3 janvier 2010

Découvrez le fondeur Alex Harvey

Les Jeux olympiques de Vancouver prendront leur envol dans 40 jours et l'engouement se fait de plus en plus sentir à travers le pays. Afin de vous faire vivre cet enthousiasme de plus près, le RDS.ca poursuit sa série d'entrevues avec des athlètes québécois prometteurs pour cet événement gigantesque.

L'équipe du RDS.ca a concocté un questionnaire unique pour que vous appreniez à connaître davantage ces athlètes. C’est au tour du fondeur Alex Harvey de répondre à nos questions.

RDS.ca : Quel est ton ou tes objectifs pour les Jeux olympiques de Vancouver ?

Alex Harvey : Ce sont mes premiers Jeux olympiques et je suis plutôt un jeune athlète en ski de fond. Je souhaite une seule chose et c’est d’arriver à Vancouver dans ma meilleure forme de la saison pour réussir mes meilleures courses de la saison aux Olympiques.

RDS.ca : Quel est ton meilleur souvenir olympique et pourquoi ?

A.H. : Je dirais la médaille de bronze remportée par Beckie Scott aux Olympiques de Salt Lake City. Il s’agissait de la première médaille olympique de l’histoire du Canada en ski de fond. Même si j’étais assez jeune (13 ans), je vais toujours me souvenir de cette course. Elle avait terminé en troisième place au photo finish après avoir lutté avec deux skieuses pour le bronze.

RDS.ca : Qui est ton athlète préféré(e) et pourquoi ?

A.H. : C’est difficile de choisir, mais je dirais Roger Federer puisque le tennis est pratiqué par beaucoup de personnes sur la planète. C’est un sport vraiment physique, mais très mental aussi et il a été capable de se maintenir au sommet pendant plusieurs années. Il a passé quelques mois en deuxième place, mais sa carrière est assez impressionnante.

RDS.ca : As-tu une ou des superstitions ?

A.H. : Non, je n’ai aucune superstition.

RDS.ca : Quelle est la (ou les choses) la plus importante dans ta préparation ?

A.H. : Pour moi, c’est vraiment d’être au sommet de ma forme physique. En ski de fond, tu chutes rapidement en 20e ou 30e place si tu n’es pas en excellente forme.

RDS.ca : Quelle est la personne qui t'a le plus aidée dans ta vie pour atteindre les Olympiques ?

A.H. : Évidemment, il y en a plusieurs, mais je dirais ma mère. En plus d’être ma mère, elle est médecin sportif donc c’est très utile de compter sur un médecin à la maison notamment pour toutes les petites blessures.

RDS.ca : Quel athlète olympique aimerais-tu le plus rencontrer ou discuter avec à Vancouver et pourquoi ?

A.H. : (Après une longue hésitation) Je dirais peut-être Sidney Crosby afin de lui demander comment il négocie avec le fait d’être une superstar au Canada où le hockey prend toute la place ou presque.

RDS.ca : Quel est ton meilleur souvenir en compétition ?

A.H. : Ce serait ma première médaille aux Championnats du monde junior. C’était la première fois que j’étais capable d’être parmi les meilleurs au monde. C’était une surprise pour moi ainsi que mon premier bon résultat sur la scène internationale.

RDS.ca : Qui est ton ou ta meilleur(e) ami(e) dans le monde du sport ?

A.H. : Même si je pratique un sport individuel, je voyage et je m’entraîne avec les autres membres de l’équipe canadienne donc je dirais Devon Kershaw.

RDS.ca : Quel a été l'élément déclencheur pour que tu rêves de te rendre aux Olympiques ?

A.H. : Je ne sais pas si un élément déclencheur a été nécessaire. En fait, aussi loin que je me souviens, j’ai toujours voulu me rendre aux Olympiques. J’ai toujours aimé gagner, m’entraîner fort et souffrir un peu.

RDS.ca : Comment ressens-tu la pression des Olympiques au Canada ?

A.H. : La pression s’avère plus forte que jamais étant donné que les JO se tiennent au Canada et que la barre a été placée très haute par les dirigeants qui désirent gagner les Olympiques. De plus, les gouvernements ont augmenté les budgets si bien que chaque athlète sent quasiment la nécessité de ramener une ou même plusieurs médailles. Les Olympiques sont un sujet très présent dans les médias et les gens s’attendent à ce que le Canada performe très bien. Les observateurs regardent les statistiques du Canada aux derniers Championnats du monde de l’an passé et croient que le Canada gagnera, mais les Olympiques c’est complètement différent.

Personnellement, je suis encore très jeune en ski de fond donc la pression se concentre surtout sur d’autres athlètes. Mais depuis que je suis jeune j’ai été habitué à la pression avec le nom de mon père (Pierre Harvey) et mes résultats aux Championnats mondiaux juniors donc je n’ai pas de problèmes avec ça.

