18 janvier 2004

S'habiller comme un oignon

Comment se vêtir, alors ?
Comme un oignon, c'est-à-dire en portant plusieurs pelures. Chaque couche de vêtements (habituellement il y en a trois) joue un rôle précis pour se protéger du froid, comme la surchauffe. Voyons cela.

La première couche
Cette couche doit vous garder au sec en absorbant l'humidité produite par la transpiration. C'est l'équivalent du pare-vapeur dans les murs d'une maison. Les sous-vêtements longs, fabriqués à base de polyester (ou de ses dérivés, comme le polypropylène) et à séchage rapide, répondent parfaitement à cette exigence. La face interne de ces sous-vêtements absorbe l'humidité et l'achemine vers la face externe où elle sera transférée à la face interne du vêtement de la deuxième couche et ainsi de suite jusqu'à l'air ambiant. C'est le principe des vases communicants.

Les sous-vêtements en flanelle sont aussi recommandés. Un détail important, le sous-vêtement doit coller au corps afin d'absorber l'humidité avant même la formation des gouttes de sueur. Si au contraire, vous flottez dans vos sous-vêtements, soyez assuré que vous flotterez aussi dans votre sueur. Selon l'intensité de l'activité pratiquée, choisissez des sous-vêtements plus ou moins épais. Si vous pratiquez des activités aérobiques (ski de fond, jogging d'hiver, raquette), optez pour des sous-vêtements minces et légers. Si vous pratiquez des activités au cours desquelles vous êtes souvent à l'arrêt (patinage, glissade, ski de fond avec les tout-petits, observation des oiseaux en raquette), portez plutôt des sous-vêtements épais ou d'épaisseur moyenne.

La deuxième couche
Cette couche sert d'isolant contre le froid. C'est l'équivalent de la laine minérale dans les murs d'une maison. Le vêtement type, qui se porte aussi collé au corps, contient un mélange de fibres isolantes et «respirantes». Par exemple, un pantalon et une veste en laine polaire sont un bon choix. La veste peut avoir des ouvertures sous les aisselles afin de faciliter l'évacuation de l'humidité. Comme vous l'avez fait pour la première couche, choisissez l'épaisseur de cette couche isolante en fonction de la dépense énergétique de l'activité pratiquée.

La troisième couche
Cette couche sert à la fois de coupe-vent, d'imperméable et de déshumidificateur (l'humidité produite par la transpiration doit pouvoir sortir à l'air libre). Elle équivaut au revêtement extérieur de la maison. Les deux-pièces (anorak et pantalon) ou les vêtements d'une seule pièce (combinaison) contenant une fibre synthétique imperméable (Goretex, Conduit, Activent, Sympatex, Thinsulate, Windstopper, etc.) offrent une protection maximale contre le froid, l'eau et l'humidité. Pensez à la combinaison si vous pratiquez un sport qui vous expose à la morsure du vent, comme le ski alpin ou la voile sur glace. La combinaison crée un effet de «cheminée» qui force la chaleur produite par les muscles à remonter vers le haut du corps.

Selon l'activité pratiquée, la troisième couche sera, encore une fois, plus ou moins épaisse et étanche. Il faut mentionner qu'on trouve maintenant sur le marché des vêtements « deux dans un» qui contiennent une membrane interne isolante (2e couche) et une membrane externe de type coupe-vent imperméable (3e couche).

Multicouches
Si le principe des pelures d'oignon s'applique à tous les sports d'hiver, il saute aux yeux qu'un skieur ne doit pas s'habiller comme un fondeur. Il faut tenir compte de l'intensité de l'activité pratiquée et du facteur vent. Voici quelques suggestions :

Ski de fond : ce sport à haute dépense énergétique entraîne une grosse production de chaleur. La troisième couche sera donc légère et facilitera l'évacuation de l'humidité. Un bon choix : le blouson long (avec trous d'aération sous les aisselles) et le pantalon mince en nylon traité. Si vous transpirez beaucoup, le blouson à base d'Activent est à considérer parce que cette membrane évacue avec une grande facilité l'humidité produite par le corps. La coûteuse combinaison en lycra et en spandex intéressera surtout les fondeurs aguerris. Un détail important : si vous ouvrez une piste dans la neige profonde, la guêtre-manchon (enveloppe étanche qui recouvre le coup de pied) empêchera la neige de pénétrer dans vos souliers.

Patinage extérieur, raquette et jogging hivernal : ces activités qui sollicitent les grandes masses musculaires des fesses et des cuisses, s'apparentent au ski de fond sur le plan de la dépense énergétique. Par temps doux, la troisième couche ressemblera donc à celle portée par le fondeur. Par temps froid et venteux, optez pour un blouson pourvu d'une doublure chaude, de type parka. La guêtre-manchon est aussi à conseiller si vous faites de la raquette sur une neige épaisse. Si vous pratiquez le jogging d'hiver, portez des chaussures équipées d'une semelle à rainures profondes pour éviter les « dérapages ».

Ski alpin : à cause de l'effet refroidissant du vent, portez des vêtements bien isolés et hermétiques. Si la troisième couche laisse passer le vent, vous risquez de grelotter après une seule descente. Les blousons de ski en Goretex ou en Defender, qui intègrent une doublure amovible en Polartec (une fibre très chaude) sont particulièrement efficaces. Un petit conseil : en arrivant à la station de ski, enlevez vos bas de ville et laissez sécher vos pieds à l'air ambiant pendant une ou deux minutes. Une fois les pieds secs, enfilez vos bas de ski. Ce rituel, souvent négligé, vous évitera de mettre vos bottes alors que vos pieds sont humides, ce qui favorise un refroidissement rapide.

Planche à neige : vos vêtements doivent être amples et entièrement imperméables, car, surtout au début, on tombe souvent. À cause justement de ces nombreuses chutes, le pantalon doit être renforcé aux genoux et au fessier par des empiècements résistants et coussinés. Il en sera de même pour le blouson long (ou l'aanorak, s'il vente fort) et ses coudes.

N'oubliez pas les pieds, les mains et la tête
Commençons par les pieds, puisqu'ils sont souvent les premières victimes du froid. Enfilez des bas qui gardent les pieds au sec et au chaud. Le bas de laine, avec ou sans acrylique (l'acrylique accélère le séchage), et le bas composé de fibres synthétiques, comme le polypropylène et le ThermaStat, remplissent cette double fonction. Il existe depuis peu des bas d'hiver doublés qui aident à prévenir les ampoules. Le bas interne glisse sur le bas externe, ce qui diminue la friction de la peau sur le tissu. De plus, ce système facilite l'évacuation de l'humidité causée par la transpiration.

Si l'activité pratiquée nécessite l'utilisation des doigts séparés, portez des gants imperméables et très bien isolés plutôt que des mitaines. Pour les sports où l'utilisation des doigts séparés n'est pas essentielle (patin, glissade, raquette, etc.), vous avez le choix entre les mitaines ou les gants. Enfin, il faut aussi protéger sa tête. Contrairement aux pieds et aux mains, la circulation sanguine dans la tête ne diminue jamais par temps froid; heureusement, d'ailleurs, sinon on se gèlerait le cerveau ! Cela explique pourquoi la tête, même si elle ne représente que 8% de la surface corporelle, peut faire perdre de 30% à 40% de la chaleur produite par le corps. Tuque et bandeau sont donc de rigueur.

Par temps très froid, on peut aussi protéger son visage en portant une cagoule. Enfin, s'il fait un froid sibérien comme cette semaine, et que le risque d'engelures est très élevé, regardez donc un bon film ou lisez un bon livre !


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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