1er février 2011Alex Harvey champion du monde
On le dit voué à une carrière de grandes premières, et Alex Harvey nous en a servi un autre indice, hier, sous un doux soleil en Estonie. Harvey a donné au ski de fond canadien la première couronne mondiale de son histoire, toutes catégories confondues, en enlevant la poursuite de 30 km aux championnats mondiaux des moins de 23 ans.

À sa dernière année d’éligibilité, l’athlète de 22 ans quitte cette classe avec le mérite de son diplôme. Débarqué à Otepaa la veille afin de participer à cette seule course, Harvey a gagné au jeu du chat et de la souris contre le Russe Evgeniy Belov, qu’il a finalement coiffé par un sprint dans les derniers 100 m.
Le tableau des résultats nous indique seulement sept centièmes de seconde entre les deux acharnés, mais cet écart suffisait au Québécois pour se retourner vers son poursuivant en franchissant la ligne, lever les bras au ciel et signer sa journée d’un : « Yessss! » bien senti.
« Je suis vraiment content de mettre le Canada sur la mappe. J’étais heureux d’entendre l’hymne national et voir le drapeau flotter plus haut que les deux autres », a exprimé Harvey aux médias québécois, au cours d’une conférence téléphonique.
Au finish, Harvey a arrêté le chrono à 1 h 13 m 47,9 s, suivi de Belov en 1 h 13 m 48,6 s et d’un autre Russe, Raul Shakirzianov, en 1 h 14 m 23,6 s.
Le favori a répondu
Précédé de son 12e rang au classement de la Coupe du monde, Harvey a eu à justifier son dossard numéro un du favori. Gagnant de l’épreuve de 15 km de jeudi, Belov l’a provoqué en duel à plusieurs occasions.
Par une série d’attaques mutuelles, les deux lascars ont vite transformé ce départ de masse en une partie d’échecs. À la mi-course, lors des changements de skis pour passer du style classique à celui de patin, il n’y avait plus qu’eux deux à l’avant et les 60 autres concurrents derrière. « Quelques fois, il a attaqué pour vérifier si j’avais des réserves », nous a raconté le champion.
« Quand on est entrés dans le stade avec 500 m à faire, je le suivais de près et j’avais la confiance. Après le virage à 180 degrés et 150 m de la ligne, en trois coups de bâton, j’ai eu une super bonne accélération. Avec 50 m, je savais que c’était presque fait si je ne piquais pas un bâton entre mes jambes ! »
Prélude aux « vrais » mondiaux
Il était 22 h 30 en Estonie lorsque le champion nous a laissé. Les célébrations attendront la fin de saison. Dès ce matin, Harvey retourne à Livigno, dans les Alpes italiennes, pour un camp de préparation avant les mondiaux seniors à Oslo, du 23 février au 6 mars. Cette médaille d’or pourrait avoir injecté un puissant carburant.
« Sûrement parce que je n’étais même pas au sommet de ma forme, souligne-t-il humblement. Il ne s’agissait pas de mon premier objectif de la saison et je suis arrivé pour cette course à la dernière minute. Ça démontre qu’il y a mieux à venir. Il y aura un 30 km comme celui-là à Oslo, alors ça me permet d’identifier cette course parmi les autres. »
En ce 1er février, on connaît déjà le meneur de la course au titre d’athlète de l’année dans la région de Québec.
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