fondeur de 23 ans dans la sélection des causes pour lesquelles il est sollicité.
« Toutes les causes sont importantes pour moi, mais j’ai réalisé que j’ai pris trop d’engagements après la saison dernière. Les mois d’avril et de mai ont été difficiles. J’avais dit oui à un paquet d’événements, mais il y avait aussi l’entraînement, en plus de ma session d’été à l’université. J’ai réussi à m’en sortir, mais deux semaines de plus à ce rythme-là, ça aurait probablement été trop » , estime-t-il.
Dans les valises
Quand Alex Harvey retrouvera Saint-Ferréol-les-Neiges, au terme des finales de la Coupe du monde le 18 mars, il sortira d’un séjour de quatre mois et demi en Europe. La vie prolongée dans les valises lui va bien, du moins jusqu’à maintenant.
« Le pire endroit, je dirais Kuusamo (en Finlande, fin novembre), cible-t-il. Il fait noir à partir de 14 h et la nourriture n’est pas terrible. Y a souvent des patates bouillies ! »
Une complicité
Partager la même chambre d’hôtel, la même table aux repas et parfois la même marche d’un podium a mené à une riche complicité entre Alex Harvey et Devon Kershaw. Les deux athlètes se connaissent bien et le souci d’excellence leur profite mutuellement.
« Si l’un va moins bien une journée, l’autre le relance dans l’entraînement. Chaque jour, j’ai la chance de skier avec l’un des meilleurs au monde, un gars qui est actuellement troisième au classement de la Coupe du monde. Ce n’est pas rien », souligne le Québécois, qui occupe le sixième rang.
Certains jours, la connivence permet aussi de détecter chez l’autre un moral à la baisse. Ces choses-là se voient. S’agit alors de respecter la bulle.
« Oui ça arrive, mais je ne peux pas dire qu’on se laisse tranquille souvent ! », prend la peine de préciser Harvey.
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