18 février 2010

De l'art de bien farter ses skis

"J'avais des très bons skis." Modeste à l'issue de sa victoire dans le combiné nordique, dimanche 14 février, Jason Lamy-Chappuis a, cependant, mis le doigt sur un fait que personne ne conteste à Vancouver.

En ski, comme en natation, la qualité de l'équipement des athlètes est l'un des leitmotivs des délégations olympiques. Sur les pistes, la combinaison ne tient pas une place aussi proéminente que dans les bassins javellisés. On lui préfère un autre aspect de l'équipement, une science magique nommée "fartage".

Cette technique permet aux skis de glisser le mieux possible sur la neige. Pour rendre la glisse optimale, le "farteur" applique différents types de cire et de paraffine sur la planche, créant ainsi une micropellicule d'eau entre la neige et la semelle du ski qui augmente la vitesse.

"Avant la course, je savais que j'avais des bons skis, comme Vincent Jay, qui venait de gagner le sprint du biathlon", a affirmé Jason Lamy-Chappuis, qui a su tirer profit de l'expérience de son farteur, Fabrice Guy, lui-même médaillé d'or de combiné nordique aux Jeux d'Albertville en 1992.

Vincent Jay, qui a déclaré après son titre "je n'ai peut-être jamais aussi bien skié de ma vie", a sans nul doute lui aussi bénéficié du savoir-faire tricolore en matière de fartage. Tout comme les deux autres médaillées du biathlon français, Marie-Laure Brunet et Marie Dorin.

Structureuse
À chaque édition des Jeux, c'est à qui trouvera le bon fartage. En 1998, à Nagano, ce sont les Norvégiens qui avaient récolté les fruits de longues recherches en matière de fartage en n'empochant pas moins de quinze médailles dans les épreuves de ski nordique. Alors on s'épie, on scrute le moindre petit indice qui pourrait indiquer le fartage de l'adversaire. Pour les aider, les équipes font appel à des firmes spécialisées. En France, l'entreprise Vola fournit certains "prototypes" aux Bleus. Des assemblages chimiques qui ne sont dévoilés qu'à la fin des Jeux olympiques.

"C'est un secret bien gardé, assure Denis Lemoine, ancien farteur de l'équipe de France de ski alpin, aujourd'hui employé par Vola. Dans un fartage, il faut prendre en compte le type de course, la qualité et la température de la neige. Pour faire un bon "fart", il n'y a pas de recette précise, chaque technicien a sa petite mayonnaise."

Pour avoir la meilleure glisse possible, les équipes de France de ski de fond, de biathlon et de combiné nordique ont réuni leurs forces. Pour la première fois, elles se sont échangé les informations sur la neige, leurs compétences sur le fartage, et ont emmené une curieuse bête dans leurs bagages : une "structureuse".

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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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