22 février 2011

Alex Harvey à La Mecque du ski de fond

La fébrilité dans les rues d’Oslo cette semaine pourrait donner le vertige à un jeune Québécois de 22 ans, mais Alex Harvey s’en imprègne plutôt comme carburant à l’approche des Championnats du monde qui se tiendront dans La Mecque du ski de fond.

Avant une réception à l’ambassade canadienne en Norvège, lundi, Harvey a participé à une émission à la télévision nationale NRK. L’animateur a revu avec lui les images de son père Pierre remportant en 1988 la 100e édition de la prestigieuse épreuve de 50 kilomètres, la Holmenkollen, ce qui lui avait valu d’être reçu à la table du roi Olav.

Logeant au même hôtel que l’équipe norvégienne et son icône Petter Northug, Harvey doit le matin se frayer un chemin dans un mur de journalistes, à qui l’entrée est interdite durant les championnats. Quelques-uns l’interceptent pour lui braquer un micro sous le nez. Il est encore plus reconnaissable depuis dimanche, quand il a remporté une médaille d’argent à la Coupe du monde de Drammen, à une quarantaine de kilomètres de la capitale.

« Tout ça me soulève », nous a confié le fondeur de Saint-Ferréol, joint mardi alors qu’il sortait d’une séance de massage.

« Je ne vivrai peut-être pas quelque chose d’aussi gros dans ma carrière. Participer aux Jeux olympiques dans son propre pays est exceptionnel, mais dans notre discipline du ski de fond, il n’y a rien de plus gros qu’Oslo. »

6000 campeurs
Les sorties d’entraînement précédant la première épreuve de jeudi servent à se familiariser avec le parcours et à régler les derniers ajustements. Trois jours avant le lancement des hostilités, des tentes se déployaient déjà dans la forêt de Marka, au nord de la ville, le long du tracé de 8,3 kilomètres qui court dans la montagne.

Plus de 6000 campeurs y avaient planté leurs tentes lors de la Coupe du monde en 2010 et cette tradition qui remonte à 1892 ne se brisera assurément pas durant les 10 prochains jours. Dans ce décor de feux de camp et de drapeaux norvégiens agités par le vent, l’étoile montante du ski de fond canadien glisse pour l’instant avec l’émerveillement d’un gamin. Mais à compter de jeudi, aucun artifice ne lui distordra l’esprit.

« Alex a la capacité de mettre cette ambiance festive à son profit, témoigne son entraîneur, Louis Bouchard, qui l’accompagne en Norvège. Il n’en fera pas abstraction, mais il ne sera pas intimidé non plus. Je dirais même que ça pourrait lui servir d’avantage, puisque toute la pression ne sera pas sur lui. »

Dans sa bulle
Une soixante de minutes sur ses planches en matinée et un léger jogging en après-midi meubleront la journée de mercredi pour la jeune coqueluche de l’équipe canadienne.

Après cette dernière saucette dans l’excitation, un chantier l’attend, jeudi matin, avec cinq courses en 11 jours.

« Je me suis entraîné toute l’année avec ces Championnats mondiaux comme principal objectif. Le matin de ma course, je vais entrer dans ma bulle… »


22 février 2011

Deux courses ciblées

Avec ces dizaines de noms se trouvant dans le boulier, quelles sont les chances d’Alex Harvey de sortir le sien durant ces Championnats du monde ?

Engagé dans cinq épreuves, l’athlète québécois en cible deux dans lesquelles il perçoit ses meilleures chances de podium : le sprint à relais avec Devon Kershaw, avec qui il avait terminé quatrième aux Jeux de Vancouver, ainsi que la poursuite de 30 kilomètres, le même type d’épreuve qu’il a enlevé aux Championnats mondiaux de moins de 23 ans, le 31 janvier, en Estonie.

« Tout va dépendre comment je me sens durant ces journées », tient toutefois à préciser le jeune fondeur.

Déjà des signes
« Alex est devenu tellement polyvalent qu’on est toujours en droit de se poser cette question avec lui : pourquoi pas aujourd’hui ? » affirme l’entraîneur Louis Bouchard.

À sa troisième saison complète sur le circuit de la Coupe du monde, Harvey a démontré des indices. Après une troisième place au 50 km de Trondheim – encore en Norvège – en mars 2009, il a hérité de sa deuxième médaille individuelle (deuxième place), dimanche, à Drammen. Déjà, son 10e rang à l’épuisant Tour de ski, en janvier dernier, avait assis pour de bon sa réputation sur la scène internationale.

« La marche est tellement haute entre les niveaux junior et senior qu’on ne porte pas toujours attention aux jeunes sur la Coupe du monde. Mais le nom d’Alex est déjà fait.

Il suffit de lire les nombreux articles sur lui dans les différents pays pour s’en convaincre », rapporte Bouchard.


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