10 mars 2012

Harvey: une 29e place «bizarre»

OSLO, Norvège - Alex Harvey avait posé un pied dans l'histoire avec sa médaille d'or des championnats du monde de l'an dernier; il devra patienter avant de poser l'autre dans la légende de Holmenkollen.

À l'arraché, Harvey a pris samedi le 29e rang de l'épreuve mythique de 50 kilomètres, remportée par le chouchou du jour, Eldar Roenning. Au terme d'un sprint et d'une facture de 2 h 32 m 37 s en efforts, le Norvégien a battu à la ligne d'arrivée le Suisse Dario Cologna, meneur au classement général de la Coupe du monde de ski de fond.

Fin pénible
Le terme «épreuve» sied bien à ce qu'a vécu le Québécois durant sa journée. Le teint livide après son arrivée, il a mis une trentaine de minutes avant de commenter sa course.

C'est péniblement qu'il a franchi les centaines de mètres pour aller se réfugier dans la salle de fartage de l'équipe canadienne. Le peu d'énergie qui lui restait a tout de même servi à écarter une clôture de son chemin !

« Au quatrième tour [la course en comptait six], j'avais des douleurs et des crampes à des endroits bizarres, comme aux aines. À ce moment-là de la course, il restait encore deux tours et 16 bons kilomètres. Je me disais : il faut que je continue quand même de m'alimenter, mais je savais que ça n'irait pas en s'améliorant », a constaté Harvey, qui a du coup descendu du sixième au septième rang au classement cumulatif, derrière le Russe Maxim Vylegzhanin, quatrième du marathon de samedi.

Sous un ciel bleu de printemps et des skis au fartage adéquat, la journée ne s'annonçait pourtant pas trop mal. En apparence, du moins. Dans le coup pour la majorité de l'épreuve, Harvey a finalement réalisé, avec une quinzaine de minutes à faire, qu'il devait oublier la moindre satisfaction. Au 45e kilomètre, la horde à l'avant ne semblait pas vouloir lever le pied et Harvey, 20e et à 15 secondes du meneur, a fini de brûler la chandelle par les deux bouts.

« C'est moi. C'est juste moi qui n'étais pas super », a-t-il tranché, sans droit de réplique.

« Courir en Norvège est toujours le fun, mais on aurait dit que je n'étais pas à 100% au départ. J'avais moins d'énergie qu'à l'habitude. Déjà, après quelques tours, je sentais que ça allait être plus difficile que ce que j'avais espéré », a-t-il reconnu.

Des hauts et des bas
À l'aube de sa carrière, l'expérience éprouvante d'un 50 km semble engagée dans un rythme de hauts et de bas. Après avoir fait troisième à Trondheim, en 2009, il n'avait pas terminé la Holmenkollen de 2010. L'an dernier, il avait rôdé autour du podium avec son cinquième rang, encore ici dans le cadre des mondiaux d'Oslo.

« C'est toujours dur, une course de 50 km. J'en ai fait quatre dans ma vie et ce sont nettement les plus difficiles. J'avais quand même du plaisir à skier aujourd'hui (samedi), mais c'était trop », a-t-il résumé en cette journée de peu de mots.

Avant de quitter la zone d'arrivée, le fondeur de 23 ans a quand même joué de courtoisie en tapant sur l'épaule du gagnant, Eldar Roenning. Un geste qu'on pourrait interpréter comme «on se reverra».

Kershaw, maintenant deuxième

Maintenant que le Suisse Dario Cologna ne peut plus échapper le globe de cristal, c'est tout juste derrière lui que se trouve le meilleur suspense d'ici à la fin de la saison.

Son 10e rang de samedi à la Holmenkollen et les 59 points amassés aux étapes de sprint durant la couse ont permis à Devon Kershaw de se hisser au deuxième rang du classement général de la Coupe du monde. Dans ce fait historique pour un Canadien se cache aussi une invitation à Petter Northug de se présenter aux finales de la Coupe du monde en Suède, à compter de mercredi.

Affecté par un virus intestinal, le Norvégien a fait l'impasse sur la Coupe du monde depuis la mi-février. Son absence à la Holmenkollen, qu'il avait remportée en 2010 et 2011, lui a fait perdre encore du terrain sur Kershaw. Son retour au sprint de Stockholm, mercredi, suivi des trois épreuves à Falun, est donc requis s'il veut limiter l'écart final de son éternel rival Cologna.

« Northug, c'est un des meilleurs fondeurs dans l'histoire. S'il va à Falun, ce pourrait être difficile de le battre, surtout après avoir fait un 50 km comme aujourd'hui [samedi] », a émis Kershaw, qui détient seulement 15 points d'avance.

« Il reste quatre courses, c'est tout ce à quoi je pense », a calculé le joyeux drille.

La folie
Cette course de Holmenkollen déclenche la frénésie, mais elle court-circuite aussi des rituels. Les fins de semaine, des familles envahissent leur célèbre montagne, située à une dizaine de kilomètres du centre-ville d'Oslo.

Plus de 2000 km de sentiers balisés serpentent à partir d'ici, dont plus de 180 km sont éclairés jusqu'à 23 h. Malgré tout, il restait assez de mordus pour défrayer entre 52$ et 113$ pour assister à l'épreuve classique de 50 km de samedi.


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