14 mars 2012


Organiser une Coupe du monde de ski de fond autour du palais royal n’est pas une mince tâche..
photo : Alain Bergeron

Si Stockholm peut le faire…

STOCKHOLM, Suède - Si Stockholm y arrive autour de son palais royal, Québec ne peut craindre d’être trop à l’étroit pour la Coupe du monde de ski de fond sur la festive Grande Allée, en décembre prochain.

Le va-et-vient de la machinerie et l’installation de clôtures le long du parcours de 1,1 kilomètre, dans la vieille ville de la capitale suédoise, témoigne qu’il n’existe pas de contraintes pour organiser ces épreuves urbaines de sprint. Quand la Fédération internationale de ski ( FIS) débarque, même la garde royale, qui surveille le palais depuis 1573, consent à briser sa routine.

Québec empruntera cette voie des épreuves urbaines, les 8 et 9 décembre prochain, pour accéder pour la première fois à la Coupe du monde de ski de fond. Inévitablement, le parcours prévu sur Grande Allée et les plaines d’Abraham subira le jeu des comparaisons avec les autres villes du monde.

« Les chances de succès résident dans les villes et pays où il y a une certaine tradition de ski de fond. Si je prends l’exemple de Moscou (le 2 février), on peut presque parler d’un flop puisqu’il n’y avait pas de spectateurs. Chez vous, il y a quand même une culture autour de ce sport. Ça ne se présente pas trop mal avec Alex Harvey, qui a atteint un haut niveau international », donne à entendre Pierre Mignerey, directeur adjoint de la Coupe du monde de ski de fond.

Visibilité
Les employés de bureau devraient prolonger leur heure du lunch, cet après-midi, pour venir flâner autour du parcours. Dans un spectacle plutôt inusité pour ces murs, la horde de skieurs réussira à détourner l’oeil du visiteur, qui trouve pourtant son compte dans la richesse architecturale de la vieille ville.

Plus de 500 000 Suédois surveilleront la compétition en direct à la télé, plus de 20 millions en Europe. Stockholm enseigne comme leçon à Québec que la Coupe du monde de décembre prochain projettera les images de la ville dans de multiples pays.

« Si les courses ont lieu chez vous en après-midi, ça veut dire qu’elles passeront à 20 h en Suède. Il y aura assurément un million de Suédois qui vont les regarder, estime Ulf Rask.

« Il y a quand même un décor historique à la ville qui est différent d’une course entre des immeubles, comme à Dusseldorf. Québec et le continent nord-américain, on n’y va très peu en comparaison à l’Europe centrale et la Scandinavie. Juste pour ça, les athlètes sont excités à l’idée de Québec, même si ce sera durant une année olympique » , exprime Mignerey, qui deviendra le grand patron du circuit à compter de la saison prochaine.

Devant le roi et le prince

Le roi Charles XVI Gustave a donné son autorisation à ce que les enfants de la Coupe du monde de ski de fond s’amusent sur sa propriété. Venant d’un passionné de ski, le contraire aurait surpris.

Alex Harvey et Devon Kershaw s’exécuteront devant le 68e roi de Suède à l’épreuve d’aujourd’hui. Le monarque assistera à la journée depuis une estrade en bois, avec des « gens normaux », disaient la plupart des bénévoles affairés à préparer le site. Il sera accompagné de son fils, le prince Carl Philip.

« L’organisation doit parler au roi pour tenir cette Coupe du monde, mais disons que c’est plutôt une formalité », indique Ulf Rask, porte-parole du comité organisateur.

Celui qui règne sur le pays depuis le 15 septembre 1973 a participé à la célèbre Vasaloppet, il y a une vingtaine d’années. Cette épreuve d’endurance de ski de fond, qui se déroule sur 90 kilomètres, a également vu le prince et la princesse Madeleine, deuxième et troisième enfants de sa lignée, s’y adonner aussi, il y a quelques années.

Comme un cycliste français qui souhaite gagner l’étape du 14 juillet au Tour de France, les skieurs suédois misent sur le sprint d’aujourd’hui pour flirter avec la renommée. L’an dernier, Emil Joensson avait réussi le coup et devenu, par conséquent, « roi d’un jour ».

« Je t’ordonne de gagner », lui avait dit à la blague le roi, avant le début de la course.


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