17 mars 2012

Une ascension qui ne fait plus de doute

FALUN, Suède - Alex Harvey et Devon Kershaw détiennent maintenant leur carte de membre d’un club sélect.

Leur double montée sur le podium de vendredi et leurs places dans le top 10 de la Coupe du monde pourraient avoir assis leur autorité internationale pour de bon. L’Europe, mieux connue comme la planète du ski de fond, reconnaît que les Canadiens ont fini de jouer les faire-valoir.

L’émergence d’un spécialiste du sprint issu du Centre national Pierre-Harvey, Len Valjas, contribue aussi à ce respect qu’éprouvent maintenant les observateurs de ce milieu dans lequel les opinions favorables se gagnent à la dure. Lorsque même la Norvège salue leur valeur, c’est parce que la consécration est acquise !

« Les skieurs norvégiens perçoivent Kershaw et Harvey comme des menaces pour eux. Ils appartiennent à la catégorie de skieurs qui peuvent se signaler autant dans les épreuves de sprint que de distance, et ça, ils sont rares dans le circuit. Il y a Dario Cologna, Petter Northug, et c’est presque tout », affirme Jann Post, commentateur de la Coupe du monde de ski de fond à la télévision nationale de Norvège.

Skieur complet
Déjà éminemment considéré pour les épreuves de distance malgré son jeune âge de 23 ans, Alex Harvey a révélé ses aptitudes pour les épreuves dites de vitesse pure, vendredi. Le prologue de 3,3 kilomètres a identifié la réelle polyvalence des athlètes. En devançant des cracks comme Dario Cologna, Devon Kershaw ou Marcus Hellner, « Alex a laissé un message », a résumé l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne, Justin Wadsworth.

« Je revois Pierre en lui parce qu’il est capable de bien se comporter dans les longues distances. Mais ce qu’il y a de différent de lui, c’est qu’il est nettement plus fort aussi dans le haut du corps. C’est un gars qui peut être très rapide dans les 100 derniers mètres. Il l’a prouvé aux championnats du monde l’an dernier », le décrit Torgeir Bjoern, analyste à la télé norvégienne.

Un atout : la personnalité
Ex-athlète de la Coupe du monde, ce Bjoern s’est souvent époumoné dans les mêmes sentiers que Pierre Harvey. Il nous a rappelé sa 10e position à la prestigieuse course des 50 kilomètres de Holmenkollen, en 1988, un résultat qu’il évoque aisément puisqu’il avait terminé derrière un champion dénommé Harvey. L’impression favorable qu’il a toujours gardée des « Canadiens » ne changera pas, certes, avec l’ascension de Kershaw, Len Valjas et du jeune modèle Harvey, nouvelle génération.

« Les Canadiens dégagent l’image d’être plutôt cool et sympathiques. Ça change de l’atmosphère européenne propre au ski de fond. Ils viennent d’un autre continent et ils performent, alors c’est sûr que c’est bon pour notre sport », se réjouit Torger Bjoern, un personnage populaire dans son pays.


Valjas, le plus surpris

FALUN - « Quand je suis arrivé dans le dernier droit, je me voyais encore dans le groupe de tête. Je me suis demandé : est-ce que j’ai raté un virage, pris un raccourci ou il y a quelque chose d’autre ? »

Rigolo, ce Len Valjas. Ce produit du Centre national d’entraînement Pierre-Harvey a signé son troisième podium de la saison, son deuxième après le sprint de Stockholm de mercredi. Ses succès rejaillissent sur le programme du Mont-Sainte-Anne dirigé par Louis Bouchard, d’autant plus que Valjas vient de gagner une épreuve de distance, lui qui était reconnu jusque-là comme un spécialiste du sprint.

« Tous les podiums sont satisfaisants. Je ne peux pas y croire, c’est toujours un bon feeling. Et c’est toujours une surprise pour moi », faisait l’Ontarien d’origine, pour qui Saint-Ferréol est devenue sa terre d’accueil.


Le choix de Québec se défend

FALUN - Ce n’est pas comme si le chat sortait du sac; on devine que l’attribution d’une Coupe du monde à Québec n’est pas étrangère au statut acquis par le tandem Alex Harvey-Devon Kershaw.

« Quand une demande d’obtenir un événement nous est déposée, il est important d’avoir de bons arguments. En Europe, on accorde les coupes du monde surtout à des pays. Le ski de fond est tellement populaire dans la plupart des pays qu’on n’a aucune crainte d’y tenir un événement qui pourra attirer plus de 10 000 spectateurs. Dans le cas de Québec, le nom d’Alex Harvey était devenu un naturel pour nous », avoue Sandra Spitz, de la Fédération internationale de ski (FIS), qui agit comme coordonnatrice auprès des médias pour la Coupe du monde de ski de fond.

« Bon pour notre sport »
La réputation atteinte par les skieurs canadiens réjouit certes la FIS, qui étend ainsi sa portée dans de nouveaux territoires. La Coupe du monde des 8 et 9 décembre 2012 se déroulera en sprint individuel et en équipe, celle-ci qui a permis à Harvey et Kershaw de conquérir l’or aux championnats du monde de 2011. Cette première expérience à Québec se jouera en après-midi, ce que le décalage horaire projettera dans le gros bouillon de cote d’écoute en soirée en Europe.

« Ce que Devon et Alex font pour notre sport est très bon. Je pense que leur popularité chez vous ne fait plus de doute. En conséquence, ça contribue à augmenter la visibilité du ski de fond au Canada. C’est important d’avoir quelques stars. Ça agrandit notre famille », expose la porte-parole de la FIS.


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