25 mars 2012

Unis aussi dans la victoire

Les fondeurs canadiens Alex Harvey et Devon Kershaw ont décidé de franchir la ligne d’arrivée de l’épreuve de 50 km des Championnats canadiens en compatriotes, et non en compétiteurs, hier, s’assurant que leur puce électronique franchisse la ligne en même

Possédant près de 2 minutes et 30 secondes d’avance sur leur compagnon Ivan Babikov lors du dernier droit de la course, les deux amis ont laissé tomber l’idée d’un sprint final, décidant plutôt de terminer l’épreuve bras dessus, bras dessous, en levant les bâtons en l’air, au grand plaisir des nombreux amateurs présents au Mont-Sainte-Anne. Ils concluaient ainsi une saison de rêve, où Kershaw aura décroché le deuxième rang au cumulatif de la Coupe du Monde, et Harvey le 6e.

« Vers la fin, on avait une grosse avance sur les autres. Alors, on s’est rendu compte qu’on ne serait pas en mesure de se semer l’un et l’autre. Donc, on a décidé de rester ensemble », a expliqué Harvey au terme de la dernière épreuve.

Kershaw heureux
Le soleil luisait sur les sourires des skieurs canadiens, qui attendaient ensemble au fil d’arrivée que chacun des membres terminent l’épreuve. Pour Devon Kershaw, la finale était tout simplement la meilleure façon de terminer cette belle saison que l’équipe venait de connaître.

« La saison a été vraiment bonne pour toute l’équipe. Aujourd’hui (hier), on a poussé ensemble. Dans les derniers 10 km, avec notre avance d’environ trois minutes, on a réalisé qu’on avait tout les deux gagné (lui et Alex Harvey). Je pense que c’était la bonne façon de terminer la saison. Ça me fait plaisir » , a souligné le deuxième meilleur fondeur du monde.

Victoire de Babikov
La troisième position d’Ivan Babikov agissait comme un baume sur la plaie du fondeur, qui n’a pas connu la saison espérée, finissant au 52e rang mondial.

« Ça a été une année difficile pour moi en raison des blessures et de la maladie. Il valait mieux mettre ça derrière moi et me dire que je serai meilleur l’an prochain.

« Alex et Devon sont très difficiles à suivre. Je suis fier de terminer sur le podium avec eux, aujourd’hui. »

Cadeau à papa
Une semaine après avoir offert tout un cadeau à son père, Pierre, en remportant une épreuve de la Coupe du monde à Falun, en Suède, sur la même piste où ce dernier avait gagné, 25 ans auparavant, Alex Harvey en a fait de même, hier, à l’occasion de l’anniversaire du paternel, qui fêtait ses 55 ans.

« C’est le fun. Il était sur le bord de la piste et il nous voyait skier. Donc, c’était bien », souligne-t-il.

Maintenant, Harvey entend se reposer et soigner une blessure au dos qu’il traîne depuis quelques mois. Avant cela, en bon Québécois, il a amené, hier soir, ses compatriotes déguster une savoureuse poutine !

« En dents de scie » - Alex Harvey

Malgré son sixième rang au cumulatif en Coupe du monde cette année, Harvey estime avoir connu une saison en dents de scie.

La victoire ex æquo avec Kershaw lui a conféré le premier rang au cumulatif des championnats canadiens de ski de fond. Il termine donc la saison avec quatre podiums internationaux et trois titres canadiens.

« Ça a été une bonne saison. Ma première victoire, plusieurs podiums, dans les six premiers au cumulatif. Malgré tout, ça a été une saison en dents de scie; je ne me le cache pas. J’ai encore des choses à améliorer, je me connais mieux qu’avant et je suis prêt à l’an prochain. »

Plus fort mentalement
Le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges avoue avoir pu travailler sur sa force mentale, cette saison, un atout qu’il tentera d’amener lors de la prochaine saison.

« J’ai appris que je dois rester fort mentalement, même s’il y a des moments creux dans la saison. Le mois de février a été vraiment difficile, mais après, en mars, j’ai eu quelques podiums. Je suis capable de rebondir et je dois continuer de croire en moi. »

Évidemment, sa première position en Coupe du monde au sprint à Falun, le 16 mars, donne évidemment à Harvey quelque chose sur lequel il pourra bâtir, cet été. Il avoue même y avoir pris goût.

