14 février 2010

L'ennemi olympique n°1

Quatrième à Turin à 19 ans, Jason Lamy Chappuis a acquis depuis quatre ans l'étoffe d'un champion olympique en puissance. Décryptage par le responsable de l'équipe de France Nicolas Michaud.

Anthony Thomas-Commin

Un sauteur devenu fondeur
« C'était un très bon sauteur mais on était persuadé qu'il pouvait être très fort en fond. Ce n'est pas facile car les deux disciplines exigent des qualités opposées : explosivité pour le saut, endurance pour le fond. En plus, le fond est un sport à maturité lente. Il faut des années pour avoir une vraie ossature d'homme et travailler l'aérobie. Depuis le début de l'hiver, il a haussé son niveau en fond. Il nous a même surpris car il est capable de rester dans les skis des meilleurs fondeurs. À Oberhof, il était avec Manninen et Gottwald, les meilleurs combinés. »

Un comportement de leader
« À Turin et dans les années qui ont suivi, Jason était toujours un outsider. L'an dernier, il a découvert le statut de leader de la Coupe du monde. Dès son premier week-end avec le dossard jaune, il a vite appris comment se comporter. Il se conduit en patron, il est en confiance. Il assume le fait d'être favori, il prend ses responsabilités. Il travaille quand il faut dans l'épreuve de fond. »

Imperméable à la pression
« Ce nous qui surprend, c'est sa force mentale. C'est quelque chose qu'il a construit au fil des années. Il a cela en lui. Cela vient de l'éducation que lui ont apporté ses parents. C'est ce qui fait la différence entre un athlète de classe mondiale et un athlète moyen. Il arrive à positiver tous les moments difficiles. La pression, cela ne le bloque pas, cela le booste. Ses coéquipiers rivalisent avec lui à l'entraînement mais Jason arrive à passer un palier en compétition.»

Un avantage psychologique
« Être leader de la Coupe du monde, c'est un avantage. Quand Fabrice Guy devient champion olympique en 1992, il débarque avec le dossard jaune. Les Jeux, ce sont des épreuves d'un jour mais ils couronnent le travail d'une saison. C'est rare qu'on arrive de nulle part pour gagner le titre olympique. Il vaut mieux arriver parmi les meilleurs du monde. Quand vous avez l'habitude d'être sur les podiums, vous avez plus de chances aux JO. »

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