16 mars 2012

D'une famille à l'autre

Encore trois jours et je rentre chez moi. Le bonheur de retrouver les miens prendra le relais de celui que mes amis de l’équipe canadienne m’a apporté durant les cinq derniers mois en Europe.


Propos recueillis par Alain Bergeron

Évidemment, je préfère mon lit à la maison, mais j’arrive quand même à bien dormir partout. Parfois, les chambres sont petites et il faut pratiquer notre slalom entre mes vêtements étendus d’un coin à l’autre et ceux de mon cochambreur, Devon Kershaw, mais bon... Je m’adapte plutôt bien à la vie dans les hôtels.

Deux irritants
Il y a deux choses, par contre, pour lesquelles je ne suis plus capable. La première, c’est de faire et défaire ma valise tous les deux ou trois jours. Ça, vraiment ! Ouvre la valise, referme la valise, déplie le linge, remballe le stock; au bout de cinq mois, ça travaille la patience.

L’autre truc qui agace, c’est de devoir trouver une laveuse dans une ville où on débarque. En dehors du ski, il y a la vie de tous les jours pour nous aussi; alors, il faut bien s’adonner à une brassée de temps à autre. Mais encore faut-il que ce soit possible. Et raisonnable.

Ici à Falun, l’hôtel nous donne accès à des laveuses, ce qui sauve bien des soucis. Mais à Oslo, la semaine dernière, on se serait fait laver, c’est le cas de le dire. L’hôtel nous chargeait l’équivalent de 7,90 $ pour une paire de bas, autour de 15 $ pour un t-shirt.

Vive Devon !
Je retrouve ma famille et j’en laisse une que j’aime aussi. L’atmosphère qui s’est développée depuis l’arrivée de l’entraîneur-chef Justin Wadsworth rend l’éloignement plus facile à apprivoiser. Nous avons compris qu’une belle ambiance devait devenir notre force. On détecte lorsqu’une fille ou un gars du groupe a le moral moins jojo. L’un de la gang l’amène prendre un café. Une fois par semaine ou tous les 10 jours, on essaie d’aller souper tous ensemble. C’est bon de sortir de l’hôtel pour parler à quelqu’un d’autre que son cochambreur.

Ça permet aussi de relancer le souffre-douleur du groupe. Sur Twitter, le « DPD », c’est pour le « Devon Panic Day »! C’est mourant comment ce gars-là n’est pas capable de prendre seul des décisions. Au réveil le matin, ce sont les mêmes questions existentielles qui reviennent : quelle lunette penses-tu que je devrais porter, quelle combinaison pour me protéger du froid ? Il ne sait jamais quel gilet, quels bas.

Aux qualifications du sprint de mercredi, à Stockholm, pour moi il était clair une demi-heure avant le départ que j’allais prioriser la double poussée avec les bras plutôt que les jambes en style classique. À la ligne de départ, Devon ne savait pas encore. Comme il portait le dossard numéro un, il aurait aimé voir partir les premiers pour décider ensuite. Un runninggag !

Notre première poutine
Après les finales de la Coupe du monde, tout le monde rentre à Québec pour les championnats canadiens. On s’est dit qu’on allait en profiter pour amener Ivan Babikov manger sa première poutine à vie.

On ne se cachera pas qu’on a commencé à planifier un peu nos vacances. Quand on se quittera après les championnats, peut-être aura-t-on réglé un autre tracas de Devon. Depuis trois mois, il nous dit qu’il magasine une nouvelle voiture. Une journée, il rêve d’une camionnette, le lendemain d’une voiture familiale à quatre roues motrices, d’autres fois d’une Jeep…


En page 2 du Journal


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