4 décembre 2011


Québec offrira la proximité entre les fondeurs et la foule, l’an prochain, sur les Plaines et la Grande Allée.
photo : Alain Bergeron

Québec avant un 2e titre mondial

DÜSSELDORF - Avec de la chance, Düsseldorf gardera sa pluie et son vent d’hier. Pour la folle ambiance des épreuves de sprint en ville, Alex Harvey et son pote Devon Kershaw se chargeront de l’importer à Québec en décembre 2012.

« Ça va être excitant. Je connais Québec et je sais que les gens vont embarquer, surtout qu’Alex va tellement vite maintenant ! », a dit Kershaw, après avoir fait 18e à l’épreuve individuelle d’hier.

Champions du monde au sprint par équipe, l’une des deux épreuves prévues à la Coupe du monde de ski dans un an, Kershaw et Harvey ont déjà en tête le parcours qui serpentera sur les Plaines et la Grande Allée. Bien plus, Kershaw entrevoit déjà cette occasion pour joindre l’utile à l’agréable. La foule qui hurlera leurs noms assistera du coup à une générale pour un autre rendez-vous important dans la carrière des deux partenaires.

« Québec sera un bon test pour nous. Décembre 2012, ce sera juste quelques semaines avant les prochains championnats du monde en février 2013, en Italie. Évidemment, on voudra gagner encore, moi et Alex. C’est pour ça que Québec servira de bonne pratique », disait l’Ontarien d’origine, qui a regagné les Alpes italiennes tout de suite après la course, où Harvey et d’autres membres de l’équipe canadienne se préparent en vue de Davos, la semaine prochaine.

Harvey : « Unique »
Le programme de Düsseldorf se veut une copie conforme de ce que la ville du maire Labeaume offrira dans un an : l’épreuve individuelle de sprint le samedi, suivie de celle par équipe le dimanche. Comme ici, le style « patin » sera en vigueur, comme lors des mondiaux de 2013 d’ailleurs, contrairement au style classique en février dernier, en Norvège, qui avait conduit au sacre des deux Canadiens.

Par contre, le tracé de Québec (une seule boucle de 1,6 km pour les hommes et 1,4 km pour les femmes) diffère de celui d’ici, une boucle de 800 m coincée entre le Rhin et la vieille ville.

« Ce qui va être unique avec Québec, c’est qu’il y aura un mélange des décors avec les Plaines et la ville », dit Harvey, joint en Italie après avoir fait l’impasse sur Düsseldorf pour éviter d’aggraver des symptômes de grippe.

L’idée de tenir une épreuve de ski de fond au coeur d’une ville comporte des effets spectaculaires qu’on oublie vite quand le ciel ne collabore pas. Pluie incessante, forts vents pour retourner les parapluies et humidité qui atteint les os; le cocktail d’hier n’a certes pas donné les résultats de foule déjà observés dans les 10 années de cet événement.

Ambiance électrique
D’un point de vue strictement sportif, le spectacle étonne. Ces pur-sang sur neige vont vite ! Après une épreuve contre-la-montre (les concurrents s’élancent à 15 secondes d’intervalle), les 30 plus rapides avancent ensuite dans les rondes éliminatoires, à un rythme de six skieurs par vague.

Des écrans géants nous permettent de suivre la course quand les lièvres échappent à notre vision. On grelotte, les familles s’époumonent et le vin est chaud.

« C’est électrique comme ambiance. Les gens sont près de la piste et on skie dans un décor différent de celui auquel on est habitués, soit de la neige et des arbres », commente Harvey, à qui il faudrait certes une toux sévère pour l’empêcher de glisser sur la Grande Allée dans un an.

Le message de Chandra
« Je voulais vraiment gagner une médaille pour que des médias de Québec m’appellent et me demandent : « Hé, peux-tu imaginer que ce sera à Québec dans un an ? Crois-tu pouvoir répéter la même chose dans un an ? » Je vous dis, j’aurais vraiment voulu gagner pour passer mon message. »

Chandra Crawford a bondi de spontanéité, hier, malgré la déception d’avoir terminé quatrième de l’épreuve individuelle de sprint sur les rives humides du Rhin.

La Canadienne, championne olympique à Turin et l’une des meilleures sprinteuses en style patin sur le circuit, ne partage pas que sa vie avec Devon Kershaw. Ensemble, ce couple d’athlètes voit dans la Coupe du monde de Québec, dans un an, un élan de promotion inestimable pour le ski de fond au Canada.

Les champions de près
« Ce sera très bon pour notre sport, affirme Kershaw. Lorsque j’étais petit, je n’ai jamais eu la chance de voir de près les meilleurs au monde. À distance, j’avais l’impression qu’ils mesuraient huit pieds de haut ! Un événement comme celui à Québec va permettre aux gens de voir que, moi et Alex, nous sommes des gens normaux et que je mesure seulement 5 pi 10 po ! »


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