9 février 2010


Les membres de l'Equipe de France de ski militaire, en 2007

JO d'hiver : les gradés font du ski

Benoît Vitkine

Jeux olympiques de Turin, 2006. À l'heure du bilan, les équipes de France font leurs comptes : trois médailles d'or, deux d'argent, quatre de bronze. Le bilan est mitigé, la France se classe 10e nation olympique. Un autre constat s'impose : sur les neuf médailles glanées, cinq l'ont été par des militaires, comme le sergent-chef Vincent Defrasne, médaillé d'or en biathlon ou le chasseur Roddy Darragon, médaillé d'argent en ski de fond, pour ne citer qu'eux.

Quatre ans plus tard, peu de choses ont changé : Roddy Darragon, élevé au grade de caporal, et Vincent Defrasne, désigné porte-drapeau de la délégation, sont toujours deux bonnes chances de podium olympique. Comme le chasseur Tessa Worley, le caporal-chef Ingrid Jacquemod ou le sergent-chef Vincent Vittoz. Sur les 108 athlètes français présents à Vancouver, vingt et un sont des militaires engagés dans cinq disciplines – ski alpin, biathlon, ski de fond, combiné nordique, saut à ski.

Autant l'idée de gaillards crapahutant skis aux pieds et fusil dans le dos pour intervenir dans des zones enneigées paraît conciliable avec le rôle de l'armée, autant celle d'un athlète prenant son élan sur un tremplin avant de planer sur une centaine de mètres paraît pour le moins incongrue. "C'est sûr que nous avons plus d'affinités, naturelles et historiques, avec le biathlon qu'avec le saut à ski, mais cette discipline partage elle aussi les valeurs de courage que défend l'armée", explique le commandant Persicot, directeur de l'équipe de France de ski militaire. Ancien biathlète de haut niveau, il occupe ce poste depuis 2003 et la disparition du célèbre bataillon de Joinville, l'unité qui a vu défiler Michel Platini ou Laurent Fignon.

Partenariat entre civils et militaires
Que cherche l'armée française en accumulant les médailles, y compris jusque sur les tremplins de saut à ski ? Le "rayonnement", répond le général Renaud, chef du commissariat aux sports militaires, la structure qui chapeaute l'équipe de ski et ses homologues des autres sports. "C'est une question d'image auprès de la population." "Les champions jouent un peu le même rôle que la patrouille de France, un rôle de prestige", renchérit le commandant Persicot, qui souligne aussi la mission que remplissent les athlètes "en interne" : "Pour un soldat engagé en Afghanistan, savoir que l'un des siens brille au plus haut niveau est une source de satisfaction."

Quant aux athlètes, il y trouvent leur compte, assurent les deux gradés : couverture sociale difficilement trouvable ailleurs, "esprit d'équipe et de solidarité", contact avec les plus grands champions, aide à la reconversion... Quant à l'aspect sportif – entraînement et choix des compétitions – les "civils" gardent la main : les skieurs s'entraînent avec les techniciens de la fédération de ski, le commandant Persicot et ses hommes ne sont là que pour assurer un suivi général des athlètes. "Nous les recrutons quand ils sont déjà au haut niveau, mais ce sont avant tout de jeunes hommes et femmes qui ont besoin d'être encadrés, explique le général Renaud. La formation technique est assurée par les fédérations mais nous leur offrons un cadre solide pour progresser, un cadre paternaliste."

Choyés par leurs sponsors, courtisés par la presse, les champions pourraient presque en oublier qu'ils sont des militaires "24 heures sur 24", selon les mots du général Renaud. Ils ne dorment pas à la caserne, ne sont pas réveillés en pleine nuit pour effectuer des séries de pompes, organisent leur travail et leurs loisirs comme ils l'entendent. Pour garder un lien constant avec ses sportifs, l'armée les suit dans leurs déplacements et les invite à des rendez-vous réguliers : entretiens avec les gradés, défilés du 14-Juillet, championnats militaires internationaux ou encore stages commando, comme celui organisé avant Turin pour créer un "esprit commando" au sein de l'équipe.

"Ils sont tous fiers d'être soldats de la France, d'appartenir à la famille militaire", assure le général Renaud. Des soldats qui, contrairement à leurs frères d'armes, "n'ont pas vocation à être envoyés en opérations extérieures, en Afghanistan ou ailleurs". Des soldats faits pour la parade, pas pour la guerre.

Le gendarme Bernard et le douanier Lizeroux
L'armée française ne limite pas sa présence aux sports d'hiver : la marine compte dans ses rangs les membres de l'équipe de voile, l'armée de l'air, celle de parachutisme. Quant à la gendarmerie, elle recrute tous azimuts, des équipes de tir au nageur Alain Bernard. Avec ses 185 athlètes militaires, la défense nationale est le premier contributeur public de sportifs de haut niveau, suivie de la police (une soixantaine d'athlètes), de l'éducation nationale (cinquante) et des douanes (quarante athlètes, parmi lesquels, pour les sports d'hiver, les skieurs Julien Lizeroux et Sandrine Aubert). Pour l'heure, le snowboard ne fait pas partie des sports dont l'"esprit commando" intéresse la Grande Muette. "On ne s'interdit rien, mais ce n'est pas d'actualité", note Christian Persicot.`

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des Jeux olympiques de Vancouver
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