4 février 2010

La solution dans l’aménagement forestier ?

Depuis toujours, les stations de ski de fond sont nombreuses à déplorer la difficulté de subsister financièrement. Et si la solution résidait dans un aménagement forestier plus propice à générer quelques revenus ? Les ingénieurs forestiers de la Forêt Montmorency, qui exploitent eux-mêmes une station de ski de fond, sont déjà engagés dans ce processus. De plus en plus, l'idée d'exposer ce type de solution germe dans la tête des administrateurs de l'endroit afin de partager leur expertise avec les autres stations de ski de fond de la région.

De toute évidence, le sujet est délicat. En effet, qui dit aménagement forestier dit forcément coupe de bois pour rentabiliser les investissements que nécessitent chaque année la construction ou la réfection des sentiers skiables. Amants de la nature,inutile toutefois de serrer les poings ou de monter aux barricades !

« Il ne faut pas avoir une vision minimaliste de la situation. Le but est de maximiser la mise en valeur et l'utilisation des ressources disponibles. Ça ne veut pas dire que lorsqu'il n'y a aucune coupe, le paysage est plus beau. Une forêt bien aménagée a souvent un aspect visuel plus intéressant de toute façon », plaide Hughes Sansregret, directeur des activités forestières à la Forêt Montmorency.

Pas de couple à blanc
Sur place, la technique de coupe progressive irrégulière est mise en application. Grosso modo, il s’agit de retirer environ un arbre sur trois dans l’axe de 50 m de chaque côté des sentiers et de procéder à des coupes modérées sur la zone plus éloignée. Les skieurs, dans une proportion de 30 %, ont affirmé n’avoir constaté aucune différence en matière de paysage.

« On y va par dispersion. Nous sommes conscients que les skieurs adorent la nature et que si les coupes sont trop importantes, on va les perdre. Les gens aiment avoir une certaine vision dans la forêt, et le fait de pratiquer cette technique amène la regénération », explique M. Sansregret.

« On ne fait surtout pas la promotion des coupes à blanc, mais plutôt de l’aménagement en bordure des axes récréatifs comme le ski de fond par des coupes partielles. » Ce dernier estime que les revenus du bois seraient profitables aux stations de ski de fond qui peinent à joindre les deux bouts.

Des questions
Évidemment, des questions se posent. Les stations auraient-elles l’assurance de renflouer leurs coffres ? « Si le traitement se paye à la Forêt Montmorency, pourquoi il ne fonctionnerait pas ailleurs ? rétorque M. Sansregret. Les économistes prédisent la fin de la crise économique forestière pour 2011 ou 2012. Déjà, il y a des signes encourageants. C’est maintenant qu’il faut embarquer. »

Cependant, toute végétation n’est pas propice à cette technique. Par exemple, les ingénieurs de la Forêt Montmorency la pratiquent dans des endroits peuplés de conifères. Par ailleurs, les centres de propriété privée ne peuvent pas se lancer dans des coupes comme bon leur semble, eux qui sont souvent locataires de l’endroit.

« On est conscients du fait qu’il y a des réalités différentes, mais dans les cas où l’aménagement forestier est possible, il faut changer de chapeau. Au lieu d’être interventionniste ponctuel dans les sentiers, il faut devenir aménagiste permanent. On est là pour servir de vitrine », lance Hugues Sansregret.

Le Regroupement favorable

Le regroupement des stations de ski de fond de la région de Québec croit que l'idée de maximiser l'utilisation des ressources forestières se veut une solution sensée.

« Il faut être complètement ouvert à ça. On sait qu'on a l'expertise des ingénieurs forestiers. Ce ne sont pas des entrepreneurs qui sont là pour canibaliser les forêts ! », argue Pierre Leclerc, président de l'organisme représentant pas moins de 48 stations dans un rayon de 150 km autour de la ville de Québec.

Bien au fait de la situation précaire qui prévaut dans certaines de ces stations, de même que de la façon de faire que proposent les penseurs de la Forêt Montmorency, M. Leclerc n’y voit aucune croisade capitaliste ou anti-écologique.

« Au contraire, c’est ce qui permet de revitaliser la forêt. C’est à la base une bonne politique pour nous. Je pense à plusieurs endroits qui en profiteraient. On est ouverts à toutes les explications. »

Une rencontre pour étudier la question pourrait être tenue en fin de saison. « Les gens n’embarqueraient assurément pas tous, mais au moins, ils auraient toutes les options » , dit M. Leclerc.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive