Hiver 2003-2004

Les tissus imperméables " respirants "...
mythes et réalités

Daniel Roy

Les vêtements de plein air conçus pour résister à la pluie sont maintenant fabriqués à partir de tissus imperméables et de matériaux hydrofuges offrant une certaine perméabilité à l’humidité produite par la transpiration.

Les membranes utilisées sont généralement percées à la surface de milliards de " micropores " au cm2, dont le diamètre est 20 000 fois plus petit que le diamètre d’une gouttelette de pluie, mais très supérieur (700 fois plus gros) à celui des molécules de vapeur d’eau émises à la surface de la peau. L’eau produite sous forme de vapeur et absorbée par le tissu se diffuse à travers celui-ci et s’évapore à l’extérieur.

L’efficacité des différentes membranes existantes sur le marché répond à des critères très précis et fait l’objet de tests standardisés. La pression d’eau à laquelle on expose la membrane se mesure en mètres de colonne d’eau. Par exemple, la pression maximale à laquelle une botte de randonnée peut être soumise, est de 40 m de colonne d’eau.

Comparées au traditionnel " imper " fait de plastique qui ne " respire " pas, ces membranes microporeuses faites de polyuréthanne ou de polyéthylène , qui sont accolées ou enduites au nylon du vêtement ou au cuir de la botte de randonnée, offrent sous la pluie une protection complète et un confort idéal, à condition toutefois que le niveau d’humidité sous le vêtement ne dépasse pas celui de l’organisme au repos. En situation d’exercice, principalement s’il pleut et que l’humidité ambiante s’ajoute à celle déjà produite par le métabolisme, la capacité d’évaporation de la membrane est rapidement déficiente et " l’effet de serre " transforme la vapeur d’eau en fines gouttelettes. À cause de leur diamètre, celles-ci sont traquées à l’intérieur du vêtement et créent cette sensation désagréable de moiteur si familière aux randonneurs trop pressés. Rappelons que le corps est plus confortable lorsque la température de l’air qui touche immédiatement sa peau avoisine 32-35ºC et que le taux d’humidité se maintient entre 40 et 60%.

La technologie des tissus imperméables " respirants ", née de la révolution Gore-Tex® des années 1970, constitue sans contredit, la plus grande avancée technologique de ce siècle dans le domaine du textile. Mal utilisés, les vêtements fabriqués à partir de ces membranes deviennent inefficaces. Nous sommes tous à la recherche du Graal, mais le vêtement qui demeure confortable dans toutes les conditions (altitude, température et niveau métabolique), sans ajustements de couches ou de ventilation, n’existe pas.

La " respirabilité " d’un tissu implique l’évacuation vers l’extérieur des molécules de vapeur d’eau. Ce mouvement est influencé par deux facteurs : la différence de concentration en vapeur d’eau (ou humidité) entre la surface de la peau et l’air (à l’extérieur du vêtement), et la résistance physique des tissus. La différence d’humidité est déterminée par le niveau d’activité métabolique et le climat environnant. Donc, plus l’activité pratiquée implique un niveau métabolique élevé de manière soutenue, moins les vêtements imperméables " respirants " sont efficaces, même si le froid et le vent se mettent de la partie. La résistance du tissu est une propriété du matériel utilisé et est aussi liée à son épaisseur. Plus le tissu est épais, plus il est résistant aux intempéries et plus lent est le transfert d’humidité vers l’extérieur.

Les coupe-vent imperméables sont donc parfaitement indiqués pour des activités telles que la promenade, le plein air en général, le ski alpin et les autres sports de descente. Lors d’activités intenses telles que la course à pied, le vélo, le ski de fond et les autres sports d’entraînement, ils sont avantageusement remplacés par des coupe-vent plus légers en microfibre (polyester ou nylon), traités pour résister à l’eau.

Chaque vêtement est conçu pour des conditions d’utilisation précises. Il faut apprendre à en reconnaître les limites.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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