6 mars 2011

5e parmi les grands

La prétention au podium dans les grandes occasions s’annonce désormais légitime dans la carrière d’Alex Harvey. À l’âge de 22 ans, le Québécois a établi sa permanence dans l’élite mondiale du ski de fond en terminant cinquième de l’épuisant 50 kilomètres, dimanche, épreuve-reine pour clore les championnats mondiaux d’Oslo.


Journal de Québec

Dans le coup jusqu’au dernier kilomètre, Harvey a cru à la médaille, d’autant plus que des skis adéquats et une stratégie comme il l’avait espérée communiaient avec « la meilleure forme de ma vie ».

Mais sur ce parcours d’une montée totale de 1,8 kilomètre, jugé comme l’un des plus exigeants de l’histoire, les organisateurs annonçaient avant le début des championnats que le gagnant de cette épreuve devait être désigné, hors de tout doute, comme le skieur le plus coriace de l’heure. Au bout de six boucles et plus de deux heures de peine, l’un des plus jeunes parmi les 85 engagés s’est vu contraint de s’incliner devant le champion norvégien, Petter Northug Jr, impérial sur ces championnats avec cinq médailles, dont trois d’or.

« C’était un parcours conçu pour les skieurs avec de gros moteurs. À 22 ans, j’avoue ne pas avoir encore l’un des plus gros moteurs. À la fin, il m’en manquait un peu », a reconnu l’étoile montante du ski de fond canadien.

Tout était possible
Dans ce concours joué sous un ciel bleu et devant une foule évaluée à plus de 150 000 spectateurs, Harvey dit avoir évité l’avant du peloton par souci d’économie. Dans la dernière des six boucles, il avait cependant flairé la bonne affaire en se positionnant dans le groupe sérieux des 12 prétendants. «Dans ce groupe, n’importe quel gars avait des chances. J’y croyais moi aussi», a imaginé le Québécois, qui a dû déployer des énergies supplémentaires, durant la première boucle, quand il a chuté et cassé un bâton. « On ne saura jamais si ça peut m’avoir nui à la fin », dit-il.

Des résultats éloquents
À l’avant-scène à chacune de ses courses, Harvey quitte Oslo après y avoir laissé ses empreintes. Champion du monde du relais par équipe avec son ami Devon Kershaw, il revendique une septième place au sprint individuel, puis une 12e à la poursuite de 30 km qui ne dit pas tout. Ce dimanche 27 février, la planète ski de fond voyait le jeune homme de Saint-Ferréol filer seul en tête avec cinq kilomètre à faire, mais des crampes musculaires lui avaient finalement ravi son projet en devenir.
« On est champion du monde, on ne l’oubliera jamais », donne-t-il en guise de bilan. « J’étais déçu après mes deux premières courses en raison des malchances que j’ai eues. Je sais que je ne pourrai pas gagner toutes les courses et que certains championnats pourraient aller moins bien, mais j’ai démontré que je pouvais arriver dans ma meilleure forme et que je pouvais être près de gagner à chaque course. »
« Il a été fort, le jeune ! », a résumé avec respect son entraîneur, Louis Bouchard. « Même si un gars démontre chez les juniors qu’il est une étoile montante, rien ne dit qu’il peut avoir le même succès chez les seniors. Maintenant, Alex l’a démontré. Il a des résultats sur papier. »


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