2 décembre 2011


Sacha Bergeron a pour mission de dénicher les bons fartages pour l'équipe canadienne.
Le défi est encore plus grand pour une course en ville.
photo : Alain Bergeron

Un souci pour les artistes de la cire

DÜSSELDORF - Dans un cubicule à peine plus long qu’un abri de bus, quatre hommes creuseront dans leur répertoire d’idées pour trouver la meilleure recette et les meilleurs skis. Une Coupe du monde de ski de fond en pleine ville, ça bouscule les traditions !

« Ça nous donne un nouveau défi pour repousser nos limites. Ça nous garde sur le qui-vive. Nous sommes comme les enseignants quand ils disent rester jeunes parce que leurs élèves les sollicitent par toutes sortes de questions. »

Sacha Bergeron participe à cette tâche délicate de farter les skis des athlètes de l’équipe canadienne. Cette course à Düsseldorf, avec l’humidité suggérée par le Rhin, le vent qui souffle ses saletés et la température qui pourrait atteindre neuf degrés, met à l’épreuve ces spécialistes de la cire.

La commande s’annonce d’autant plus ardue que la période d’essai est limitée avant la course, afin de déterminer le bon fart et la cambrure appropriée du ski. Le parcours ne sera accessible qu’entre 9 h et 10 h 30. Bergeron et le responsable de l’équipe de farteurs, le Québécois Yves Bilodeau, pourront alors chausser différentes paires de skis et tester la glisse. Il faut faire vite quand on sait que le départ de la première qualification est annoncé pour 10 h 30.

« On a peu de temps et il faut donc y aller au mieux de nos connaissances. C’est là que ça devient important de partager nos idées entre nous. Ça se peut même que les skis que nous aurons testés le matin servent seulement pour les finales en après-midi », entrevoit Bergeron.

Ces Coupes du monde en milieu urbain s’inscrivent dans une volonté de promotion du sport de la part de la Fédération internationale de ski (FIS).

Düsseldorf, Moscou, Milan, Stockholm et Québec, en décembre 2012, sont quelques villes à qui la FIS a confié de développer cette tendance.

Ce ne sont sûrement pas Yves Bilodeau, qui est originaire de Québec, et Sacha Bergeron, employé au Centre national d’entraînement Pierre Harvey, qui vont rouspéter sur ce projet. Quitte à ce que ce genre de course en ville complique leurs tâches.

« C’est quelque chose de tripant, estime Bergeron. Là-dessus, les mentalités européennes et nord-américaines sont encore différentes. Pour nous, on perçoit encore le ski de fond pratiqué dans des sillons tracés dans la belle neige blanche. Pour les Européens, une course en ville, dans des conditions difficiles, c’est parfait. Ils se disent : ça va être spectaculaire, allons-y ! »


2 décembre 2011


Alex Harvey ne passe plus inaperçu sur les routes d’Europe !
photo : Alain Bergeron

Sur les routes d’Europe

DÜSSELDORF - Si Alex Harvey apprécie l’anonymat, c’est plutôt raté quand il séjourne en Europe.

Une photo géante du Québécois en action placarde un versant de la camionnette transportant les skis de l’équipe canadienne. Sur un autre, on revoit la scène euphorique croquée aux championnats du monde lorsque Harvey et Devon Kershaw viennent de remporter la médaille d’or au sprint par équipe.

Certes, la vedette montante du ski de fond canadien ne passe plus inaperçue. Entre autres, son image a été vue pendant les 2 600 km séparant Kuusamo, au nord de la Finlande, à Düsseldorf. C’est la distance qu’a franchie Sacha Bergeron en trois journées de 12 heures de conduite, cette semaine.

Chère cargaison
La cargaison que Bergeron transporte avec lui comprend entre 250 et 300 paires de skis. « Chaque paire se vendrait environ 700 $ au magasin », dit seulement le farteur.

Évidemment, les différents fournisseurs s’occupent d’acheminer ces paires aux athlètes qui utilisent leurs produits. Comme pour chaque autre athlète, Alex Harvey compte un total d’une vingtaine de paires pour les styles classique et de patin.

Aucun des skieurs n’utilise ses planches de compétition à l’entraînement. « Même le matin de la course, chacun se sert de ses skis d’entraînement », spécifie Bergeron.

Valjas favori
Faute de la présence d’Alex Harvey à Düsseldorf, le nom du Centre national d’entraînement Pierre Harvey pourrait quand même résonner ici. Le Torontois d’origine Len Valjas, qui a choisi de s’établir dans ce centre, commence à éclore cette saison.

Spécialiste du sprint, il est établi comme l’un des favoris de l’épreuve individuelle d’aujourd’hui. Il occupe d’ailleurs le cinquième rang de la Coupe du monde dans ce type d’épreuve.


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