21 février 2011
Le sol de Norvège alimente Alex Harvey de riches pouvoirs. Le fondeur de Saint-Ferréol y a remporté dimanche sa deuxième médaille individuelle en carrière en Coupe du monde en terminant deuxième, à Drammen, à l’épreuve de sprint en style libre.

Depuis sa médaille de bronze au 50 kilomètres classique de Trondheim, en mars 2009, Harvey entend son nom prononcé en norvégien. Sa performance d’hier, surtout en devançant lors de la finale le chouchou du pays qu’est Petter Northug, a galvanisé sa réputation à la veille des championnats mondiaux de ski de fond qui débutent cette semaine, en banlieue d’Oslo.
« Il y avait 15 000 spectateurs aujourd’hui (hier) et les gens nous encouragent par notre nom le long du parcours. Je pense que ça va être pas pire à partir de cette semaine ! On nous dit que les championnats vont attirer une foule entre 100 000 et 150 000 spectateurs par jour. Ça va être tout un feeling ! », a commenté la vedette montante du ski de fond, joint à son retour à l’hôtel où il loge à Oslo.
Northug, sa victime
Remportée par le Suédois Emil Joensson, la finale a permis à Harvey de se démarquer dans une discipline dans laquelle il sent de plus à l’aise. Dans un match contre cinq concurrents – tous Scandinaves - durant la course ultime, il a ouvert la machine à la moitié de l’épreuve de 1,6 km pour passer du cinquième au troisième rang. Puis, tous juste derrière Northug, il l’a finalement sauté à moins de 500 m de la ligne.
« Je ne pense pas que Northug est bien heureux ! », a simplement dit Harvey au sujet de celui qui occupe le deuxième rang au classement de la Coupe du monde.
Traitement-choc
Harvey se disait pourtant «à plat» au matin de l’épreuve d’hier. Il a réussi à se glisser parmi les 30 fondeurs retenus pour les rondes éliminatoires en terminant 22e des qualifications, puis l’esprit du bagarreur a soudainement repris de la vie. Après avoir remporté l’or à la poursuite de 30 km au championnat mondial des moins de 23 ans, le 31 janvier, il était retourné en camp préparatoire en Italie, mais il était temps de replonger le corps en mode nerveux.
« Historiquement, j’ai toujours été affecté par un repos. C’est pour cette raison qu’on a décidé de faire les deux courses ici à Drammen (il a terminé 30e au 15 km de samedi). Il fallait donner un choc à mon système. J’étais un peu «flat» ce matin et je manquais de punch, mais j’ai été surpris de la vitesse que j’avais dans les 300 derniers mètres », a raconté la coqueluche de 22 ans, qui parvenait pour la première fois en carrière à atteindre les quarts-de-finale d’une épreuve de sprint.
« Je ne m’emporte pas »
L’euphorie de la journée ne semblait pas avoir hissé le médaillé d’argent dans les nuages. Après avoir accordé de multiples entrevues, il avait déjà rallié les 40 minutes séparant Drammen d’Oslo pour aller casser la croûte en soirée et attaqué les derniers jours avant sa première course des mondiaux, jeudi.
« Je ne m’emporte pas. Le but demeure d’aller chercher au moins une médaille aux championnats du monde et je dirais que cette médaille d’aujourd’hui me donne simplement une carte de plus dans mon jeu.»
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