16 mars 2012


La "une" du Journal le 17 mars

Au nom du père et du fils

FALUN, Suède - La génétique nous a rappelé la beauté de ses pouvoirs vendredi, dans le stade de Falun, en Suède, où Alex Harvey a signé sa première victoire en Coupe du monde sur le même sol où son père, Pierre, en avait fait autant il y a 25 ans.

Pour ajouter de la magie à cette journée, Pierre se trouvait à quelques mètres de la ligne lorsque son fiston a terminé le prologue de 3,3 km en style libre avec le chrono le plus rapide : 8 min 16 s. Même le costaud Dario Cologna, champion de la Coupe du monde, n’a pas réussi à gâcher la fête. Le Suisse a terminé deuxième et le grand ami de Harvey, Devon Kershaw, a alimenté le bonheur canadien en le rejoignant sur le podium.

« J’ai le feeling d’être sur le toit du monde. Je m’entraîne parce que j’aime le faire, mais je m’entraîne aussi pour espérer vivre la sensation de gagner une course », a exprimé la coqueluche du jour, qui obtient ainsi son sixième podium en carrière, dont cinq individuels.

« C’est une chance pour moi de voir ça de mes yeux », a dit fièrement le père, de retour là où il a remporté deux de ses trois victoires en Coupe du monde, en 1987 et en 1988.

« Quand tu es à la maison et que tu essaies d’appeler ou de regarder la course à la télé ou sur ton ordinateur, ce n’est pas le même feeling que de pouvoir parler à son fils tout de suite après, de pouvoir le toucher. »

À prendre au sérieux
Une génération plus tard, le nom de Harvey a rafraîchi son empreinte dans l’histoire du ski de fond de cette petite ville de Suède. Dans une deuxième moitié de parcours où il a su rattraper le retard perdu, le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges croit avoir laissé un message qui s’adresse cette fois à la génération actuelle de son sport.

« Il faut me prendre au sérieux, a-t-il rappelé avec le sourire. Si ça avait été une épreuve de 15 km, j’aurais probablement gagné aussi. J’étais juste dans une bonne journée », faisait humblement remarquer le skieur de 23 ans, qui affirme n’avoir jamais douté de remporter un jour une épreuve individuelle.

« Non, je n’ai jamais douté. À ma première année senior en 2009, Devon faisait déjà des podiums et j’en avais aussi fait deux (deux médailles de bronze). Ce n’était rien de spécial à ce moment, parce que nos gars commençaient déjà à rouler. Alors, j’ai été chanceux de profiter de cet effet. Dès ce moment, je savais dans ma tête que je pourrais un jour gagner une course individuelle. Ça a juste pris trois années supplémentaires ! »

Pas le temps de célébrer
Il était plus de 18 h quand le tourbillon Harvey a quitté le stade Lugnet, à Falun, et la nuit était déjà engagée. L’épreuve de 15 km classique de ce matin commandait de la retenue dans les émotions.

« On va partager cette victoire demain, a-t-il promis. Il n’y a pas de folie à faire, parce que j’aimerais gagner la prochaine course. Et celle de demain aussi. »

Le prendre au sérieux, qu’il a dit.


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