12 février 2010

Entretien avec Erich Müller, chef du département de sciences du sport de l'université de Salzbourg
Anthony Hernandez
Vendredi, avant même le début de la cérémonie d'ouverture des 21es Jeux olympiques, les "Aigles" de Vancouver prendront leur envol. Dans le monde des sports d'hiver, les sauteurs à ski sont des êtres à part. Depuis plusieurs années, dans la lignée des travaux réalisés en ski alpin et en ski de fond, la technologie et la science se sont mises au service de leur sport. Erich Müller, professeur en chef du département de sciences du sport et de kinésiologie de l'université de Salzbourg, évoque l'apport de la biomécanique – l'étude de la physiologie des êtres vivants, d'après les lois de la mécanique – dans l'optimisation des techniques de saut et de la sécurité des athlètes.
Dans quelle mesure la science a-t-elle influencé le saut à ski ?
Depuis les années 1920, les scientifiques se sont penchés sur cette discipline. Dans les années 1920, Straumann a été le premier à réaliser des recherches sur ce sport en tentant de déterminer la position du corps la plus aérodynamique lors de la phase de vol, notamment par le calcul des trajectoires et la mesure du vent. Par la suite, de nombreuses méthodes de biomécanique ont été développées pour étudier le mouvement particulier lié au saut. Les principaux domaines d'études concernent aussi bien la zone des tremplins, l'impulsion des sauteurs et la phase de vol. Pour cela, les chercheurs ont recours à des simulations de saut sur ordinateur.
Que nous ont appris ces études ?
D'abord une confirmation : le saut à ski est un sport très élaboré et exigent ; les sauteurs doivent avoir un fort potentiel de détente et un niveau de coordination excellent. En revanche, la masse corporelle doit être faible pour augmenter la distance du vol.
Durant l'entraînement, les simulations de sauts et de vols sont essentielles. Par exemple, l'utilisation de la cinématique – l'étude du mouvement – permet d'apprécier la qualité d'un tremplin. Plus largement, le travail effectué sur le matériel et l'équipement a des effets sur l'amélioration de la sécurité et permet de s'adapter aux caractéristiques anthropologiques des sauteurs.
L'introduction de la technique de saut en V a-t-elle modifié le saut à ski ?
Cette technique a une incidence sur tous les aspects du saut : impulsion, vol – pendant lequel le sauteur forme un V avec ses skis – et atterrissage. Elle améliore énormément la performance du sauteur, au point que des réglementations ont été introduites pour assurer la sécurité des athlètes.
Pensez-vous que les records peuvent être améliorés grâce à ces recherches ?
Dans l'état actuel des choses, les records ne vont pas énormément bouger. Désormais, c'est l'évolution des tremplins qui va permettre aux sauteurs de voler plus loin. Mais à mes yeux, le challenge essentiel, et le plus excitant, est d'atteindre le meilleur niveau de sécurité pour les athlètes.
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