26 février 2010

Bédard en met plein la vue

Le rendez-vous olympique pour les Marc-André Bédard, Robinb Clegg et Brendan Green a été très court. Le temps en fait de skier pendant 7,5 kilomètres et d'abattre 10 cibles, une vingtaine de minutes, pas plus.

Michel Lajeunesse

Hier, ils ont fait équipe avec Jean-Philippe LeGuellec, pour permettre au Canada de mériter une 10e place au relais 4x7,5 kilomètres, dernière épreuve de biathlon des Jeux olympiques de Vancouver 2010.

Et les jeunes biathlètes canadiens, privés de participer aux épreuves individuelles à cause des drôles d'exigences de l'IBU, Union internationale de biathlon, en ont mis plein la vue. Ils ont parcouru la distance en une heure, 24 minutes, 50,7 secondes, soit 3 minutes, 12,6 secondes de plus que les Norvégiens, médaillés d'or.

Clegg, le vétéran du groupe qui en était à ses troisièmes Jeux, a gardé les siens dans la course dès le départ et le jeune Bédard en a ensuite mis plein la vue. Il est même passé dans le stade à un certain moment au premier rang.

Encourageant
« C'était fou, a-t-il dit. Ça criait tellement fort, ça m'encourageait tellement que pour un instant, je me suis pris pour un Allemand ou un Russe.

« De telles foules, on en voit à Rupholding ou à Oberhof en Allemagne, mais les encouragements ne sont pas pour nous. Ici, c'était exceptionnel de courir devant les nôtres. »

Tous les gars de l'équipe ont déjà mieux fait en Coupe du monde cette année que bien des athlètes qui ont pu prendre part aux épreuves individuelles à Whistler. Mais comme ils n'ont réalisé ces performances que récemment, ils ne se sont pas qualifiés.

« Nous avions des choses à prouver, a dit Bédard, et je pense que nous l'avons fait. Nous avons montré que nous avions notre place aux côtés de ces gars-là, sur la scène internationale. Je sais ce que c'est que d'être le gars qui n'est pas sur l'équipe, mais qui sait qu'il est meilleur que les autres.

« Moi, j'aime la pression, mais c'est plus difficile d'être ici pour une seule course. J'avoue que c'est un peu frustrant d'avoir eu à regarder ces courses-là à la télé en sachant qu'on avait atteint les critères. Les règlements vont être changés. C'est dommage pour nous, c'est nous qui en avons payé le prix. Après Turin, on a voulu faire en sorte d'écarter des athlètes qui ne méritaient pas vraiment leur place aux Jeux, mais cela a joué contre nous. Ils se sont fiés aux résultats des deux derniers championnats du monde et je ne faisais même pas partie de ces équipes.

« Nous avons tous performé de mieux en mieux depuis et c'est cette saison que nous avons offert nos meilleures performances. »

Brillant avenir
Comme tous les autres membres de l'équipe, Bédard croit que le biathlon canadien est voué à un brillant avenir. Il y aura certes un effet d'entraînement au sein de cette jeune formation.

« Jean-Philippe a explosé après avoir gagné aux championnats mondiaux juniors en 2004. Il s'est nourri de cela pour progresser, a dit Bédard. Nous, nous allons nous nourrir de notre expérience olympique pour aller de l'avant. Je sais qu'on se dit que c'est une course comme une autre, mais l'atmosphère ici est exceptionnelle. C'est différent de tout ce qu'on a connu. Et avec J.P., nous avons un lapin qu'il nous faut aller chercher. Ça va tous nous aider. »

La Norvège s'impose
Le Norvégien Ole Einar Bjoerndalen a pour sa part franchi la ligne en vainqueur pour son premier titre au Canada.

Bjoerndalen, le compétiteur le plus titré de l'histoire du biathlon, a obtenu sa sixième médaille d'or olympique pour boucler la course des Norvégiens en 1 heure 21 minutes 38,1 secondes.

Christoph Sumann a devancé d'un cheveu au sprint le Russe Evgeny Ustyugov pour offrir l'argent à l'Autriche. Les Autrichiens sont arrivés à 38,6 secondes de la Norvège, la Russie à 38,8 seconde.

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