11 avril 2010
La vie est faite de détours nécessaires. Après avoir mis sa carrière de fondeur en veilleuse pendant trois ans, Vincent Ruel est revenu en force et s’enligne tout droit vers les Universiades de l’an prochain, en Turquie. Le tout en portant par ailleurs le triple chapeau d'étudiant, de travailleur et bientôt de papa à temps plein !

Il y a trois ans, l’athlète de 26 ans faisait partie d’une poignée d’espoirs canadiens sous la férule du Centre national d’entraînement Pierre Harvey. Surentraîné et sentant que ses capacités plafonnaient, Vincent Ruel a tout largué.
« Je n’étais plus capable d’en donner. Je ne récupérais plus et je n’atteignais pas les objectifs. Dans ma tête, c’était fini » , raconte-t-il au terme d’une saison qui l’a relancé de façon spectaculaire sur l’échiquier provincial.
Dans les faits, c’était plus qu’une pause. C’était terminé, hormis quelques inscriptions à des courses ici et là...
C’était jusqu’à ce qu’il ressente de nouveau la piqûre à la fin de l’hiver dernier. De fil en aiguille, des discussions avec sa conjointe l’ont convaincu de tenter sa chance. Pour la toute dernière fois.
« Je me suis redécouvert ! Faire autre chose pour me changer les idées, je l’ai vécu pendant trois ans et je ne tripais jamais autant qu’en ski. Les astres s’alignaient pour que je tente un retour » , explique-t-il.
Un retour par étape
En effet, le Rouge et Or de l’Université Laval relançait son programme de ski de fond. Vincent Ruel s’est donc retrouvé un rêve : celui de prendre part à une compétition d’élite en Europe. Les Universiades, ou championnats mondiaux universitaires, se tiennent l’an prochain en Turquie.
« Quand j’ai recommencé à m’entraîner à fond l’été dernier, j’étais sous le choc. À ma première séance d’intervalles, je voulais vomir, mais je savais que c’était juste une étape. J’ai été plus intelligent qu’avant dans mon entraînement et je voulais juste m’améliorer d’une fin de semaine à l’autre une fois la saison commencée. »
Quelques mois plus tard, mission diablement accomplie ! Champion québécois civil et universitaire. Premier et quatrième aux championnats universitaires de l’est du Canada. Troisième au sprint au championnat canadien universitaire... Vincent Ruel ne l’a jamais vu venir.
« Je ne m’attendais pas à remonter aussi vite », révèle-t-il, précisant que ses chances de se qualifier pour les Universiades sont du même coup excellentes.
« Je sais ce qu’il y a à donner pour atteindre le niveau olympique et je ne l’atteindrai probablement jamais. Mais les Universiades, c’est la deuxième plus grosse compétition hivernale au monde. C’est pas banal ! »
Une inspiration
En plus de s’être remis sur les rails du succès sportif, Vincent Ruel ratisse large en enseignant l’administration au collégial et en poursuivant ses études en intervention sportive à l’Université Laval. Comme s’il se tournait les pouces, en septembre, il minouchera aussi son premier bébé.
Pas pour rien que plusieurs se tournent vers lui pour s’en inspirer.
« Comme sportif, si tu réalises que tu n’iras pas aux Jeux olympiques, tu dois te trouver des défis. Je dis toujours à mes étudiants de s’accrocher à une passion. C’est ce qui m’arrive avec le ski. On va prendre soin de la petite famille, on va s’essayer aux Universiades, et après, ce sera un an à la fois. »
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