9 mars 2012

OSLO, Norvège | N’entre pas qui veut dans la riche histoire du ski de fond en Norvège. Depuis leur consécration comme champions du monde sur ce sol, l’an dernier, Alex Harvey et Devon Kershaw s’y sont invités pour toujours.

Pour la première fois depuis le 2 mars 2011, les deux lascars reviennent sur les lieux de leur « crime ». C’est ici, dans la montagne de Holmenkollen qui surplombe Oslo et ses fjords, que les deux Canadiens avaient trafiqué à leur avantage un scénario que les organisateurs n’avaient pas imaginé ce jour-là. Un an plus tard, un doux souvenir a envahi les champions du monde au sprint par équipe, durant leur entraînement léger d’une heure et demie dans La Mecque du ski de fond.
« Ce fut une belle sensation. L’an passé, on n’avait pas vraiment eu le temps de savourer le moment parce qu’il y avait d’autres courses les jours suivants. Mais là, en revenant ici, on a pu replonger dans l’ambiance, même si le stade est vide », a exprimé Harvey, entre deux bouchées d’une généreuse portion de pâtes.
« Durant le premier tour qu’on a fait dans le stade, j’ai fermé les yeux et me suis dit : Ah! Un an après, c’est bien ici qu’on a gagné. J’ai revu les images dans ma tête », en a remis son coéquipier Kershaw.
Plus au sérieux
Depuis sa victoire à la poursuite des championnats mondiaux pour les moins de 23 ans, en janvier 2011, la communauté internationale percevait déjà les promesses du jeune Harvey. Kershaw, quatre fois médaillé durant le Tour de Ski quelques semaines plus tôt, possédait déjà son identité après sept années sur la Coupe du monde.
Mais du coup, cette médaille d’or historique du mercredi 2 mars a permis à Harvey et son pote de s’élever au statut des grands du ski de fond, toutes origines confondues. Dans une fin de course d’anthologie et sous le nez de 100 000 spectateurs, un jeune Québécois de 22 ans a planté à la ligne le favori national et spécialiste de ce genre d’épreuve, Ola Vigen Hattestad, pour donner au Canada sa première médaille d’or à un championnat du monde.
« Avant, on pouvait être perçu comme des négligés, des outsiders. Maintenant, ils nous prennent au sérieux », observe Harvey, sans pourtant jouer au fanfaron, afin de décrire l’effet qu’a eu leur titre auprès des autres skieurs et entraîneurs de la Coupe du monde.
« Pour la foule, l’ambiance, la qualité de l’organisation. Les gens connaissent le sport et ils savent encourager. Évidemment, ils se rangent surtout derrière les Norvégiens, mais ils supportent aussi n’importe quel athlète. Il y avait des enfants le long de la piste, à l’entraînement d’aujourd’hui, et ils savaient qui on était. C’est unique. »
« Alex et Devon sont des vedettes, ici. Les Norvégiens sont très conscients de ce que leur titre au championnat du monde signifie en terme d’efforts. Surtout de la part de deux Nord-américains », témoigne Pierre-Nicolas Lemyre, un Québécois qui vit à Oslo depuis une dizaine d’années.
page mise en ligne par
Consultez
notre ENCYCLOPÉDIE sportive
On comprend mieux le lien affectif que nourrit le fondeur de 23 ans pour ce pays de neige. C’est à Trondheim, où l’épreuve mythique des 50 kilomètres de Holmenkollen avait été déplacée en 2009, qu’il a gagné sa première médaille en Coupe du monde (3e). À Drammen, lui et Kershaw avaient terminé deuxième au sprint par équipe, le 20 février 2011. Puis, il y a eu les mondiaux. « Mon coup de cœur », dit-il de la Norvège et surtout d’Oslo.
