11 janvier 2011

Survivre au sein d’une meute aussi féroce et, ultimement, terminer 10e du Tour de ski : Alex Harvey pourrait avoir assis son nom pour de bon dans l’élite mondiale du ski de fond.

Ce rang transcende tous les résultats de l’athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges durant les huit étapes de ce «happening» qui s’est terminé dimanche et que certains comparent en efforts humains au prestigieux Tour de France.

Au tableau final, voir «1988» aux côtés du nom de Harvey, faisant référence à son année de naissance, donne un indice du talent et des aspirations qui l’habitent.

À 22 ans et trois mois, Harvey apparaît comme un jeunot dans la liste relevée des cracks de son sport. Le champion du Tour et meneur au classement de la Coupe du monde, le Suisse Dario Cologna, aura 25 ans dans deux mois. Son dauphin, le Norvégien Petter Northug, vient de les célébrer.

Pour le reste, quiconque s’autorisant à jouer dans le royaume mondial du ski de fond a plus de 26 ans.

Son entraîneur ébloui
« Avez-vous vu ce qu’il a fait ? », demande son entraîneur Louis Bouchard, certes le premier analyste de la performance de Harvey durant cette série de courses disputées entre le 31 décembre et le 9 janvier.

« Il a lancé le pied dans certaines fins de course dans l’espoir de gagner une médaille. Il est revenu à l’occasion sur le groupe. Il ne s’est jamais fait décrocher, même qu’il a tiré le peloton. Il peut maintenant lutter en tête de course avec les plus grands, comme Northug. Ces gars-là acceptent même d’échanger des relais avec lui. C’est gros ce qu’Alex vient de faire. Le Tour de ski, c’est aussi gros que le championnat du monde », partage Bouchard qui, retenu pour des sélections nationales avec d’autres skieurs du centre national d’entraînement, a suivi à distance les performances de son protégé.

Pierre Harvey: « Il est tough ! »
Sur les 79 athlètes sélectionnés au départ de ce Tour, 36 ont franchi la dernière ligne à Val di Fiemme, dimanche. La diversité et la somme des épreuves ne pardonnent pas. Ne serait-ce que pour compléter ce dur rallye, la récompense vient avec la préparation physique des acteurs, autant que leur polyvalence et leur acharnement.

« Quand je le voyais travailler, souvent aux côtés de gars comme Northug qui voulaient faire exploser la course, je me disais : il est «tough», le jeune ! », dit son père, Pierre, qui connaît pourtant la définition de la souffrance à l’effort.

« Il a montré qu’il peut maintenant contrôler ses efforts et bien récupérer entre ses courses. Ce qu’il y a de plus étonnant, c’est qu’il est le seul à ce niveau qui est né en 1988 », souligne le père, qui a nourri un contact quotidien avec son fiston durant le Tour.

Dixième au général
Avec quatre résultats sur huit courses parmi les dix premiers, Harvey a signifié son désir d’appartenir à ce groupe sélect. Cette dixième position au Tour de ski lui confère maintenant le même échelon au classement de la Coupe du monde. Il occupait pourtant le 30e rang au matin du 31 décembre.

« Alex a atteint une nouvelle maturité, autant physique que psychologique. On a toujours su qu’il avait un talent incroyable, mais là, il peut être dans le coup à chaque course », soutient Bouchard.


11 janvier 2011

Le luxe de choisir

Alain Bergeron

À sa dernière année d’éligibilité, on imagine le carton que ferait Alex Harvey aux Championnats mondiaux des moins de 23 ans, à la fin du mois, en Estonie. S’engager dans une seule course à cet événement confirme toutefois qu’il est maintenant passé à l’échelon supérieur.

Depuis le début de sa saison, le focus de Harvey se dirige vers les championnats mondiaux seniors, du 23 février au 6 mars, à Oslo. Ce n’est pas par vanité, mais le rendez-vous pour les moins de 23 ans, du 25 au 31 janvier, ne constituera qu’une mise en jambes pour lui.

Il délaissera donc un camp de préparation dans les Alpes italiennes afin de participer à la dernière épreuve de ces championnats, une poursuite de 30 km, le 31 janvier, pour ensuite regagner l’entraînement en altitude à Livigno.

« Ce championnat U23 est perçu comme un championnat de transition après le mondial junior. Petter Northug et Dario Cologna n’ont même jamais participé à cet événement parce qu’ils étaient déjà bien engagés dans le circuit de la Coupe du monde », explique l’entraîneur Louis Bouchard.

Course nécessaire
Cette saucette en Estonie permettra à la jeune sensation de retrouver les réflexes de compétition qu’une trop longue inaction pourrait avoir altérés. « S’il ne faisait pas cela, ça voudrait dire que sa seule course après le Tour de ski aurait lieu seulement le 19 février (en Norvège). Ça n’a pas de sens pour un skieur qui se prépare pour des championnats du monde », note Bouchard.


11 janvier 2011

Son nom circule

Alain Bergeron

« Mon nom et celui de Devon (Kershaw) circulent de plus en plus, tellement que les skieurs norvégiens nous ont demandé si nos farteurs utilisaient un fer spécial pour nos skis ! »

Alex Harvey n’a posé le pied à Québec qu’en fin de soirée, hier, après une dizaine de jours de dur labeur au Tour de ski, mais il lui restait encore de l’énergie entre deux vols pour raconter au Journal la satisfaction de son 10e rang à cette éprouvante série d’épreuves.

Malgré ses 22 ans, la vedette montante du ski de fond canadien s’est profilée sans complexe dans la foulée de son coéquipier Kershaw, septième au cumulatif avec seulement 38 secondes d’avance. Batailler régulièrement avec l’élite et même toucher au podium des prochains championnats du monde s’avère maintenant réaliste.

« J’y crois »
« On est rendus là. Pour ma part, je travaille fort et j’y crois. J’ai déjà monté sur le podium en Coupe du monde et fini quatrième aux Jeux olympiques, mais, maintenant, je pense qu’un déclic s’est fait », prétend Harvey, qui prendra congé de ses planches au cours des prochains jours.


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