13 avril 2010


Sébastien Fortier accompagné de sa conjointe, Mélanie St-Hilaire.
photo :

La volonté de Sébastien Fortier la mène aux Paralympiques

Le Charlesbourgeois de 24 ans, Sébastien Fortier, devenu paraplégique à la suite d'un accident de travail survenu en 2003, a fait du ski de fond en luge son sport de prédilection à compter de décembre 2008.

Denis Fortin

Cette décision a été plus que profitable pour lui, car il a récemment participé aux Jeux paralympiques de Vancouver comme membre de l'équipe canadienne dans la catégorie LW10-LW12.

« Rien ne me destinait à ce que je participe un jour à un rendez-vous olympique ou paralympique, lance dans un premier temps Sébastien Fortier. Quand j'étais jeune, je n'étais pas du tout sportif. Je peux même dire que je n'avais pas beaucoup de talent mis à part la course à pied. J'ai réellement découvert le sport à la suite de mon accident quand j'ai dû visiter le gymnase pour y effectuer mes exercices de réadaptation. »

À l'âge de 17 ans, le jeune homme originaire de Joly dans Lotbinière devient instantanément paraplégique quand une charge de 19 charpentes de toit lui tombe directement sur la tête. Par la suite et pendant trois longs mois, il a eu un corset où il ne pouvait pas bouger. C'est en réadaptation à l'Institut de réadaptation en déficience physique du Québec (IRDPQ) qu'il se rend compte, à sa grande surprise, qu'il peut se débrouiller dans à peu près n'importe quel sport.

« Je côtoyais alors Pierre Pomerleau, un éducateur physique et ex-entraîneur de Chantal Petitclerc et Dean Bergeron. Il m'a initié à de nombreux sports comme le tennis, le basketball, le badminton, le rugby, le ski alpin, le vélo à mains, le curling, le hockey en luge, etc. Mais il a vite compris qu'en raison de ma physiologie, je pourrais exceller en ski paranordique. Je me suis sérieusement mis à pratiquer le ski de fond en luge en décembre 2008. Je ne pensais jamais alors représenter le Canada aux Paralympiques de 2010 », de préciser Sébastien Fortier.

À la fin du mois de janvier 2009, Fortier participe à sa première vraie compétition, le Championnat canadien de l'Est de Gatineau. Il y décroche sa première de six médailles d'or qu'il gagnera d'ici la fin de cette saison.

« En raison de mes succès, Pierre et moi prenons la décision que je m'entraîne pendant l'été et à l'automne en luge à roulettes en plus de faire de la musculation. En décembre 2009 lors d'une épreuve NorAm en Colombie-Britannique, je me fais remarquer par l'entraîneur de l'équipe canadienne, Kasper Wirz. On m'offre alors de participer à mes frais à deux coupes du monde en France et en Allemagne, soit quatre courses. On me dit que si je performe bien, je pourrais me rendre aux Paralympiques de Vancouver », poursuit le Charlesbourgeois.

Standards à réaliser
Le fondeur en luge sait qu'il doit terminer ses épreuves en des temps inférieurs à 30 % du temps du meneur dans l'une de ces quatre courses s'il veut se rendre en Colombie-Britannique.

« J'atteins cet objectif dans les quatre courses, dont une, où je termine moins de 15 % derrière le temps du meneur. Ces performances me valent une invitation pour Vancouver alors que mon objectif initial était de participer aux Paralympiques de 2014 en Russie. Comme j'avais mis les efforts pour atteindre ma forme maximale pour ces deux coupes du monde, les résultats de Vancouver n'ont pas été extraordinaires, mais j'y ai beaucoup appris pour l'avenir », de préciser encore Sébastien Fortier.

C'est en se disant qu'il n'avait rien à perdre et qu'il avait tout à gagner qu'il s'est rendu en Europe. Il y revient avec une place sur l'équipe canadienne qui prendra part aux Jeux paralympiques, une réussite qui le satisfait au plus haut point.

« Ce qui m'a aidé, c'est le fait que je me suis entraîné à fond pour atteindre cet objectif. J'ai appris bien des choses à Vancouver et j'aspire maintenant à devenir membre de l'équipe nationale de ski de fond en luge. Pour ce faire, je devrai acquérir une nouvelle luge et de nouveaux skis, changer ma position sur la luge, poursuivre mon entraînement de façon très sérieuse et participer à des camps d'entraînement de l'équipe canadienne. Je sais déjà que je ferai partie en 2010-2011 de l'équipe nationale de développement. À moi de faire en sorte qu'on me demande de joindre l'équipe nationale », d'avouer le paralympien.

C'est en espérant obtenir un classement parmi les 20 premiers skieurs de fond en luge au monde que l'athlète de Charlesbourg entrevoit la prochaine année.

« Je vise une place sur la première marche d'un podium la saison prochaine. Mais mon objectif ultime, c'est d'être sur la plus haute marche du podium lors des Paralympiques de 2014 en Russie. En augmentant ma puissance et ma masse musculaire, je devrais être en mesure de réaliser cet objectif », de conclure Sébastien Fortier.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive