19 février 2012

15e en Pologne

Le fartage s'avère une science inexacte en ski de fond, parfois même facultative. Le choix de n'enduire aucune cire sous ses planches explique la 15e position d'Alex Harvey à l'épreuve de 15 km en style classique de la Coupe dumonde de ski de fond de Szklarska Poreba, hier, en Pologne

Johan Olsson a « détruit tout le monde », a dit Harvey pour illustrer la victoire du Suédois qui a fait sien le parcours avec son chrono de 38 min 48 s. L’athlète de Saint- Ferréol-les-Neiges a terminé à 1 min 51 s du gagnant, qui a littéralement dominé le match du jour, comme l’atteste l’écart de 19,3 s avec le Suisse Dario Cologna, deuxième devant le Russe Alexander Legkov, à 57,5 s.

Sans fartage
Dans cette station de la vallée de Kamienna à la frontière sud-ouest du pays, un taux d’humidité de 99 % et les nuages au niveau de la piste menaçaient d’échapper une neige qui aurait collé aux skis. De concert avec les fondeurs canadiens — Harvey, Devon Kershaw, Ivan Babikov et Len Valjas —, les farteurs de l’équipe nationale ont alors convenu qu’il valait mieux de s’élancer avec des skis sans cire. La forte majorité du peloton a opté pour la même décision, semble-t-il.

« On pensait que ça allait être le choix le plus judicieux. Ce n’était pas facile de décider, compte tenu des conditions. J’ai été capable de bien fonctionner pendant les deux premiers tours (la course comptait trois boucles de cinq kilomètres) mais la piste est devenue de plus en plus glacée en raison du passage répété des skieurs. J'ai perdu beaucoup de temps dans le dernier tour, surtout que j'avais perdu beaucoup de jus dans les deux premiers », nous a expliqué le fondeur québécois, joint en Pologne.

Une consolation
Cette approche plus conservatrice n’a finalement pas servi la cause des Canadiens. À son passage à la mi-course, Harvey affichait d’ailleurs le sixième meilleur chrono parmi les 69 concurrents qui avaient pris le départ. Son coéquipier Devon Kershaw, auteur d’une spectaculaire victoire à l’épreuve de sprint de la veille, a terminé 26, Valjas 39, tandis que Babikov a été contraint d’abandonner.

Le résultat n’affecte pas le moral de l’athlète de 23 ans. Déçu d’avoir chuté et d’avoir pris le 27 rang au sprint de vendredi, il se console de cette nouvelle malchance en considérant que les épreuves de départ individuel ne constituent pas sa spécialité.

« J’ai réussi un top 10 une seule fois en départ individuel », rappelle Harvey, faisant référence à son cinquième rang aux 15 km style libre de Sjusjoen, en Norvège, le 19 novembre.

« L’épreuve de 15 km comme celle d’aujourd’hui (hier), c’est quelque chose que je dois encore améliorer. Je suis plus à l’aise avec les départs de masse, alors c’est donc satisfaisant ce qui est arrivé, puisqu’il a fallu que je me batte contre mes skis », dit-il.

Harvey et l’équipe canadienne s’envolent ce matin pour Seiser Alm, dans les Dolomites italiennes. Ils y tiendront un camp de préparation jusqu’au 1er mars avant de gagner Lahti, en Finlande, où sont prévues une poursuite de 30 km et une épreuve de sprint, les 3 et 4 mars.


Le « top 6 » demeure l’objectif

Alex Harvey prononcera aisément le nom de Maxim Vylegzhanin d’ici à la fin de la saison.

Un peu comme le Canadien de Montréal qui doit garder le focus sur les détenteurs du huitième rang pour espérer participer aux séries, Harvey voit le Russe comme principale proie dans le classement cumulatif de la Coupe du monde. Vylegzhanin occupe le sixième rang, seulement 24 points devant le fondeur québécois.

« Il reste trois épreuves de sprint classique d’ici à la fin du calendrier et il y a là des possibilités pour moi de gruger des points, puisque c’est le type d’épreuve qui lui convient un peu moins », observe prudemment Harvey, qui avoue que l’écart de 142 points le séparant du cinquième rang détenu par le Russe Alexander Legkov, « c’est quand même beaucoup à ce stade-ci de la saison ».

La flamme brûle toujours
Le programme de fin de saison comprend huit autres épreuves, lesquelles se tiendront dans un bloc condensé entre les 3 et 18 mars. Même si aucune bourse n’est rattachée au classement final, terminer parmi les six premiers revêt une valeur symbolique. Seuls les six premiers participent à la cérémonie ultime de fin de saison, un incitatif pour Harvey à attaquer ce dernier segment, lui qui vit en Europe depuis près de quatre mois.

« Je ne suis pas du tout blasé de me mettre un dossard sur le dos avant une course. J’aime encore compétitionner. J’ai encore hâte à la prochaine course », assure-t-il.


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