« Une fois que tu goûtes à la potion magique, tu as envie d’y goûter encore plus. Pour moi, le podium et la victoire, c’est ça, ma potion magique. Ma motivation, c’est de gagner chaque jour. »


Chandra Crawford brille de tous ses feux

Pour la deuxième fois en trois jours, Chandra Crawford n’a laissé aucune chance à ses adversaires, hier, remportant l’épreuve de 30 km par une quinzaine de secondes sur sa plus proche rivale.

La fondeuse de Canmore, en Alberta, a ouvert la machine lors des cinq derniers kilomètres et n’a jamais regardé derrière par la suite.

« Au cinquième tour (de six), je me sentais très forte et je me demandais si je devais passer. Par contre, ce n’était pas une attaque formelle. Je me suis plutôt rendue compte que je pouvais garder une certaine vitesse et creuser l’écart. »

Crawford a avoué également que le dernier passage était pour tester ses adversaires. En vrai livre ouvert, elle a même avoué sa stratégie aux membres des médias qui l’attendaient à la ligne d’arrivée.

« J’essaie d’avoir l’air plus essoufflée que je ne le suis vraiment afin que les autres pensent que je suis fatiguée ! J’étais vraiment confortable. »

Une première
Malgré tout, elle était surprise que personne ne soit parvenu à la suivre en fin de parcours.

« Mes compétitrices sont extraordinaires. J’avais vraiment d’excellents skis, j’étais très rapide. »

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la médaillée d’or en sprint aux Jeux olympiques de Turin, en 2006, n’avait jamais, avant hier, gagné une épreuve de 30 km. Elle cachait donc mal sa satisfaction.

« Je me l’étais dit : le 30, je le veux ! J’ai pensé à ça pendant l’été et j’ai implanté l’idée très profondément dans mon subconscient. Je suis très heureuse ! »

Pas fini
Si, pour les hommes, la saison a pris fin, hier, ce n’était pas le cas de Chandra Crawford, qui participera aux championnats nationaux américains à Craftsbury, au Vermont du 26 au 31 mars.

Connaît-elle la signification du mot repos ?

« Ah, hier (vendredi), j’étais vraiment affectée par le décalage. Par contre, j’ai pensé à une phrase de Beckie Scott, qui disait qu’il ne fallait pas trop dormir avant une compétition et se dire que tout allait bien aller. Elle était toujours forte dans la tête; alors, j’ai essayé de ne pas y penser.

Au moins, elle n’aura pas à s’en faire avec le décalage, au Vermont.

« Je suis sur un high maintenant. Donne-moi une autre semaine et là on va s’en ressentir ! Au moins, je serai de retour chez moi à Canmore et je vais pouvoir dormir. »

Comeau s’affirme

Compétitrice chez les juniors (19 ans et moins) malgré ses 15 ans, Anne-Marie Comeau a tout de même trouvé le moyen de monter sur la troisième marche du podium à l’épreuve du 20 km.

La championne en titre au Canada chez les juvéniles a terminé à 20 secondes de la fondeuse de 19 ans Rebecca Reid, qui a pris le deuxième rang de l’épreuve remportée haut la main par Maya Macisaac-Jones. Celle-ci a terminé avec un peu moins d’une minute d’avance sur Reid.

Comeau ne s’était pas fixé d’attentes avant de prendre part à la course chez les juniors. Sa troisième position l’a donc surprise.

« Je ne m’attendais pas à grand chose. Je voulais juste donner mon max et avoir du plaisir et c’est ce que j’ai réussi à faire. Je suis contente d’avoir fini troisième, je ne m’y attendais pas. »

L’athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges avoue ne pas avoir réalisé, avant le dernier tour, qu’elle était en voie de réussir quelque chose d’exceptionnel.

« Je n’y pensais pas trop pendant la course parce que je ne voulais pas me donner trop d’espoir. Au dernier tour, j’étais bien positionnée et ça me donnait plus de jus. J’étais donc confiante puisque j’étais encore en forme. »

Plus de pression ?
Comeau ne voit pas sa troisième position chez les juniors comme une pression de répéter l’exploit.

« Je ne dois pas me donner des objectifs trop grands pour le moment. Je dois y aller modérément. Quand j’aurai 19 ans, je vais me donner de plus gros objectifs », estime sagement celle qui espère pouvoir participer aux Jeux olympiques de 2018 à l’âge de 21 ans.


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