15 février 2010

À Vancouver, le biathlon joue les têtes de pont

Première médaille tricolore, en bronze, aux JO d’hiver pour la Lyonnaise Marie Dorin. Un podium qui perpétue la tradition d’une discipline confidentielle mais très prolifique.

Jeux après jeux, le biathlon continue de jouer les têtes de pont des délégations françaises aux JO d’hiver. C’est une habitude depuis les Jeux d’Albertville, en 1992, à partir desquels la discipline, qui combine tir et ski de fond, a toujours connu les honneurs des podiums olympiques. Seule exception, les JO de Nagano, au Japon, en 1998, où les Français avaient fait chou blanc.

Samedi, à Vancouver, c’est donc la Lyonnaise Marie Dorin qui a perpétué la tradition. Cette étudiante en biologie de vingt-trois ans a en effet décroché la première médaille tricolore de ces XXIes Jeux d’hiver, en s’adjugeant le bronze dans l’épreuve du sprint (7,5 kilomètres). Un premier podium qui est le résultat d’une politique de formation fructueuse pour une discipline qui ne compte pourtant que quelques centaines de licenciés sur tout le territoire hexagonal.

« On commence le travail dès le niveau minime ou cadet », explique Christian Dumont, le directeur sportif de l’équipe de France de biathlon. Et les « troupes » affluent puisque le biathlon séduit de plus en plus les jeunes dans les massifs alpins au point de supplanter le ski de fond, sport de départ de l’immense majorité des biathlètes.

C’est par exemple le cas de Marie Dorin, venue au biathlon à l’âge de quatorze ans. « Tous les gamins veulent faire du biathlon, parce que c’est plus ludique, commente encore Christian Dumont, mais on arrive malgré tout à travailler main dans la main avec le ski de fond. » Le même esprit de « partage » règne avec les spécialistes du tir : depuis 1997, les « tireurs de précision », dont Jean-Pierre Amat, champion olympique en 1996, et Franck Badiou, « l’armurier » de l’équipe de France de biathlon et vice-champion olympique de tir en 1992, apportent leur science aux biathlètes français qui sont les seuls au monde à disposer d’une telle expertise.

Néanmoins, comme rien n’est jamais acquis dans le sport de haut niveau, les dirigeants du biathlon français espèrent plus que jamais fédérer les énergies en accueillant une épreuve de Coupe du monde en 2011. « Quand on a une bonne équipe, c’est bon d’organiser des grands événements pour notre public de supporters, détaille Christian Dumont. C’est bien pour la discipline, les bénévoles, les clubs. » De quoi faire naître de nouvelles vocations et des futures médailles.

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