27 février 2011


Alex Harvey a terminé 12e au 30 km poursuite des Championnats mondiaux
de ski de fond présentés à Oslo, en Norvège.
photo : Reuters

Belle course pour Alex Harvey

En spectacle devant le roi, la reine et le prince héritier de Norvège, Alex Harvey n’était plus qu’à cinq kilomètres de posséder son propre trône, dimanche, aux championnats du monde de ski de fond à Oslo.


Journal de Québec

Allègre de son avance depuis le 19e kilomètre, des crampes musculaires soudaines l’ont finalement ralenti et contraint au 12e rang de la poursuite de 30 kilomètres.

Dans l’écriture d’un livre qui s’ouvre sur une carrière prometteuse, cet épisode fera assurément partie du chapitre sur ses plus grandes déceptions.

« Oui, c’est dans la même catégorie que les 50 kilomètres aux Jeux olympiques (il avait terminé 32e). Dans ce cas-ci, par contre, c’est une histoire différente. Ma forme est bonne, je le vois. Je suis profondément déçu d’avoir passé à côté », a commenté Harvey au Journal sur un ton monocorde qui trahissait son amertume.

L’icône du pays, Petter Northug fils, est finalement devenu le principal bénéficiaire des malheurs de son dauphin. Il a remporté l’épreuve en 1 h 14 m 10 s grâce à un coup de Jarnac sur les Russes Maxim Vylegzhanin et Ilia Chernousov, médaillés d’argent et de bronze. Devon Kershaw (9e), Ivan Babikov (15e) et George Grey (46e) étaient les autres Canadiens en lice.

Seul au monde
Gracieuseté du Québécois, la course s’est réellement animée au début de sa deuxième moitié, après que les 83 concurrents eurent passé du style classique au pas de patin. Dans la première des quatre boucles de 3,75 kilomètres, Harvey est alors parvenu à s’extirper du peloton durant une montée.

Premier surpris par la désorganisation à l’arrière, il a maintenu un rythme qu’il savait assassin et a même augmenté son avance à 15 secondes.

En deux occasions, il a donc glissé fin seul devant la loge royale et été acclamé par les 50 000 spectateurs réunis au Holmenkonnen Arena et le long du parcours.

« J’étais dans les bois, mais j’entendais très bien la foule », nous a rapporté son entraîneur, Louis Bouchard. « C’était fou, ça hurlait. Peut-être parce que les Norvégiens avaient la frousse pour Petter Northug ! »

« J’avais la vitesse »
Avec un tour et demi à faire, Harvey a soudainement été pris de raideurs aux aines. « Habituellement, les crampes musculaires peuvent survenir dans les quadriceps en raison de l’acide lactique. Mais là, c’était aux psoas et au bassin, à des muscles qui ne sont pas sollicités tant que ça. Je ne comprends pas », s’est questionné le malheureux, qui a terminé à 10 secondes du champion.

Ennuyé par les douleurs surtout dans les montées, et ce, dans un parcours qualifié comme l’un des plus exigeants au monde par son entraîneur, l’écart s’est vite rétréci. Avec cinq kilomètres à jouer, Harvey s’est laissé bouffer par une meute formée des Russes, des Italiens et, bien sûr, de l’illustre Northug.

Le train de Saint-Ferréol-les-Neiges avait la vitesse pour entrer en gare, semble-t-il. La médaille d’or acquise dans ce même type d’épreuve aux championnats mondiaux des moins de 23 ans n’était qu’à 15 minutes de se transformer en un «copier-coller».

« Avant mes crampes, oui, je pense que j’avais la vitesse pour gagner », a débité Harvey, tourné maintenant vers les 15 km en style classique de mardi.


27 février 2011

« Il allait gagner » -Louis Bouchard

« Alex a encore fait la démonstration qu’il est actuellement l’un des skieurs les plus rapides au monde. Gagner, on croyait que ça allait être aujourd’hui. »


Journal de Québec

À l’autre bout du fil, l’entraîneur Louis Bouchard partageait la déception d’Alex Harvey d’avoir échappé une médaille – peut-être même celle d’or – vers laquelle son protégé se dirigeait, hier, aux championnats mondiaux à Oslo. « Il allait gagner, c’est clair. Il ne l’a pas pris et on peut comprendre que ça l’a écoeuré. »

Du positif
Septième lors de l’épreuve de sprint présentée en ouverture des championnats, jeudi dernier, Harvey avait été gêné par la manoeuvre d’un skieur suisse lors de la demi-finale et n’avait donc pu se qualifier pour la vague ultime. Hier, c’est un ennui avec la «mécanique» qui l’a ralenti dans sa route.

Avoir vu son protégé imposer ainsi le rythme amène Bouchard à repartir sur du positif pour la suite des championnats.

Sur un parcours qu’il juge comme l’un des plus exigeants de ce sport, Harvey, à l’âge de 22 ans, se voulait le plus jeune parmi les 35 premiers au classement final d’hier.

Cette statistique est remplie de sens, a rappelé l’entraîneur, qui vit en Europe depuis 50 jours avec son athlète de pointe.

« La déception est grande parce que Alex était si près d’une médaille. Mais il y a tellement de positif dans ce qu’il vient de faire, compte tenu de son jeune âge. Il va tourner la page et retrouver son focus pour mardi. On sait maintenant qu’à chaque jour, il a une chance de médaille. »


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