2 mars 2011

Alex Harvey entre dans l'histoire

Alex Harvey appartient désormais à l’histoire du ski de fond canadien. Avec son partenaire Devon Kershaw, ils sont devenus les premiers enfants du pays à remporter une médaille d’or aux championnats mondiaux, mercredi à Oslo, en enlevant le sprint à relais en style classique.


Journal de Québec

Non seulement une première médaille pour le Canada à cet événement prestigieux, mais toute en or de surcroît! Après avoir été invités dans la loge du roi de Norvège, les deux complices ont reçu leur précieux flocon doré lors d’une cérémonie grandiose au centre-ville, portés par un choeur évalué à 100 000 spectateurs fredonnant l’hymne national canadien.

«J’avais gagné un flocon en or aux championnats mondiaux des moins de 23 ans (à l’épreuve de 30 km, le 31 janvier dernier), mais celui remis ici est plus gros. J’ai hâte de le tenir dans mes mains. Quand les vapeurs vont retomber dans les prochains jours, je vais sûrement réaliser cette journée. Sûrement que j’aurai de la difficulté à m’endormir ce soir», a commenté Harvey lors d’une conférence téléphonique avec les médias québécois, quelques minutes avant de se diriger vers le podium.

Grand spectacle
Une telle consécration vient toujours avec un sens du spectacle. Dans ce cas-ci, Kershaw et Harvey y ont contribué chacun à leur façon.

Après avoir perdu un ski lors de la demi-finale, l’Albertain a réagi avec calme pour remonter dans le coup et éventuellement permettre au duo de terminer deuxième et se qualifier pour le match ultime.

Puis en finale, après 19 minutes d’efforts en alternance dans une course compacte jusqu’à la fin, le Québécois a complété sa troisième boucle de 1,5 kilomètre avec l’étoffe du champion qu’on voyait en lui. Terré derrière le Norvégien Ola Vigen Hattestad, pourtant reconnu comme l’un des meilleurs au monde dans l’art du sprint, Harvey l’a finalement «sauté» sur la ligne.

En se retournant vers la foule, il a posé un index sur sa bouche comme s’il avait appelé au silence la foule norvégienne. Plus tard, il nous expliquera plutôt qu’il voulait illustrer ainsi la première médaille de l’histoire au Canada dans cet événement, comparativement à la Norvège qui avait gagné sa 100e en ouverture de ces championnats.

«Le plus beau reste à venir pour moi, enfin je l’espère», a humblement exprimé l'athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges.

«Gagner cette première médaille avec mon bon ami Devon, j’en suis vraiment fier. On s’entraîne deux fois par jour, du 31 mai au 31 mars, et ça implique beaucoup de sacrifices. Notre équipe est tellement soudée. Aujourd’hui, c’est l’extase», a fait Harvey, dont les propos ralliaient aussi les entraîneurs et techniciens.

Choix judicieux
Faire l’impasse sur l’épreuve de 15 kilomètres en style classique de mardi aura donc été une judicieuse décision pour les deux potes. Notamment pour Kershaw, pour qui il s’agissait de l’épreuve fétiche à ces championnats.

«Ce fut un choix difficile, mais nous avons bien agi pour conserver notre énergie. Je n’ai aucun regret parce qu’on savait qu’on allait avoir une chance aujourd’hui», a décliné Kershaw, assis sur le même nuage que Harvey.

«Devon et moi sommes de bons amis. Ce qu’on a réussi aujourd’hui solidifiera encore plus notre complicité», en a remis le Québécois.

Leur quatrième rang aux Jeux olympiques de Vancouver, dans ce même type d’épreuve, n’était donc pas de la frime.


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