1er février 2011

Passage à vide pour Le Guellec

Au hockey, ça s’appellerait une pénible léthargie pour un as marqueur. Jean-Philippe Le Guellec a récemment vécu l’équivalent au biathlon, assez pour que ce premier passage à vide de sa carrière le force à interrompre sa saison pour recharger ses batteries.

Rien n’allait plus. Lamentable dans son tir, l’effet s’est transporté sur son ski. Après la Coupe du monde de Ruhpolding, en Allemagne, où il a fini 49e à l’épreuve individuelle du 20 km et 74e au sprint, Le Guellec a convenu de sauter le rendez-vous suivant à Antholz, en Italie, du 18 au 23 janvier.

Il a conclu de rentrer à la maison, question de dépoussiérer les esprits. Son entraîneur Jean Paquet « percevait un découragement juste par mon langage non-verbal quand je sortais du champ de tir », raconte Le Guellec.

« La saison avait bien parti (il a fait deux top 20 en Suède, en ouverture de saison), mais ça s’est gâté ensuite. Je suis entré dans un cercle vicieux, comme dans un état “suranalytique”. Au lieu de garder les choses simples, je visais trop la perfection dans toutes les phases de la course. La mauvaise précision dans les tirs a fini par jouer sur mon moral, ce qui s’est ensuite répercuté sur le ski, et vice-versa », analyse l’athlète de Val-Bélair.

Ce dernier a profité d’une pause de deux semaines à Québec avant de s’attaquer aux deux prochaines Coupes du monde qui se tiendront dans le Maine, à compter de vendredi.

L’illusion après les Jeux
Le Guellec ne cache pas avoir peut-être trop «surfé» sur ses Jeux olympiques de Vancouver. Les résultats au-delà de ses espérances, dont une sixième place au sprint de 10 km, allaient dresser la table pour une saison postolympique enivrante, a-t-il cru.

«Il y avait eu de grands rêves avec les Jeux, avoue le biathlète de 25 ans, qui occupe maintenant le 36e rang au classement de la Coupe du monde. « C’est la première fois que ça m’arrive dans ma carrière. Il faut dire aussi que c’est la première fois que je me sens aussi près du podium. Probablement que je ne gère pas encore assez bien tout le stress qui vient avec le niveau où je suis rendu. »

Refaire le plein
Les deux dernières semaines ont permis à Le Guellec de se changer les idées. Pas le repos complet, mais une trêve pour se consacrer à ses études, retrouver la quiétude à la maison et des séances d’entraînement réduites. Un arrêt pour «décrasser les valves», illustre-t-il.

Après le séjour au Maine, le Québécois s’envolera pour un camp de préparation d’une semaine en Italie avant les championnats mondiaux en Russie, du 1er au 13 mars. Servi par le discours de confiance de son entraîneur, la mise au point a fait du bien, croit-il.

« Jean m’a rappelé que je pratique ce sport d’abord pour le plaisir qu’il procure. L’important, c’est de revenir à la source, ne pas me casser la tête, bien respirer et descendre calmement chaque cible. Je ne dis pas être sorti complètement de cet état, mais je suis sûrement plus éclairé. »



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