17 mars 2012


Pierre Harvey a savouré avec son fils, Alex, sa première victoire en Coupe du monde, là où il avait fait de même il y a 25 ans
photo : Alain Bergeron

« Petit malcommode… »

FALUN, Suède | « P’tit malcommode... »

La boutade échappée par Pierre Harvey transcendait le remous d’émotions exprimées en pleurs et en accolades un peu plus tôt. Sortant du stade avec, à la main, le bouquet offert à son fils sur l’estrade, sa courte phrase, une fois décodée, signifiait : « Il l’a fait. Il vient de gagner sa première Coupe du monde ici, exactement où je l’ai fait il y a 25 ans. »

« Je me souviens de ce que ça procure comme émotions que de gagner une Coupe du monde pour la première fois », avait-il exprimé durant les cérémonies protocolaires, les yeux mouillés et les trémolos dans la voix.

« Alex connaissait déjà la sensation d’être champion du monde (en équipe avec Devon Kershaw). Gagner une épreuve individuelle maintenant, c’est sûr que c’est la plus belle journée de sa carrière. Comme il l’a dit : on se sent on the top of the world. Au moins une fois dans ta vie, tu peux avoir le feeling d’avoir été le meilleur au monde durant une journée. »

Plus fort que sa propre victoire
Cette date du 16 mars 2012 bousculera celle du 7 mars 1987 dans le livre des souvenirs du père. Voir de ses yeux son fiston signer sa première victoire revêt plus de signification que la sienne.

« C’est sûr que oui. Tu aimes plus ton enfant que ce tu as fait personnellement. Pour moi, c’est du passé. Moi, je m’entraînais depuis 20 ans quand c’est arrivé soudainement. Mais quand tu vois ton enfant le faire, c’est plus touchant, d’autant plus que ce fut une course très serrée », a formulé le père, qui se demande ce qui pourrait arriver de plus beau à Alex sur ses planches.

« Pas grand-chose, sinon que de continuer à être heureux dans ce qu’il fait. Peut-être une médaille olympique ? Il a été champion du monde chez les seniors et chez les moins de 23 ans, il vient de gagner une Coupe du monde. La prochaine étape pourrait être une médaille olympique, même si ça demeure un jeu de poker. Par contre, il a prouvé qu’il a le talent pour y arriver. »


Kershaw jubile

Alain Bergeron

FALUN | Devon Kershaw en oublie qu’il a terminé troisième le jour même où son copain Alex Harvey remporte sa première victoire en Coupe du monde.

« Je suis content de vivre ma carrière en même temps que celle d’Alex. C’est un athlète qui a très confiance en lui, alors que, pour moi, il s’agit probablement de ma plus grande faiblesse. En partageant mes entraînements avec lui, en vivant à l’hôtel avec lui depuis cinq mois, je le prends comme un grand avantage pour moi », a commenté celui qui terminera deuxième au classement général de la Coupe du monde.

Nouvelle puissance
Après Len Valjas, troisième au sprint de mercredi à Stockholm, le Canada fait la démonstration qu’il appartient bel et bien à la planète du ski de fond.

« C’est une belle journée, il n’y a pas de doute. Quand un de nos athlètes monte sur le podium, ça devient un événement. Quand il y en a deux, c’est wow ! », a exprimé l’entraîneur en chef Justin Wadsworth, convaincu par cette victoire qu’« Alex vient de laisser un message pour la prochaine saison ».

« Le ski de fond se pratique au Canada depuis une centaine d’années. Voir deux Canadiens sur le podium le même jour, je suis content de faire partie de cette histoire », a illustré Kershaw, jamais à court d’images.


Ce n’est pas encore fini

Alain Bergeron

FALUN | Historique au niveau personnel, la victoire d’Alex Harvey a aussi des conséquences sur sa fin de saison.

Après sa 14e place au sprint de mercredi à Stockholm, le Québécois occupe maintenant le deuxième rang de ces finales de la Coupe du monde, considérées comme un « mini-tour de ski » avec ses quatre épreuves.

Harvey nourrit ainsi son objectif de terminer parmi les trois premiers de ce concours ultime, ce qui pourrait du coup améliorer sa position au classement final de la Coupe du monde. Avec l’épreuve de 15 km en style classique d’aujourd’hui, il restera celle des 15 km en style libre demain, dans laquelle les skieurs s’élanceront tout à tour selon leur position et leur écart au temps cumulatif.

« Si je pouvais monter sur le podium à ce mini- Tour, ce serait bien », a ciblé Harvey comme objectif immédiat après sa victoire d’hier.


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