RDS.ca : Quel sport olympique tu ne pratiquerais jamais et pourquoi ?

A.H. : Ce serait sûrement la luge ! Ça peut sembler surprenant, mais en Europe ce sport est toujours à la télévision. On tente parfois de regarder des Coupes du monde de ski de fond et on tombe sur de la luge et on éprouve de la difficulté à y croire surtout que ce sport est pratiqué par seulement quelques pays comme l’Allemagne, les États-Unis, le Canada, la Suisse, la Russie…

RDS.ca : Quel sport olympique aurait été ton deuxième choix et pourquoi ?

A.H. : Le vélo de montagne, j’ai participé à deux Championnats du monde juniors dans cette discipline et je pratiquais ces deux sports jusqu’à 17 ans.

RDS.ca : Raconte-nous le plus beau moment de ta carrière d'athlète ?

A.H. : C’est survenu l’an passé en Coupe du monde lorsque j’ai terminé troisième au 50 km de Trondheim en Norvège. Le 50 km demeure l’épreuve classique du ski de fond et c’était dans le style traditionnel. J’ai réussi ce résultat en Norvège, la mecque du ski de fond, donc c’était spécial pour moi de grimper sur le podium.

RDS.ca : Raconte-nous le moment le plus difficile dans ta carrière d'athlète ?

A.H. : Je l’ai vécu il y a deux ans à ma dernière année junior. Je souffrais d’une blessure à la jambe gauche. C’était un problème d’irrigation et il n’y avait pas assez de sang qui se rendait à ma jambe ce qui m’empêchait de pousser à la limite. J’avais l’impression que ma jambe voulait arracher. J’avais obtenu deux médailles de bronze aux Championnats du monde junior l’année précédente donc je m’étais entraîné durant tout l’été afin de devenir champion du monde, mais j’ai dû vivre avec ce problème. Finalement, je n’ai pas été en mesure d’effectuer les dernières compétitions de la saison et je me suis fait opérer car je n’en pouvais plus autant physiquement que mentalement.

RDS.ca : Quel est l'adversaire de ta discipline que tu respectes le plus et pourquoi ?

A.H : Le Suédois Anders Soedergren, je le respecte beaucoup parce qu’il est vraiment tough. En ski de fond, les épreuves se terminent souvent avec un sprint impliquant 15, 20 ou même 30 skieurs après un parcours de 50 km étant donné que le niveau est très élevé. Soedergren se trouve toujours en avant du peloton pour tenter de le faire exploser, mais il se fait souvent avoir en terminant en 4e ou 5e position.

RDS.ca : Quel est l'athlète de ta discipline que tu apprécies le moins et pourquoi ?

A.H. : Ce sont les athlètes russes en général car ils sont impliqués dans beaucoup d’histoires de dopage et ils sont encore suspects aujourd’hui. On entend souvent parler d’enquêtes à leur sujet et ils se font prendre à l’occasion. Selon moi, c’est systématique pour eux.

RDS.ca : Que manque-t-il au Canada pour avoir plus de succès sur la scène olympique ?

A.H : Je pense que la différence se trouve dans la culture du sport. Tout le monde aime le sport professionnel au Canada, mais ce n’est pas encore le cas avec le sport amateur et tu comprends cette différence quand tu arrives en Europe. Je pense notamment à l’attachement des pays scandinaves aux sports nordiques.

Il faudrait donc que le sport amateur soit plus imprégné dans la culture canadienne ce qui produirait des répercussions positives en santé. Le gouvernement doit investir dans l’activité physique et pas nécessairement la compétition. Ce serait plus facile de détecter le talent si plus de Canadiens pratiquaient des sports et les hôpitaux seraient moins achalandés. Ça prendrait probablement une dizaine d’années pour imprégner cela dans la culture canadienne et obtenir des bénéfices incroyables.

RDS.ca : Comment te décrirais-tu comme personne ?

A.H : Je suis quelqu’un de très calme en certaines circonstances, mais aussi très excité et énergique quand il le faut et je ne m’en fais pas avec les choses que je ne peux pas contrôler.

RDS.ca : Tu entends poursuivre ta carrière jusqu'à quand ?

A.H. : Environ jusqu’à la trentaine. En ski de fond, tu commences à atteindre ton apogée vers 27-28 ans. Il y a un champion olympique qui est encore sur le circuit de la Coupe du monde à 39 ans et il a terminé troisième aux Mondiaux l’an passé. Le ski de fond est un sport de capacités aérobiques et ça se développe avec les années d’entraînement.

RDS.ca : Quel est l'aspect le plus difficile dans ton sport ?

