2 février 2010

Il fut une époque où le biathlon n'était l'affaire que d'un seul nom. À son tour, Jean-Philippe Le Guellec prête le sien à ce sport pour lui donner ses lettres de noblesse. Après tout, l'athlète de Val-Bélair se pointe aux Jeux de Vancouver à titre de détenteur de la meilleure performance canadienne masculine dans l'histoire de la discipline.

Il a neigé plusieurs flocons depuis l'hiver 2004 lorsqu'il est devenu champion mondial junior. Soudainement, le biathlon québécois reprenait sa place sur l'échiquier sportif après les années fastes de Myriam Bédard.
« Il y a eu un gros boum à partir de 2004, la couverture médiatique - même si on ne fait pas cela pour ça - a augmenté et le nombre de participants a bondi », expliquait l'olympien des Jeux de Turin.
En 2006, il en était à sa première année sur le circuit de la Coupe du monde. Il a découvert l'univers des anneaux sans connaître tous les plaisirs y étant rattachés. Isolé dans les montagnes italiennes, il n'a pas vécu dans le village des athlètes, l'équipe de biathlon ayant plutôt logé dans un hôtel.
« Juste de pouvoir vivre dans le village, à Whistler, ce sera différent de A à Z avec Turin. Sur le site, ce sera comme un championnat canadien, où l'on connaît les bénévoles, les officiels », compare le monarque national en titre. Il entendra les « Let's go J.P. », contrairement à ses tournées sur le Vieux continent.
Le Guellec a commencé le biathlon à l'âge de 13 ans. Quelques années plus tôt, il avait découvert que sa mère détenait une carabine. Pour s'en servir, elle avait inscrit son fils chez les cadets afin qu'il puisse s'exercer en toute sécurité.
« À six ans, j'avais juré à mes parents que je ne toucherais jamais plus à des skis de fond de ma vie », dit en riant celui qui préfère encore viser juste. « C'est toujours le fun de tirer... », ajoute celui qui fut découvert lors d'un championnat québécois par l'entraîneur du Centre national, Daniel Lefebvre.
Dès sa première année, il rate sa sélection pour le championnat canadien par 30 secondes uniquement parce qu'il s'est trompé de piste. Ses parents ont alors pris une décision importante qui allait changer sa vie. Son père a quitté son emploi chez Bombardier et la famille a déménagé de Lorraine pour s'installer à Shannon, près du centre d'entraînement de la base militaire de Valcartier.
Passion de la guitare
« Aujourd'hui, je peux le dire : ils ont carrément déménagé à cause de moi. Et je ne serais pas ici si ce n'était à cause d'eux », avouait ce fils né à Kingston, en Ontario, mais qui a passé les deux premières années en Angleterre. À Vancouver, ses parents le verront de près puisqu'ils seront des bénévoles au site de biathlon. Il y reverra aussi son ex-entraîneur, qui lui a fait découvrir une autre passion dans sa vie, soit la guitare.
« Daniel [Lefebvre] faisait partie d'un groupe et je le trouvais bon. Avant, j'étais un gars de hip-hop, mais j'ai fait une transition vers le rock. Ça fait un an que j'en fais plus sérieusement et avec l'Internet, on trouve des trucs pour mieux jouer. Ce n'est qu'un passe-temps, je ne vise pas à devenir le prochain groupe KISS », confiait-t-il en nous montrant son instrument de musique.
Ce qu'il vise, à Vancouver, est plus concret. Il y a deux ans, il n'aurait même pas pensé au top 40. Aujourd'hui, une bonne performance peut le propulser dans le top 10 et, qui sait, sur le podium. « Ce n'est pas impossible, mais j'ai toujours été réaliste par rapport à mes objectifs. »
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