26 janvier 2006

L'EPO sera sous haute surveillance aux Jeux de Turin

L'EPO, la drogue de performance au coeur de l'affaire Geneviève Jeanson, sera sous haute surveillance aux Jeux olympiques de Turin.

L'érythropoïétine de synthèse (l'EPO artificielle, dans le jargon du dopage sportif) augmente le taux de globules rouges, les transporteurs de l'oxygène dans le corps humain.

Cette substance, qui s'injecte, risque donc d'être la drogue de choix des tricheurs aux Jeux d'hiver de Turin, où plusieurs compétitions se dérouleront à haute altitude, dans les Alpes italiennes.

« C'est l'EPO naturelle, une hormone sécrétée par notre corps quand il est en manque d'oxygène, qui donne de belles grosses joues rouges aux gens qui habitent en haute montagne », explique Christiane Ayotte, chimiste et directrice générale du laboratoire antidopage de l'Institut national de recherche scientifique.

«C'est aussi l'EPO naturelle qui, avec le temps, permet à notre corps de s'adapter à la haute altitude, ajoute-t-elle. Cependant, l'athlète tricheur s'injecte, lui, de l'EPO fabriquée en laboratoire, pour devenir supranormal ! »

L'EPO serait particulièrement présente dans les sports d'endurance comme le ski de fond, le biathlon et le patinage de vitesse sur longue distance.

Pour dépister ces athlètes qui baignent dans l'EPO artificielle, l'Agence mondiale antidopage multiplie les tests : 1200 contrôles seront effectués auprès des athlètes qui participent aux Jeux olympiques de Turin. C'est une augmentation de 45% par rapport aux Jeux d'hiver de Salt Lake City, en 2002.

Transfusions sanguines et stimulants
Malgré cela, beaucoup de tricheurs échapperont aux détectives de l'Agence antidopage.

Les traces d'EPO dans le sang disparaissent deux ou trois jours après son injection alors que son effet peut durer jusqu'à trois semaines. Des athlètes utilisent, par ailleurs, la technique de la transfusion sanguine pour effacer toute trace de passage de l'EPO dans leur corps.

Cependant, les experts aussi se raffinent. En suivant les athlètes suspects à la trace, ils les poussent à se dévoiler. Les résultats en dents de scie d'un champion sous haute surveillance confirment souvent les doutes des experts.

Les techniques de dépistage sont, par ailleurs, de plus en plus pointues.

Philippe Desharnais, un expert du laboratoire antidopage de Laval qui sera de l'équipe de détectives à Turin, est un spécialiste de la détection de l'EPO et des transfusions sanguines.

D'autres drogues de performance seront aussi sous surveillance aux Jeux d'hiver : les stimulants (éphédrine, amphétamines, etc.) et les stéroïdes anabolisants.

Stéroïdes peu populaires
L'usage de stéroïdes serait toutefois plus rare dans le monde des Jeux d'hiver.

La technique de raréfaction de l'oxygène sous la tente, pour stimuler la production de globules rouges, inquiète aussi les experts de la lutte antidopage.

Cela dit, cette approche mécanique n'est pas encore considérée comme une tactique à proscrire.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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