A.H : La souffrance qui n’est pas toujours facile à endurer. Quand tu pratiques ce sport, tes muscles et tes poumons brûlent et il faut aimer cela ! Mais tu traverses des moments pendant la saison ou dans les entraînements pendant lesquels tu n’as pas la tête à ça. Le problème c’est que dès que tu ralentis de 5% et que tu essaies de souffrir un peu moins, tu n’es plus au niveau. Il faut toujours garder un esprit compétitif pour demeurer parmi les meilleurs.

RDS.ca : Comment réagis-tu quand les gens te reconnaissent ?

A.H : Ça me fait plaisir, mais ça n’arrive pas très souvent encore.

RDS.ca : Quel est le sport que tu iras regarder en priorité à Vancouver ?

A.H : Le ski alpin même si je n’ai pas encore regardé les horaires des autres sports. Par contre, je devrais participer à cinq des six compétitions en ski de fond entre le 15 et le 28 février. Après avoir fait ta course, tu récupères ensuite tu te prépares pour ta prochaine compétition et tu dois tester tes skis donc tu travailles constamment.

RDS.ca : Est-ce que tu seras davantage «dans ta bulle» ou tu développeras une grande camaraderie avec les autres athlètes durant les Jeux ?

A.H. : Je vais être en compétition avec les mêmes athlètes que ceux de la Coupe du monde donc je vais continuer de parler à ceux que je connais bien. En ce qui concerne la délégation canadienne, l’équipe de ski de fond ne demeure pas dans le village olympique afin d’éviter les maladies. Au terme d’une course de ski de fond, ton système immunitaire est complètement à terre et les Olympiques s’avèrent le meilleur moment pour attraper un virus alors que tous les athlètes mangent à la cafétéria et touchent les mêmes poignées de porte. C’est pourquoi nous allons demeurer dans des maisons près du site de ski de fond.

RDS.ca : Quelle est ta routine lors des journées de compétition ?

A.H. : Quand je me lève, je vais faire un peu de jogging question de me réveiller et d’observer la température de la journée. Je déjeune trois heures avant ma course pour avoir tout digéré et que le sang soit affecté à mes muscles et non à l’estomac. Ensuite, j’attends un peu en surfant sur internet ou en regardant la télévision. Finalement, je me rends au site de course où je commence mon réchauffement environ une heure avant la course. Les farteurs ont déjà testé la plupart des skis et il me reste seulement à me réchauffer pour être prêt pour le départ. Je prends mes skis environ cinq à dix minutes avant la course et c’est le départ !

RDS.ca : À quel âge et dans quelles circonstances as-tu commencé à pratiquer ce sport ?

A.H. : J’ai commencé à trois ans. Mes parents me tiraient en ski de fond dans un traîneau adapté et quand ça me tentait je sortais pour skier durant une quinzaine de minutes. Je retournais dans mon traîneau quand j’étais tanné et graduellement je me suis mis à skier plus longtemps. Je pense que j’ai fait ma première course à cinq ans au Mont Ste-Anne.

RDS.ca : Quelle autre passion possèdes-tu en dehors du sport pour décrocher ?

A.H. : En fait, présentement je suis encore aux études donc je consacre la plupart de mon temps au ski et aux études.

RDS.ca : Quel est l'endroit préféré que tu as visité dans le monde et pourquoi ?

A.H. : La Nouvelle-Zélande que j’ai visitée trois fois. J’y suis allé lors deux derniers étés avec l’équipe nationale afin de skier alors que c’est l’hiver pour eux. J’ai aussi participé aux Championnats du monde junior dans ce superbe pays. Tu peux y retrouver la mer et les plages pour faire du surf tout comme les montagnes et les volcans… De plus, ce n’est pas très populeux et les gens sont très accueillants.

RDS.ca : Si tu n'étais pas un athlète, que ferais-tu dans la vie ?

A.H. : Je serais sûrement un étudiant à temps plein et je ferais comme les autres jeunes de 21 ans, c’est-à-dire aller à l’école et faire le party avec mes amis (RIRES).

RDS.ca : Quelle est la personnalité connue que tu admires le plus à l'extérieur du domaine sportif ?

A.H. : Je dirais Barack Obama, le premier président américain noir. Je l’admire encore plus parce qu’il est arrivé dans un contexte difficile et qu’il tient son point même s’il reçoit plusieurs critiques.

RDS.ca : Quel est le moment sportif, olympique ou non, qui t'a le plus marquée dans ta vie ?

A.H. : C’est la victoire d’Usain Bolt au 100 mètres des Jeux olympiques de Pékin. Dans le fond, ce qui m’épate c’est de voir jusqu’où l’homme peut aller. En athlétisme, la technologie touche les souliers et le reste c’est la puissance l’homme à 100% ! Dans ma discipline, il y a les skis, les conditions de neige et plusieurs facteurs. C’est vraiment impressionnant de voir ce qu’il a pu accomplir.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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